La guerre d'Indochine et la guerre du Vietnam (1946-1975) - Maxicours

La guerre d'Indochine et la guerre du Vietnam (1946-1975)

Objectifs
  • Connaître les conséquences de la Seconde Guerre mondiale sur l'Indochine. 
  • Savoir en quoi la guerre du Vietnam est un conflit délocalisé de la Guerre froide.
Points clés
  • La domination française en Indochine est remise en cause par la Seconde Guerre mondiale et l’émergence du mouvement indépendantiste communiste, le Vietminh.
  • La guerre d’Indochine (1946-1954) se conclut par la défaite française et l’indépendance du Vietnam, actée à la Conférence de Genève, mais le pays est divisé par la logique de Guerre froide.
  • La guerre du Vietnam est l’un des principaux théâtres de la Guerre froide et aboutit à l’humiliation de la superpuissance américaine.
1. La guerre d'Indochine, une guerre de décolonisation au début de la Guerre froide (1946-1954)
a. Les conséquences de la Seconde guerre mondiale sur l'Indochine

L’Indochine est formée de la Cochinchine, de l’Annam et du Tonkin (trois régions qui appartiennent au Vietnam actuel) ainsi que du Cambodge et du Laos. Ces territoires, conquis au XIXe siècle par la France du Second Empire, ont le statut de protectorat : les rois du Cambodge et du Laos, ainsi que l’empereur d’Annam restent en place, mais ils n’ont plus de réels pouvoirs. C’est l’administration française et le gouverneur qui dirigent.

Mais la Seconde Guerre mondiale fragilise la domination française. Les Japonais sont les alliés de l’Allemagne nazie, qui domine la France dès le début de la guerre. En mars 1945, l’armée japonaise attaque les troupes françaises, qui sont en nombre bien inférieur, et occupe l’Indochine. Les soldats français sont déportés dans des camps de prisonniers, où ils sont torturés. L’empereur d’Annam, Bao-Dai, se rallie aux Japonais. La seule force de résistance face à l’envahisseur est le Vietminh, un mouvement communiste créé en 1941 par Hô Chi Minh afin d’obtenir l’indépendance du Vietnam.

Quand le Japon capitule le 2 septembre 1945, le Vietminh prend le pouvoir dans le nord du Vietnam. Hô Chi Minh proclame alors l’indépendance de la République démocratique du Vietnam. Mais au lendemain de la guerre, la France veut récupérer l’Indochine et éviter que d’autres territoires ne l’imitent et demandent l’indépendance.

Protectorat : territoire ou État qui dépend d’une métropole, mais qui conserve son gouvernement, ce qui lui assure une certaine autonomie fictive.
b. La guerre de décolonisation

À la fin de l'1945, le général Leclerc et ses troupes sont envoyés en Indochine pour rétablir l’autorité de la France.

En mars 1946, la France accepte de reconnaître le Vietnam comme un « État associé » au sein de l’Union française, qui remplace l’Empire français. Hô Chi Minh se rend en France pour négocier l’indépendance de son pays, lors de la conférence de Fontainebleau, en juillet 1946.

Cependant, la situation se dégrade rapidement en Indochine. Au cours d'une opération pour mettre à jour un trafic d’armes au profit du Vietminh, des douaniers français sont tués par des membres du Vietminh. En novembre 1946, un haut fonctionnaire français opposé aux négociations, Thierry d’Argenlieu, profite du désordre pour ordonner à la marine française de bombarder le port d’Haïphong. Il pense ainsi impressionner le Vietminh.

En représailles, le 19 décembre 1946, ce dernier attaque les magasins français et les maisons des colons. Plusieurs d’entre eux sont tués. C’est le début de la guerre d’Indochine.

Hô Chi Minh entre dans la clandestinité. Il forme en secret une véritable armée qu’il confie au général Võ Nguyên Giáp. Les troupes du Vietminh contrôlent le nord du Vietnam. Le Vietminh mène des actions de guérilla. Le pays est montagneux, couvert par la forêt tropicale, et se prête bien à ces actions de harcèlement. De plus, le Vietminh bénéficie du soutien de la population vietnamienne, tandis que l’opinion française se désintéresse de cette guerre lointaine.

Guérilla : Guerre fondée sur le harcèlement de l'adversaire par des embuscades et des coups de main.
c. Vers l'indépendance et la Guerre froide

Alors que le Laos et le Cambodge rejoignent l’Union française en 1948, Hô Chi Minh poursuit la lutte indépendantiste. Il profite de l’arrivée de Mao au pouvoir en Chine, en 1949. La Chine, devenue communiste, apporte un soutien massif au Vietminh : soutien politique, mais aussi militaire (livraison de matériel, d’armes, etc.).

En juin 1950 débute la Guerre de Corée, dans laquelle les États-Unis s’engagent pour stopper l’expansion communiste en Asie. En cette phase dure de la Guerre froide, les États-Unis, après avoir hésité, accordent leur soutien à la France. L’URSS, quant à elle, se range du côté de Hô Chi Minh. À la guerre de décolonisation se superpose donc de plus en plus la logique bipolaire de la Guerre froide.

Sur le terrain pourtant, seuls les soldats français sont engagés. Mise en difficulté par la victoire du Vietminh à Cao Bang (octobre 1950), l’armée française rétablit la situation en décembre 1952 par sa victoire dans la plaine des Jarres. Il s’agit alors pour le gouvernement français de remporter une victoire militaire décisive avant la conférence de Genève prévue en avril 1954. Cette conférence devant régler le sort du Vietnam, la France veut s’y présenter en position de force.

L’État-major français décide de tendre un piège au Vietminh et de l’attirer dans la cuvette de Diên Biên Phu, où l’armée française a installé un camp retranché depuis novembre 1953. Le Vietminh choisit d’assiéger Diên Biên Phu, en coupant tous les accès possibles pour le ravitaillement. Les Français sont pris à leur propre piège. Le 13 mars 1954, le général Giáp envoie ses 35 000 hommes à l’assaut de Diên Biên Phu. Après de longs et âpres combats, Diên Biên Phu tombe aux mains du Vietminh, le 7 mai 1954. Sur les 15 000 soldats français, 10 000 sont faits prisonniers. Ils vont être emprisonnés dans des camps, humiliés, maltraités : seuls 3 300 seront libérés quelques mois plus tard.

L’opinion française s’émeut de cette défaite, mais surtout du coût financier de cette guerre, qui dure depuis près de huit ans. L’annonce de la défaite française tombe lors de la conférence de Genève, où les représentants de 19 pays (dont la France, la Grande-Bretagne, les États-Unis, l’URSS et la Chine) tentent de trouver une solution au conflit indochinois.

Le 21 juillet 1954 sont signés les accords de Genève, ratifiés côté français par Pierre Mendès-France, le président du Conseil de la IVe République : le Vietnam est divisé en deux par le 17e parallèle, et une réunification est prévue pour les années à venir. Les troupes françaises évacuent le nord du Vietnam, puis le sud. Mais la région va devenir l’un des principaux théâtre de la Guerre froide.

2. La guerre du Vietnam (1964-1975), un conflit dans la Guerre froide
a. Après la guerre de décolonisation, la Guerre froide

Lors de son indépendance en 1954, le Vietnam est divisé en deux :

  • le Nord-Est dominé par les communistes ;
  • le Sud-Est pro-occidental.

Des élections doivent avoir lieu dans les deux ans pour la réunification du pays. Ces élections n’auront jamais lieu car au Sud, le général Ngo Dinh Diem prend le pouvoir et transforme le régime en une dictature militaire rapidement soutenue par les Américains.

Les communistes du Sud se soulèvent, appuyés par le Nord. Ngo Dinh Diem demande le secours des Américains. À partir de 1956, des conseillers militaires, des armes et des dollars affluent vers le Vietnam du Sud, alors que la résistance communiste s’organise dans le cadre au FNL, le Front National de Libération. On appelle ces combattants communistes les Vietcongs, soutenus par le Nord.

b. La guerre du Vietnam : l'humiliation des États-Unis

L’engagement militaire américain n’est direct qu’à partir de 1964. Entre 1964 et 1968, les États-Unis sont amenés à envoyer de plus en plus d’hommes et à dépenser de plus en plus d’argent sans pouvoir gagner, parce que les communistes reçoivent l’aide de l’URSS et que la guerre s’étend au Cambodge et au Laos.

La Piste Hô Chi Minh, une longue route qui traverse ces deux États voisins, permet de ravitailler les Vietcongs depuis le Nord et de soutenir leur guérilla au Sud-Vietnam. Cette guérilla épuise les troupes américaines peu préparées à ce style de guerre. L’armée américaine utilise alors des moyens de plus en plus sophistiqués. Des bombardements systématiques avec des armes terrifiantes (napalm, défoliants, bombes antipersonnelles) font des centaines de milliers de victimes, sans que la volonté des communistes ne soit entamée. Les soldats américains eux-mêmes en viennent à avoir mauvaise conscience.

En 1968, des manifestations gigantesques ont lieu aux États-Unis et dans le reste du monde, qui critiquent cette « sale guerre ». Une partie de l’opinion s’interroge de plus sur la crédibilité du régime de Saigon. La guerre a révélé aux Américains les limites de leur puissance et leur a fait prendre conscience qu’ils pouvaient être amenés à piétiner leurs idéaux civilisateurs pour faire triompher leur cause anti-communiste. Le nouveau président américain, Richard Nixon, veut se rapprocher de l’URSS et il lui faut donc trouver une solution au conflit vietnamien.

Les États-Unis signent les accords de Paris en 1973, mais la guerre ne se termine qu’en 1975. Pour les États-Unis, c’est une humiliation, un désastre politique : tout le Viêt Nam est désormais communiste, et la guerre a considérablement entamé le prestige de la superpuissance qui s’enfonce dans une période de doutes.

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