La coopération économique menacée (de 1971 jusqu'au milieu des années 1990) - Maxicours

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La coopération économique menacée (de 1971 jusqu'au milieu des années 1990)

La déclaration de Nixon en 1971 sur la suspension de la convertibilité du dollar en or, marque un tournant important dans l’idée d’une gouvernance économique mondiale :

- En renonçant à cette convertibilité, les Américains abandonnent de fait le leadership économique et admettent l’idée qu’une gouvernance à plusieurs sera, à l’avenir, possible et nécessaire.
- En renonçant à assumer leur leadership, les États-Unis ouvrent une période où les pays industrialisés vont rechercher des solutions individuelles, notamment à travers le jeu sur la valeur des monnaies ou l’attraction des capitaux.

La crise économique de 1973 accentue la tendance et semble porter un coup d’arrêt à l’idée d’une gouvernance économique mondiale. Cependant, les pays ne se replient pas derrière un discours ou des pratiques protectionnistes. Pour sortir de la crise, les solutions internationales apparaissent nécessaires. Elles sont parfois incomplètes et insuffisantes mais engagent des dynamiques qu’on retrouve jusqu’à aujourd’hui.
1. De graves crises
a. La fin du système de Bretton Woods
À la fin des années 1960, les États-Unis sont fortement concurrencés par l'économie japonaise et européenne. Ils sont aussi enlisés dans une guerre très coûteuse au Vietnam, ce qui creuse leurs déficits. Dès 1959, la France convertit ses dollars en or, ce qui constitue un signe de méfiance vis-à-vis de la solidité du billet vert.
En 1971, les États-Unis décident par la voix du Président Nixon de suspendre la convertibilité du dollar en or sans consulter le FMI. C’est la fin du Gold Exchange Standard en vigueur depuis 1944. Dans la foulée, les États-Unis dévaluent le dollar pour retrouver de la compétitivité.

Doc. 1. Portrait du président des États-Unis, Richard Milhous Nixon (1913-1994)

Depuis, les taux de change entre monnaie sont dits « flottants ». La valeur des monnaies, les unes par rapport aux autres, fluctue en bourse comme celle de n’importe quelle action. Ce système est générateur d’instabilité et encourage aussi les États à jouer sur la valeur de leur monnaie en fonction de leurs intérêts économiques et commerciaux. Cela constitue un coup d’arrêt à la coopération internationale sur le sujet.

Cette décision américaine intervient 2 ans avant le krach pétrolier de 1973. Depuis 1967, la croissance des pays développés ralentit. La hausse des prix du pétrole en 1973, puis 1979, porte un nouveau coup aux économies occidentales qui ont bénéficié dans les années 1950 et 1960 d’un pétrole bon marché. La production et la consommation recule, le chômage apparaît et l’inflation s’accélère dans les pays industrialisés.

Doc. 2. Milan, piazza Duomo, crise pétrolière 1973 : un dimanche sans voiture

b. Les réponses mondiales à la crise
Contrairement aux années 1930, les pays industrialisés ne choisissent pas des solutions nationales pour lutter contre cette crise économique. Ils décident au contraire d’accélérer la libéralisation des échanges :

- Le GATT s’élargit et accueille de nouveaux membres ; il multiplie aussi les négociations pour faire baisser les tarifs douaniers.
- En 1975, la France propose la création du G6, le groupe des 6 pays les plus riches du monde. La création de ce groupe permet la rencontre régulière des ministres des Finances des six pays les plus industrialisés, dans le but de coordonner leurs politiques monétaires et commerciales. Il se transforme en G7 avec l’intégration du Canada en 1976.

Doc. 3. Ronald Reagan et Margaret Thatcher au Sommet du G7, Versailles 1982

2. Une coopération difficile
La coopération entre États industrialisés reste décevante. Dans les années 1980, ils recourent davantage à des solutions individuelles, privilégiant la déréglementation des marchés qui échappent alors à tout contrôle.
a. Un système inadapté
Les résultats du G7 sont dans l’ensemble médiocres. En outre, on accuse ces 7 pays d’écarter des décisions importantes, les autres pays industrialisés ou en voie de développement. Ceux-ci jugent d’ailleurs l’aide au développement insuffisante et demandent, en 1974, la mise en place d’un « nouvel ordre économique international ».

En dépit de la multiplication des conférences sur le sujet, les aides des pays industrialisés diminuent à cause de la crise. Les pays en développement s’endettent pour financer leur développement. Comme ils sont incapables de rembourser leurs emprunts, le FMI intervient dans les années 1980 pour leur imposer des politiques de rigueur budgétaires draconiennes en échange de son aide.

Le GATT montre aussi ses limites et son inadaptation à l’économie moderne. Dépourvu d’organe de sanction, il est incapable de mettre fin à certaines pratiques protectionnistes déguisées comme les quotas d’importation, qui permettent aux pays riches de se protéger de la concurrence des pays en voie de développement. Il n’a en outre aucune prérogative dans le domaine des services, en pleine expansion dans les années 1970-1980.
b. Une dérégulation totale
Progressivement, dans les années 1970 et surtout 1980, les pays industrialisés participent activement à la libéralisation des flux financiers en abandonnant le contrôle sur les flux de capitaux. Cet abandon permet la création de fait d’un marché financier mondial dès les années 1980. Les États entrent alors en concurrence pour attirer ces flux financiers. Les IDE (Investissements Directs à l’Étranger) sont recherchés par les États qui prennent des mesures de privatisation des services publics et de réduction des impôts pour les attirer.
Cette dérégulation des marchés financiers est facteur de spéculation et est à l’origine de krachs boursiers dans les pays industrialisés (Wall Street en 1987 et 2009) et dans les pays émergents (crise asiatique de 1997).
L'essentiel
Le monde, régulé sous influence américaine, se délite à partir de 1971. En dépit de timides avancées comme la création du G7 dans les années 1970, les États privilégient la concurrence sauvage à la coopération économique.
Dans les années 1980, cette tendance à la dérégulation est à son apogée. La montée en puissance des firmes transnationales et des fonds de pension dans les années 1990 accentue les caractéristiques d’une économie mondiale libre-échangiste. Sur le plan politique, la chute du communisme crée de nouvelles réserves de croissance des marchés financiers qui peuvent massivement investir en Russie et dans d'anciennes démocraties populaires.

Toutefois, à partir du milieu des années 1990, les excès de la mondialisation économique redonnent du poids aux solutions collectives. La création de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) en 1995 marque une nouvelle étape dans l’idée d’une gouvernance économique mondiale.
Références
- Badie B., La diplomatie de connivence, éd. La Découverte, 2011
- Bastidon Gilles C., Brasseul J., Gilles P., Histoire de la globalisation financière, éd. A. Colin, 2010
- Graz J-C., La gouvernance de la mondialisation, éd. La Découverte, Coll. Repères, 2008
- « Mondialisation, une gouvernance introuvable », Questions internationales, n° 46, mai-juin, 2010
- Moreau Defarge P., La gouvernance mondiale, PUF, Coll. QSJ, 2008
Norel P., L’invention du marché, une histoire économique de la mondialisation, éd. Seuil, 2004

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