L'histoire récente de l'Allemagne - Cours d'Allemand 3eme avec Maxicours - Collège

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L'histoire récente de l'Allemagne

1. L'histoire de l'Allemagne depuis 1945
a. Les deux Allemagnes
La fin de la Seconde Guerre mondiale, qui s'est soldée par la défaite de l'Allemagne nazie, entraîne l'occupation quadripartite du territoire allemand par les puissances victorieuses : l'Angleterre, l'Union soviétique, les Etats-Unis et la France. De même, Berlin, capitale de l'Allemagne, est divisée en quatre zones d'occupation. Cette répartition territoriale des troupes victorieuses sera déterminante dans la naissance des deux Allemagnes.

Le régime soviétique installera très tôt dans la zone orientale qu'il occupe une administration semblable à celle des autres républiques soviétiques, c'est-à-dire une dictature communiste.
Les relations entre les alliés occidentaux et l'occupant soviétique vont peu à peu s'envenimer, leurs divergences dans la façon d'administrer l'Allemagne vaincue étant insurmontables.

L'opposition entre les deux blocs se durcit nettement en 1948 : les troupes soviétiques font le blocus de Berlin (toutes les liaisons terrestres et ferroviaires avec le reste du territoire sont interrompues), de juin 1948 à mai 1949. Les Soviétiques espèrent ainsi récupérer la zone ouest de la ville. Les Alliés occidentaux répliquent avec la mise en place d'un pont aérien qui permet d'approvisionner Berlin-Ouest durant cette année. Les Soviétiques finissent par capituler.

Confrontées à cette claire volonté d'hégémonie de l'Union soviétique, les puissances occidentales s'acheminent vers l'idée d'une partition nette des deux zones, occidentale et orientale, ce qui aboutit en 1949 à la création de la République fédérale d'Allemagne (RFA). En réaction, les Soviétiques créent la même année la République démocratique allemande (RDA).

b. La guerre froide et l'Ostpolitik
Durant la période qui suit, dite période de la « guerre froide », le territoire allemand est le théâtre de l'opposition aiguë entre les blocs Est et Ouest.
Le 13 août 1961, le régime communiste de RDA, voulant stopper l'hémorragie des citoyens de l'Est se réfugiant à l'Ouest, fait ériger un mur séparant Berlin-Est de Berlin-Ouest et les deux Allemagnes se voient séparées par une frontière militaire, le « rideau de fer ».

Les relations germano-allemandes évolueront vers une relative pacification dans les années 70, sous l'impulsion en particulier de Willy Brandt, chancelier allemand en RFA de 1969 à 1974 : il met en place l'Ostpolitik, avec une volonté affirmée d'améliorer les relations entre les deux Allemagnes et de manière générale entre les blocs Est et Ouest.

Dans les années 80, la partition des deux Allemagnes paraît définitivement acquise et admise, même si du côté occidental, la RDA reste considérée comme un territoire intérieur et que l'idée d'une réunification à terme reste le souhait de certains hommes politiques.

A partir du milieu des années 80, l'Allemagne de l'Est voit s'amplifier la fuite de ses citoyens et une opposition relative s'exprime pour revendiquer une plus grande liberté. Cette opposition se nourrit du dégel politique (Perestroïka) qui s'opère dans les républiques de l'Est, à l'initiative de Gorbatchev, mais que ne semblent pas répercuter les dirigeants d'Allemagne de l'Est qui campent sur leur intransigeance.
c. La chute du mur
La situation économique de l'Allemagne de l'Est est désastreuse à la fin des années 80. Au cours de l'été 89, la Hongrie ouvre ses frontières aux citoyens est-allemands qui peuvent par ce biais rejoindre l'Allemagne de l'Ouest. Ils sont 50 000 à fuir ainsi la RDA. D'autres fuient à la même période en rejoignant les ambassades de la RFA en Pologne et en Tchécoslovaquie.

Parallèlement, depuis le début de l'année 1989, les manifestations se multiplient (notamment à Leipzig), exprimant l'aspiration du peuple est-allemand à plus de liberté.
Le 7 octobre 1989, des milliers de personnes manifestent à Berlin contre la dictature du SED (Parti socialiste unifié d'Allemagne) lors des cérémonies du quarantième anniversaire de la RDA. La police intervient alors avec brutalité. Malgré la destitution d'Erich Honecker de ses fonctions de secrétaire général du SED, le 18 octobre, une manifestation de plus grande ampleur a lieu le 4 novembre 1989 à Berlin-Est.

Le 7 novembre 1989, le gouvernement de la RDA démissionne.
Le 9 novembre, le mur de Berlin tombe, après qu'ait été annoncée l'annulation de l'interdiction de sortir du territoire. Des milliers de Berlinois de l'Est passent alors dans l'euphorie dans la partie occidentale de la ville.
d. La réunification
Durant l'année 1990 qui suit l'effondrement du système est-allemand, la réunification des deux Allemagnes, objectif avoué de Helmut Kohl, chancelier de la RFA, s'impose comme la seule voie à suivre.

Le 3 octobre 1990, la réunification des deux Allemagnes est définitivement acquise par l'adhésion de la RDA à la République fédérale. Berlin est choisie en juin 1991 comme nouvelle capitale de l'Allemagne réunifiée.

L'euphorie passée, la réunification des deux Allemagnes ne se fait pas sans crispations et critiques de la part des citoyens des deux anciens territoires. Le fossé économique qui existe entre les régions Est et Ouest demande encore à être comblé, et ce au prix d'efforts parfois difficiles à supporter : augmentations des impôts et autres prélèvements, chômage massif à l'Est, reconversion douloureuse à un nouveau système économique et social...
2. Le système politique allemand
a. Les Länder
L'Allemagne est un état fédéraliste, divisé en 16 Länder qui sont des Etats autonomes. Ce fédéralisme de longue tradition permet de mieux tenir compte des particularismes et problèmes régionaux.

La loi fondamentale (Grundgesetz), équivalent d'une constitution en Allemagne, fixe les prérogatives de la fédération, d'une part, et des Länder, d'autre part. La législation, notamment sur les questions de politique étrangère, la défense, la politique monétaire, incombe exclusivement à la fédération, tandis que certains secteurs de la législation comme l'enseignement scolaire et supérieur, la protection de la nature, l'aménagement du territoire, la politique culturelle, sont transférés aux Länder.

Depuis la réunification en 1990, l'Allemagne compte 16 Länder dont 5 nouveaux Länder : la Thuringe, la Saxe, la Saxe-Anhalt, le Mecklembourg-Poméranie, le Brandebourg.
Les autres Länder sont le Schleswig-Holstein, la Basse-Saxe, la Rhénanie du Nord-Westphalie, la Hesse, la Rhénanie-Palatinat, la Sarre, le Bade-Wurtemberg et la Bavière.
Trois villes ont un statut autonome, avec leur propre parlement : Berlin, Hambourg et Brême.

b. Les principaux partis
Le paysage politique allemand actuel est constitué de partis qui sont nés après la Seconde Guerre mondiale, hormis le SPD qui existait auparavant mais avait été interdit par le régime nazi en 1933.

Six partis politiques sont représentés au Bundestag (parlement fédéral) depuis la réunification :

o le Parti social démocrate d'Allemagne (SPD),
o l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU),
o l'Union chrétienne-sociale (CSU) qui ne se présente qu'en Bavière, mais constitue un groupe parlementaire commun avec la CDU au Bundestag,
o le parti libéral-démocrate (FDP),
o le parti du socialisme démocratique (PDS),
o la liste conjointe Alliance 90/ Les Verts.

Le SPD est un parti de tradition socialiste, mais qui s'est rallié à l'économie sociale de marché (die soziale Marktwirtschaft) en 1959. Il a été amené à diriger le gouvernement allemand à diverses reprises, notamment de 1998 à 2005, date à laquelle Gerhard Schröder, chancelier allemand pendant cette période, a vu Angela Merkel lui succéder.

La CDU/CSU est un parti inter-confessionnel, créé après la guerre par d'anciens résistants antinazis. Il défend depuis 1949 les principes de l'économie sociale de marché. C'est une femme issue de l'ex-RDA, Angela Merkel, qui dirige actuellement la CDU, après la longue période (1982-1998) pendant laquelle a dominé Helmut Kohl. La CSU est pour sa part dirigée par Edmund Stoiber qui fut candidat à la chancellerie contre Gerhard Schröder en 2002.
Le 22 novembre 2005, Angela Merkel est devenue la première femme chancelière de l'histoire de l'Allemagne.

Le FDP a lontemps été un parti qui faisait et défaisait les coalitions gouvernementales, selon ses alliances avec la CDU ou le SPD. Parti anti-clérical et anti-communiste, ses scores oscillent entre 5 et 13 %.

Le PDS est le successeur du SED, Parti socialiste unifié d'Allemagne, ancien parti d'Etat en RDA. C'est donc un parti néo-communiste qui veut défendre en particulier les intérêts des victimes du libéralisme économique. En 1998, il a réussi à passer la barre des 5 % qui permet, au parlement allemand, d'obtenir le statut de groupe parlementaire.

Les Verts (die Grünen) et l'Alliance 90 sont à l'origine deux partis distincts, issus respectivement de l'ouest et de l'est de l'Allemagne.
Le parti des Verts fut fondé en 1979, issu des mouvements pacifistes et du mouvement de protestation contre le nucléaire et pour une défense radicale de l'environnement. Représenté au Bundestag de 1983 à 1990, le parti des Verts a décidé de s'allier au parti écologiste présent dans les Länder est-allemands, Alliance 90. Ils se réunissent désormais sous un même nom « Alliance 90/ Les Verts » et sont présents au Bundestag sous cette étiquette depuis 1994. Ils ont participé à la coalition gouvernementale de 1998 à 2005, avec Joschka Fischer (ministre des Affaires étrangères) et Jürgen Trittin (ministre de l'Environnement).

c. Quelques hommes politiques
Dans le paysage politique allemand d'après-guerre, on pourra retenir quelques noms d'hommes politiques qui auront indéniablement marqué l'histoire de l'Allemagne.

Konrad Adenauer (1876-1967)

Il fut le premier chancelier allemand (CDU), après la création de la RFA, de 1949 à 1963. Il contribua à ancrer cette nouvelle république dans le bloc des démocraties occidentales et à restaurer la confiance des Occidentaux envers son pays en favorisant tout particulièrement les relations franco-allemandes. Il signera avec le général de Gaulle en 1963 le Traité de L'Elysée, traité d'amitié franco-allemand.

Willy Brandt (1913-1992)

Chancelier allemand (SPD) de 1969 à 1974, son nom reste lié à la période dite de l'Ostpolitik, dont l'objectif fut de dégeler après la guerre froide les relations entre la RFA et le bloc de l'Est, et tout particulièrement entre la RFA et la RDA. Il contribuera à une meilleure reconnaissance mutuelle des deux républiques allemandes et améliorera le sort des familles et amis séparés par la division du territoire allemand. Il sera aussi le premier homme politique allemand à exprimer publiquement un repentir au nom de la Nation allemande en s'agenouillant devant le monument aux morts du ghetto de Varsovie, en décembre 1970. En 1971, le prix Nobel de la paix lui est décerné en récompense de ses efforts pour pacifier l'Europe.

Helmut Kohl (1930- ... )

Helmut Kohl, chancelier allemand (CDU) de 1981 à 1998, restera dans l'histoire le père de la réunification des deux Allemagnes. L'espoir d'obtenir cette réunification avait toujours été au coeur de ses objectifs politiques, ce qui ne paraissait pourtant pas être d'actualité avant les troubles de 1989 en RDA.
Il sut cependant saisir l'opportunité de ces événements pour rendre la réunification des deux Allemagnes la seule solution souhaitable, suite à la réouverture des frontières entre les deux territoires et à la démission des dirigeants est-allemands. Helmut Kohl a également travaillé à ancrer solidement l'Allemagne dans l'Union européenne et à désamorcer les peurs que pouvait faire renaître la renaissance d'une grande Allemagne.

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