L'influence du régime britannique sur les philosophes des Lumières - Maxicours

L'influence du régime britannique sur les philosophes des Lumières

Objectifs
  • Savoir en quoi le modèle britannique séduit les philosophes des Lumières. 
  • Connaitre les principes de la monarchie parlementaire.
Points clés
  • Dans une Europe où monte l’absolutisme, le modèle britannique est d’abord un modèle politique, une monarchie modérée qui garantit des libertés.
  • C’est aussi une culture qui séduit les élites du continent, on parle d’anglomanie.
  • Le modèle britannique sert d’inspiration aux réformateurs du continent, contre l’absolutisme, mais aussi aux colons américains, qui retournent ses principes contre le Royaume-Uni lui-même.
1. Le modèle britannique
a. Une monarchie modérée qui garantit des libertés

L’Angleterre se distingue dans l’Europe moderne, où monte l’absolutisme, par son régime politique. Le pouvoir royal y est encadré, limité par un Parlement.

Depuis 1679, les parlementaires ont voté la loi d’Habeas corpus, qui empêche les arrestations arbitraires : toute personne arrêtée, même par ordre du roi, a le droit d’être conduite devant un juge.

En 1688, c’est la « Glorieuse révolution » : Le roi Jacques II est renversé. En 1689, le Parlement proclame Guillaume III d’Orange et Marie II roi et reine, à condition qu’ils acceptent le Bill of rights. Le texte renforce les pouvoirs du Parlement et accorde de nouvelles libertés individuelles. La tolérance religieuse (1689) et la liberté de la presse (1695) sont enviées à l’étranger.

Bill of rights : Déclaration des droits votée en 1689 qui, à l’issue de la « Glorieuse Révolution », consolide le régime parlementaire.
b. Une culture qui séduit

La Grande-Bretagne séduit par sa liberté d’expression, ses débats au Parlement, relayés dans la presse, et dans les coffee-houses et les clubs, qui se multiplient sur le territoire.

Les écrits des philosophes sont traduits, notamment par les huguenots chassés de France après la révocation de l’édit de Nantes (1685), qui trouvent en Angleterre une terre d’accueil.

Les idées de Hobbes, Locke, Hume, circulent sur le continent. Le rayonnement britannique dépasse le domaine des idées : une véritable anglomanie s’empare des élites du continent européen. La mode est au thé, aux robes à l’anglaise, aux discussions des « cafés », etc.

Grande-Bretagne : État né de l’Acte d’union de 1707, rassemblant l’Angleterre et l’Écosse. Le Royaume de Grande-Bretagne a un Parlement unique.
Coffee-house : lieu de sociabilité où se retrouvent hommes d’affaires, armateurs, négociants, journalistes pour jouer, fumer, boire du café, débattre et commenter journaux et pamphlets.
Club : contrairement aux coffee-houses, le club est privé et réunit des membres cooptés d’une même classe sociale, voire d’une même tendance politique.
2. Une source d’inspiration pour des réformes politiques
a. John Locke et la théorie du contrat

Les Lumières britanniques, ou Enlightenment, influencent les philosophes du continent et nourrissent les Lumières françaises et allemandes (Aufklärung).

John Locke (1632-1704) en particulier sert de référence pour de nombreux philosophes et est considéré comme un des pères des Lumières. ll affirme qu’il existe des droits naturels, inaliénables, c’est-à-dire que l’on ne peut enlever aux hommes : les droits à la liberté, à la sécurité, à la propriété, à l’égalité.

 ǀ © iStock – pictore

Il pense également que les hommes ne peuvent être gouvernés sans leur consentement, c’est la théorie du contrat. Le peuple a le droit de résister à l’oppression d’un souverain qui aurait oublié ce contrat tacite, et donc de le renverser.

b. Le modèle britannique : une référence pour réformer

Au XVIIIe siècle, les philosophes des Lumières en France s’inspirent du modèle britannique pour critiquer l’absolutisme.

La plupart ne souhaitent pas une révolution, ni une république, mais rêvent d’une monarchie française limitée par un Parlement aux pouvoirs importants, qui garantirait des libertés fondamentales.

Voltaire, qui y a vécu en exil, fait la promotion de la Grande-Bretagne dans ses Lettres anglaises (1733).

Montesquieu s’inspire du modèle britannique dans De l’Esprit des Lois, où il prône la séparation des pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire).

Vanter le modèle britannique leur évite d’attaquer le système français trop frontalement, mais personne n’est dupe.

Mais les colons britanniques d’Amérique du Nord retournent contre la monarchie ses propres principes : pour justifier leur révolution, ils brandissent le Bill of rights et la théorie du contrat. « Pas de taxation sans représentation » : ils n’accepteront pas l’augmentation d’impôts réclamée sans représentants élus au Parlement britannique.

La rigidité anglaise entraîne la Guerre d’Indépendance (1776).

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