Les villes - Cours de Géographie Première avec Maxicours

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Les villes

1. Le fait urbain en France
L'essentiel de la population française réside en ville, un milieu qui concentre toutes les formes du pouvoir au sein d'une société largement tertiarisée, de sorte que les villes se trouvent à la tête de l'organisation du territoire national.
a. Une définition en mutation
Jusqu'aux efforts mis en place à la fin des années 1960 autour de la DATAR (Délégation de l'Aménagement du Territoire et à l'Action Régionale), la définition de la ville reposait sur un seuil démographique rigide : était considérée comme ville toute commune de plus de 2 000 habitants.
Depuis, cette définition a évolué avec la notion de zone de peuplement industriel et urbain (ZPIU) qui assure une qualification en zone urbaine supra-communale à tout secteur où la population agglomérée dépasse 2 000 habitants.

Cependant, les termes choisis par les aménageurs français se heurtent à une difficulté politique qui dépasse la stricte définition dépendant d'un plan d'organisation du territoire : l'attachement populaire des citoyens à leurs communes, le plus faible niveau des collectivités territoriales. Ainsi, la plupart des communes urbaines françaises ne peut rivaliser avec leurs homologues allemandes ou italiennes dont les seuils de définition sont beaucoup plus élevés.

Par ailleurs, le chevauchement des attributions entre les différentes collectivités territoriales (commune, canton, arrondissement, département, région) au sein de régions particulièrement urbanisées ne facilite pas la lisibilité de la gestion du territoire. Ainsi, des syndicats de communes urbaines recréent des micro-polarités régionales qui tentent de se hisser à une échelle européenne des pouvoirs locaux.

b. Les niveaux de hiérarchie urbaine
Par essence culturelle, la France est un territoire aux commandements hiérarchisés, de sorte qu'entre le syndicat de commune qui crée une ZPIU et la métropole parisienne, les villes françaises se rangent dans une gamme de hiérarchies urbaines établies sur cinq niveaux en fonction de l'équipement et de la détermination d'une zone d'influence :
o un maillage de bourgs dont la population varie entre 1 000 et 5 000 habitants assure les services et les dessertes basiques ;
o un réseau de petites villes (entre 5 000 et 25 000 habitants) est une assise administrative pour l'essentiel des zones rurales ;
o les villes moyennes dont la population peut aller jusqu'à 300 000 habitants en fonction d'un rayonnement métropolitain régional plus ou moins important ;
o les grandes villes (au moins 300 ou 400 000 habitants) assurent un rôle régional capital ; les plus importantes sont de véritables métropoles régionales au centre d'un échange multi-nodal, avec une bourse, des sièges sociaux d'entreprises, etc. comme Lyon, Lille, Marseille, Bordeaux, Nantes et Strasbourg.
o l'hypertrophie parisienne qui commande le territoire national, en dépit des efforts de décentralisation.

On peut même se demander désormais si la mise en place d'un réseau de TGV garantit une meilleure assise des métropoles régionales dans leur espace ou s'il renforce le rayonnement de la capitale sur les régions.
2. Une politique pour la ville ?
L'explosion démographique et la croissance économique des Trente Glorieuses avaient inauguré à leur manière une première politique de la ville, longtemps après les efforts ponctuels du Second Empire à Paris, Lyon et Marseille : la Loi-Cadre du 7 août 1957 définissait les Zones à Urbaniser en Priorité (ZUP).
a. La loi d'Orientation pour la ville (LOV)
La définition des ZUP a permis de pallier un urgent besoin en matière de logements ; à l'époque, la question d'un environnement urbain équilibré n'était guère effleurée...
Des cités-dortoirs se sont ainsi multipliées à la périphéries des villes, à la limite de la campagne, repoussant ainsi les limites de l'urbain aux dépens d'un rural méprisé et agonisant. Les ZUP n'ont pas tardé à se ghettoïser, refuge des inégalités sociales d'un pays en mutation permanente de sorte que plus aucune ZUP n'a été définie depuis 1976. Reste le marqueur paysager, mêlant vastes ensembles immobiliers, zones d'activités et zones industrielles.

Afin de mieux gérer les espaces urbains dans l'intérêt des résidents, une loi d'Orientation sur la ville a été votée le 13 juillet 1991. Sans définir de politique globale de la ville, cette loi dresse un bilan et évoque des voeux pieux : « (...) le droit pour ses habitants à des conditions de vie et d'habitat favorisant la cohésion sociale et de nature à éviter ou à faire disparaître les phénomènes de ségrégation ».

Cette loi confiait la maîtrise de l'urbanisme aux communes grâce à la décentralisation, tandis que la politique du logement demeurait aux mains de l'État, de sorte que cette loi participait à sa manière à une recentralisation à peine voilée. Remaniée en 1994 (loi Bosson) et en 1995, la LOV a tenté de lutter contre la concentration de l'habitat social dans certains quartiers et dans certaines communes.
Le rapport Borloo de 2004 sur les villes et banlieues tente d'amender la LOV dans le sens d'une plus grande concertation entre les agents nationaux et locaux de l'urbanisme, les collectivités territoriales et les habitants.

b. La mise en scène d'un paysage culturel
Centre urbain historique à forte valeur ajoutée touristique, quartiers aux difficultés multiples, vieilles banlieues industrieuses du XIXe siècle ou zones d'activités à risque industriel plus ou moins marqué, le moindre fait urbain est l'objet d'une attention particulière des aménageurs, des collectivités locales et des résidents qui tentent d'harmoniser leurs intérêts réciproques.
Les centres anciens ont bénéficié des premières mises en valeur dès le début des années 1960 (loi Malraux 1962-1963), considérant que la redécouverte d'un patrimoine culturel entrait dans le cadre du mouvement de sauvegarde des espaces naturels.

A l'instar du milieu naturel et après les affres architecturaux des bétonneurs de l'après-guerre (Paris et Lyon), la ville -son centre historique- a bénéficié d'une mise en scène patrimoniale qui tend désormais à figer l'histoire dans un moule. Le Vieux Lyon et ce qui restait du Marais à Paris ont ainsi pu être sauvegardés in extremis des opérations de spéculations immobilières ; Strasbourg, Troyes, Le Mans ont rapidement suivi, imitées depuis par toutes les municipalités qui souhaitent mettre en valeur le moindre édifice historique à potentialité touristique.

Une translation s'est alors opérée des centres anciens vers les faubourgs (États-Unis à Lyon, La Poudrette à Marseille), voire les banlieues dont les extensions urbaines avaient englobé d'anciens bourgs (Arpajon pour Paris, Saint-Priest pour Lyon, Saint-Victor pour Saint-Étienne).
La ville française est confrontée à un quadruple enjeu :

o la décentralisation pour exister face à Paris, mais en tant que commune ;
o la mise en valeur des potentialités touristiques pour mieux s'affirmer dans le temps ;
o la gestion des conflits sociaux pour mieux vivre ensemble ;
o la prise en compte des risques naturels et technologiques pour mieux s'assurer dans l'espace et la durée.

L'essentiel

Dans un pays où la très grande majorité de la population vit en milieu urbain, les aménageurs doivent faire face à une situation de gestion de réseaux urbains plus ou moins placés en concurrence. Ces réseaux organisent le territoire français ; mais la ville est surtout devenue un paysage familier plus ou moins attractif qui essaie aussi de privilégier un cadre de vie opportun, tant pour ses résidents que pour ces passants venus goûter aux plaisirs d'un nouveau tourisme, proprement urbain.

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