Les États-Unis et la question environnementale : tensions et contrastes - Maxicours

Les États-Unis et la question environnementale : tensions et contrastes

Objectifs
  • Connaitre les enjeux environnementaux des États-Unis.
  • Connaitre les différents points de vue autour de la gestion de la question climatique. 
Points clés
  • Terre promise, la conquête et la maitrise du territoire américain au XIXe siècle se sont faites avec le développement de l'industrie et la chasse des populations amérindiennes.
  • Une volonté de protection de l'environnement apparait. Et en 1872, le premier parc naturel est créé.
  • La présidence Trump a été quatre années hostiles à la protection de l’environnement à l'échelle nationale et internationale.
1. La mise en valeur du territoire au XIXe siècle

Les États-Unis sont un pays jeune dans lequel de vastes mouvements migratoires ont déferlé au moment de la révolution industrielle pour mettre en valeur le territoire. Les pionniers s’installent progressivement sur un territoire gigantesque, aux dimensions continentales. La nature y est généreuse et ses ressources semblent illimitées. Pour les nouveaux venus, c’est une nouvelle terre promise qui offre des opportunités exceptionnelles.

Les premiers colons doivent faire face également à une nature sauvage qu’il va falloir maitriser et aménager.

La traversée de l'Ouest ǀ © Bridgeman Images

La conquête du pays se fait par l’est puis va progresser jusqu’à atteindre la côte pacifique au XIXe siècle en chassant les populations amérindiennes des terres ancestrales qu’elles occupent depuis des milliers d’années. Progressivement le maillage du territoire se met en place par la construction de bourgs qui deviennent des villes avec l’arrivée des nouveaux migrants puis d’un réseau de transport dans lequel le chemin de fer devient un symbole de conquête territoriale. Ce sont les parties orientales, face à l’Europe qui connaissent la mise en valeur la plus rapide et ancienne, les régions de l’Ouest restent faiblement peuplées. En 1869 est réalisé par le chemin de fer la jonction entre l’Est et l’Ouest, la ligne partie de Sacramento en Californie rejoint dans l’Utah celle venant d’Omaha dans le Nebraska. La maitrise du gigantesque territoire est réalisée.

Construction d'un chemin de fer dans les territoire de l'Ouest aux USA au XIXe siècle, De Agostini Picture Library ǀ © Bridgeman Images

Les grandes plaines sont mises en valeur par l’agriculture, la richesse du sol est exploitée avec l’utilisation des engrais chimiques venus de l’industrie naissante. Elles portent des rendements exceptionnels faisant de cette région le grenier du pays. L’agriculture intensive y est organisée en vastes zones de production monoculturales, ce sont les belt à l’image de la corn belt (ceinture du maïs). Sur les littoraux de grands ports se développent pour accueillir les voyageurs, mais également pour organiser le commerce et les activités industrielles. New York devient la seconde ville mondiale et sa croissance exceptionnelle, entre 1800 et 1900, la population passe de 80 000 à 3,5 millions d’habitants.

2. Les premières mesures de protection : la création des parcs naturels

L’Ouest est quant à lui moins peuplé, voire très faiblement peuplé, il représente le mythe de la nature sauvage : le Wild West, qui constitue une frontière entre la nature et la culture, entre le monde sauvage et la civilisation. Dominé par de vastes espaces naturels vierges et peuplés par des tribus indiennes qui ont laissé une empreinte insignifiante sur ces territoires, l’Ouest va être transformé en sanctuaire naturel protégé. Le gouvernement va créer des parcs naturels, c'est-à-dire des espaces préservés dans lesquels la nature est sanctuarisée et doit rester intacte. En 1872 le premier de ces parcs est YellowStone qui est une vaste région volcanique, la pierre jaune est du souffre et les cascades, geyser, paysages découpés par l’érosion y sont spectaculaires. Il s’étend sur trois États américains et abrite une faune (loups, coyotes, ours) et une flore (fleurs subalpines endémiques) uniques. Si ces parcs sont protégés, ils deviennent aussi une manne touristique pour des citadins en mal de nature sauvage, les premières lignes de chemin de fer y transportent les touristes. Aujourd’hui le parc est l’un des plus fréquentés du pays, il accueille environ trois millions de touristes. Les États-Unis comptent 52 parcs nationaux, c’est ce modèle qui sera adopté en France dans les années 1960 avec la création des parcs naturels nationaux français comme dans les Alpes par exemple.

3. Une politique de protection de l’environnement contestable
a.  Au niveau national : la protection de l’environnement, une contrainte

Si les États-Unis sont un précurseur en termes de protection de la nature avec la création des parcs naturels, la sauvegarde de l’environnement à l’échelle fédérale y est incomplète et inégale. Le capitalisme et les grandes entreprises américaines ont toujours été réticents, jusqu’à aujourd’hui, à adopter des mesures de protection de la nature. La législation dans ce domaine est considérée comme contraignante économiquement et risque d’entraver la course aux bénéfices. Les vieilles régions industrielles de l’Est liées au charbon et la sidérurgie sont les plus rétives, les normes environnementales y sont réduites au minimum.

Le président Trump a beaucoup œuvré pour atténuer ou remettre en cause la législation de protection de l’environnement dans cette partie du pays qui est aussi un de ses bastions électoraux. En Alaska, l’ancien président des États-Unis a développé l’industrie pétrolière au détriment des mesures de protection des écosystèmes polaires. L’exploitation du gaz de schiste entraine la destruction intégrale de vastes écosystèmes puisqu’il faut réduire les roches en miettes pour y extraire les hydrocarbures. En revanche l’Ouest et particulièrement la Californie ont une politique plus aboutie de protection et de limitation des pollutions. Le tri sélectif y est entré dans les mœurs ainsi que les énergies alternatives dans cet État de la Sun Belt. De même, la Californie était présente à la COP 21 et appartient à la United States Climate Alliance, la structure fédérale permettant à des villes et des États de se dissocier de la politique fédérale.

b. Les États-Unis de Donald Trump en guerre contre la gouvernance environnementale mondiale

À l’échelle mondiale, les États-Unis font figure de mauvais élève en termes de protection de l’environnement. C’est le premier pollueur de la planète et si tous les habitants de la terre vivaient comme les Américains : surconsommation, utilisation massive d’énergie fossiles... il faudrait cinq planètes pour couvrir les besoins de la population mondiale.

L’ancien président Donald Trump s’est fait le champion de la lutte contre les mesures de protection planétaire de l’environnement. C’est un adversaire résolu de la gouvernance écologique mondiale. Il est soutenu par une partie de l’opinion publique américaine, la plus conservatrice ainsi que par les grandes multinationales. En 2017, à peine élu, il décide la sortie des États-Unis des accords de Paris signés à la COP 21. Il affirme que le changement climatique est un mythe, que les activités humaines n’ont pas d’impact majeur sur le climat et que la question du réchauffement a été créée de toute pièce par des scientifiques en mal de notoriété.

Cette politique de la première puissance mondiale suscite une forte hostilité des opinions publiques, particulièrement sur le continent européen ou de jeunes militants pour le climat, comme la suédoise Greta Thunberg, dénonce les propos outranciers du président. Aux États-Unis, une partie de la population exprime son désaccord avec cette vision simpliste des grands enjeux environnementaux. L’un des thèmes de la campagne électorale qui oppose le président Trump à Joe Biden est le climat. Le candidat démocrate défend un retour des États-Unis aux accords de Paris et l’engagement s’il est élu de diminuer les GES produits par le pays afin de lutter contre le réchauffement climatique. Il veut également s’attaquer aux industries polluantes du charbon et du pétrole en coupant les subventions massives qu’elles reçoivent et enfin étendre la protection des espaces naturels fragiles sur le territoire. Vainqueur de l’élection en novembre 2021, il lui reste maintenant à respecter ses engagements.

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