Fiche de cours

La Chine à la conquête de l'espace, des mers et des océans

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Objectif

Comprendre en quoi la Chine est devenue une puissance spatiale et maritime majeure.

Points clés
  • La Chine développe une stratégie du « collier de perles » en mer de Chine méridionale afin d’assurer ses approvisionnements et assurer sa place de puissance régionale.
  • Le programme spatiale chinois vise à égaler les actuels leaders (États-Unis, Russie, Europe) avec le développement de lanceurs 100 % chinois et des programmes ambitieux (Chang’e).
Pour bien comprendre
  • Tle (HG G SP) : Océans et espace, quelles spécificités ?
  • Tle (Histoire) : La Chine de Mao : l’affirmation d’un nouvel acteur international
1. La Chine : puissance maritime
a. S’affirmer comme puissance régionale

Dès l’arrivée au pouvoir de Mao en 1949, la Chine mène une politique d’expansion régionale :

  • revendication de Hong Kong alors colonie britannique et de Taïwan occupé par les nationalistes ;
  • invasion du Tibet (1959).

Cette politique d’expansion vise à imposer la Chine comme puissance régionale majeure. Ainsi, contrôler les mers bordières devient un enjeu de puissance.

Dès les années 1970, Pékin affirme comme nécessaire la « défense active des mers proches ». Deng Xiaoping augmente, dès son arrivée au pouvoir en 1978, le budget de la marine.

Les tensions autour des mers et océans s’accroissent à partir de 1982 et de la mise en application de la convention de Montego Bay sur le droit de la mer.

La convention de Montego Bay apporte la notion de ZEE (zone économique exclusive). À l’intérieur de sa ZEE (200 milles, soit 370 km), l’État dispose des droits exclusifs sur les eaux, les fonds marins et le sous-sol qu’il peut exploiter à sa guise. Cependant, il ne peut s’opposer « au libre passage inoffensif des navires » étrangers.

Cette ZEE peut éventuellement être prolongée dans le cas d’un plateau continental conséquent, au-delà des 200 milles.

La Chine revendique ainsi la possession des îles, îlots et archipels de la mer de Chine méridionale, entrant ainsi en conflit territorial avec ses voisins (Indonésie, Philippines, Vietnam, Malaisie…).

Exemple
Les îles Paracels sont occupées en 1974 et les îles Spratleys dans les années 1980.

Ces revendications s’insèrent dans ce que l’on appelle la stratégie du collier de perles.

La stratégie du collier de perles est une expression désignant l'installation par la marine de guerre chinoise de points d'appui (les « perles ») le long de sa principale voie d'approvisionnement maritime vers le Moyen-Orient.

Cette stratégie entraine une augmentation régulière du budget alloué à la marine chinoise, qui se modernise.

En 2019, le gouvernement chinois a présenté un « livre blanc sur la défense nationale » donnant les priorités stratégiques du pays.

La Chine cite notamment les « séparatistes taïwanais », assurant qu’elle ne renoncerait pas à l’usage de la force, dans un contexte de tensions fréquentes (incidents dans les transits de bâtiments militaires dans le détroit de Taïwan, etc.).

Le livre blanc dénonce également les « ingérences étrangères en mer de Chine ».

b. Les ressources des mers et océans dans la puissance chinoise

Si les revendications territoriales chinoises en mer de Chine relèvent d’une stratégie d’affirmation de la Chine comme puissance régionale, il est entendu que l’augmentation de la ZEE chinoise a également un rôle économique majeur (ressources halieutiques, gisements d’hydrocarbures off-shore, etc.).

Les ressources halieutiques sont un enjeu fondamental pour le pays qui doit nourrir 1,4 milliard d’habitants. La Chine est le premier pays consommateur de fruits de mer au monde, mais aussi la plus grande puissance de pêche et d’aquaculture au monde. Les Chinois consomment actuellement 1/3 du poisson pêché au monde.

Cela entraine une surpêche et un amenuisement des ressources propres. Le pays ne communique pas sur ses prélèvements. Cependant, certaines études annoncent plusieurs millions de tonnes de poissons pêchés par des navires chinois en-dehors de la ZEE.

Remarque
En 2016, des gardes-côtes argentins ont coulé un chalutier chinois dans leurs eaux territoriales. Le chalutier se situait à 17 000 km des côtes chinoises.
En 2014, l’Argentine avait déjà saisi un bateau chinois avec 180 tonnes de poulpe à son bord.

En-dehors des ressources halieutiques, la Chine exploite également les hydrocarbures off-shore.

Exemple
En 2018, la Chine a dévoilé une plateforme flottante géante (« P67 ») capable de produire, stocker et décharger des hydrocarbures off-shore et de forer à plus de 9 000 m.

Ce projet P67 s’insère dans la politique des « nouvelles routes de la soie », lancée en 2013 par le président Xi Jinping.

Les nouvelles routes de la Soie (ou « OBOR » en anglais pour « One Belt, One Road ») sont un ensemble de liaisons maritimes et ferroviaires entre la Chine et l’Europe visant à assurer l’approvisionnement en hydrocarbures de la Chine.
2. La Chine : puissance spatiale

L’affirmation de la puissance chinoise par la conquête spatiale est très récente. Depuis les premières années de la Guerre froide, la suprématie est nettement américaine et soviétique, puis européenne. Il faut attendre 2003 pour que le premier taïkonaute soit envoyé dans l’espace.

Un taïkonaute est un astronaute chinois.

Cependant, l’ambition chinoise est plus ancienne :

  • Dès les années 1950, la conquête spatiale fait partie des objectifs du Grand Bond en avant, avec la création en 1956 du premier programme spatial chinois. Ce programme est soutenu par les Soviétiques.
Remarque
Le Grand Bond en avant est le nom donné à la politique économique mise en œuvre par Mao Zedong entre 1958 et 1960. Elle avait pour but de stimuler la production économique du pays en un temps record via la collectivisation de l’agriculture ou la réalisation de travaux publics. Cette politique radicale a abouti à la « grande famine chinoise » et à la mort de millions de personnes (entre 15 et 55 millions selon les estimations).
  • En 1958, la Chine construit une base de lancement de fusées en Mongolie.
  • En 1964, le premier missile nucléaire chinois est testé avec succès.
  • En 1970, la Chine envoie son premier satellite (« Dong Fang Hong »).
  • Suite aux réformes menées par Deng Xiaoping au début des années 1980, le pays créé le CNSA (Agence spatiale nationale de la Chine) en 1993.
Remarque
La CNSA a pour rôle de définir la politique spatiale nationale et gère la coopération internationale dans le domaine spatial, tout en suivant les orientations du gouvernement chinois. Elle est membre de l’Organisation de coopération spatiale Asie-Pacifique fondée en 2008.
  • En 2003, le premier taïkonaute, Yang Liwei, est envoyé dans l’espace.

Depuis les années 2010, la conquête et l’exploration spatiale sont devenues des priorités du Parti communiste chinois. 200 000 personnes travaillent au sein du programme spatial.

Remarque
De façon symbolique, la Chine dépasse en 2011 les États-Unis par le nombre de lancements dans l’année (19 contre 18). Cependant, la Russie reste leader avec 33 lancements.

La Chine cherche à assurer son indépendance. Ainsi, les lanceurs Longue Marche sont intégralement conçus en Chine.
La Chine est le seul pays avec la Russie et son lanceur Soyouz à détenir un lanceur fabriqué à 100 % sur son territoire.

À court terme, la CNSA envisage des missions habitées sur la Lune pour 2025/2030, dans le cadre du programme Chang’e.

Le programme Chang’e ou CLEP (« Programme Chinois d’Exploration Lunaire ») a pour but l’exploration de la Lune par des robots puis, à l’horizon 2025/2030, par des missions habitées.

La sonde Chang’e 4, lancée en 2018, est la première à se poser sur la face cachée de la Lune.

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