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Du conflit israélo-arabe au conflit israélopalestinien : les tentatives de résolution, de la création de l'État d'Israël aux accords d'Oslo

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Objectif

Savoir rendre compte des grandes étapes du conflit israélo-arabe, puis israélopalestinien, depuis la création d’Israël jusqu’aux accords d’Oslo.

Points clés
  • L’État d’Israël est créé en 1948. C’est l’un des premiers dossiers de l’ONU.
  • La réaction des pays arabes limitrophes est immédiate. S’ensuivent plusieurs conflits aux cours desquels Israël renforce son emprise territoriale.
  • La situation au Proche-Orient prend une dimension internationale. Les Américains et les Soviétiques s’emparent de la question et jouent un rôle majeur dans les négociations (Camp David, Oslo…).
Pour bien comprendre

Tle (Histoire) : « Chapitre 1. La fin de la Seconde Guerre mondiale et les débuts d’un nouvel ordre mondial » [La naissance de l’État d’Israël]

1. La naissance d’Israël (1948)
a. La création de l’État d’Israël

Depuis la fin du XIXe siècle, le mouvement sioniste milite pour la création d'un état juif en Palestine.

Le sionisme est un mouvement politique et religieux, visant à l'établissement puis à la consolidation d'un État juif en Palestine.

Le choc de la révélation de la Shoah en 1945 et la mauvaise conscience européenne relancent l’idée de création d’un État juif.

La Ligue Arabe (Égypte, Irak, Syrie, Liban, Transjordanie, Arabie Saoudite), fondée en 1945, affirme sa sympathie pour les martyrs juifs mais refuse que les Palestiniens paient la réparation à la place des Européens.

Le dossier est confié à l’ONU qui, appuyée par les États-Unis et l’URSS, propose un plan de partage en trois parties :

  • un État juif : Galilée orientale, longue bande côtière et désert de Néguev ;
  • un État arabe : Galilée occidentale, centre de la Palestine avec Samarie et Judée, région de Gaza et l’Ouest du Néguev ;
  • un statut particulier pour Jérusalem, ville trois fois sainte est internationalisée, sous contrôle des Nations unies.

Le partage est relativement favorable aux Juifs : 55 % du territoire pour 30 % de la population.

Le 14 mai 1948, l’indépendance d’Israël est proclamée par Ben Gourion. L’immigration prend de l’ampleur. Elle est favorisée par la loi du Retour de 1950, qui autorise tout Juif qui en fait la demande de rejoindre Israël.

b. La guerre de 1948-1949

Ce plan de partage de l’ONU est refusé par les États arabes, ce qui entraine la guerre de 1948-1949. Israël est attaquée par l’Égypte, la Jordanie et la Syrie, le lendemain de sa proclamation d’indépendance.

Israël sort victorieux grâce à sa supériorité militaire et le soutien des deux Grands. Les conséquences territoriales de la guerre sont majeures :

  • C'est la première extension territoriale d'Israël aux dépens de la Palestine (78 % au lieu des 55 % prévus dans le plan de partage).
  • Jérusalem est divisée en 2 : une partie israélienne (Jérusalem ouest) et une partie occupée par la Jordanie (Jérusalem est avec la Vieille Ville, le Mont des Oliviers et le Mur des Lamentations). Entre les deux est mise en place une véritable frontière hermétique avec des barbelés et une zone de no man’s land.

En 1949, Israël proclame Jérusalem comme sa capitale. La ville devient un enjeu symbolique fort.

L’État de Palestine n’est pas créé. Pour les arabes de Palestine, la défaite de 1949 est appelée la Nakba (« catastrophe » en arabe). Les territoires qui auraient dû constituer leur État sont annexés par Israël rattachés à la Jordanie (Cisjordanie) et à l'Égypte (Gaza). Un million de palestiniens se réfugient dans les pays voisins.

2. Un conflit d’abord interétatique : Israël face au nationalisme arabe jusqu’en 1973
a. Crise de Suez (1956)

En 1956, l'Égypte de Nasser nationalise le canal de Suez. Israël, soutenu par la France et le Royaume-Uni, attaque l'Égypte. L'opération est un échec et entérine le déclin de la France et du Royaume-Uni sur la scène internationale. Cependant, cet épisode a permis à Israël de montrer ses forces, même si l’État hébreu a dû abandonner ses positions dans le Sinaï.

En 1964, est créée l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) qui rassemble plusieurs formations dont le Fatah (« conquête »), la plus importante d’entre elles. En 1969, Yasser Arafat en devient le président. Elle prône la destruction d’Israël et la restauration de la Palestine arabe dans son intégralité.

b. La guerre des Six jours (1967)

Israël, selon le principe de l’attaque « préventive », lance une guerre-éclair le 6 juin 1967 et remporte une victoire écrasante : 338 morts du côté israélien et 15 000 morts égyptiens. Israël occupe de nouveaux territoires : le Sinaï, la bande de Gaza, la Cisjordanie et le Golan, provoquant une nouvelle émigration palestinienne. Jérusalem est réunifiée au profit d’Israël. L’ONU finit adopte une résolution qui proclame « l’inadmissibilité de l’acquisition de territoires par la guerre », mais elle reste inappliquée.

c. La guerre du Kippour (1973)

Le 6 octobre 1973, le jour de Yom Kippour, grande fête religieuse juive pendant laquelle toute activité est censée s’arrêter, l’Égypte et la Syrie attaquent Israël par surprise pour reprendre les territoires perdus lors de la guerre des Six Jours.
C’est la plus puissante coalition de forces arabes à laquelle ait eu à faire face Israël. S’y joignent quelques troupes jordaniennes et l’aviation irakienne. Après dix jours de combats, les Israéliens remportent une victoire militaire nette et le Conseil de sécurité de l’ONU doit mettre un terme à la poussée israélienne, qui atteint les faubourgs du Caire, en imposant un cessez-le-feu le 25 octobre.

Remarque
Pour protester contre l’occupation des territoires palestiniens par Israël, l’Organisation des Pays arabes exportateurs de pétrole (OPAEP) décide de réduire les exportations de brut, ce qui entraine une hausse du prix du baril : c’est le premier choc pétrolier.

Durant cette guerre, les Américains et les Soviétiques prennent conscience que les conflits du Proche-Orient peuvent menacer la paix mondiale et que la voie de la diplomatie est la seule possible pour aboutir à une solution de paix durable. C’est également l’analyse que fait le président égyptien Anouar el Sadate, qui souhaite récupérer les territoires qu’il a perdus en 1967.

3. Les accords de Camp David (1978)

Sadate effectue un voyage officiel en Israël en novembre 1977. Cette initiative aboutit à un réel rapprochement, soutenu et encouragé par les États-Unis dirigé par Jimmy Carter.

Le 17 septembre 1978, le président égyptien et Menahem Begin, premier ministre israélien, signent en présence de Carter un accord historique. L’événement a lieu à Camp David aux États-Unis. C’est la première fois qu’un pays parmi les plus influents du monde arabe reconnait l’existence de l’État juif.

L'Égypte obtient de récupérer le Sinaï (occupé par Israël depuis la guerre des Six-Jours), tandis qu'Israël maintient sa domination sur la Cisjordanie.
Cet accord provoque la colère des autres pays arabes et de l’OLP. Sadate est assassiné en 1981.
De plus, l’accord régularise les relations entre l’Égypte et Israël, mais ne règle pas la question des populations palestiniennes. Les colonies de peuplement juives se multiplient en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza. L’expansion des Juifs dans des territoires non israéliens est un mouvement continu depuis 1967.

4. Vers les accords d’Oslo (1993)

Cette situation entraine la reprise du conflit israélo-palestinien.

  • D’abord au Liban à partir de 1982 : l'opération « Paix en Galilée » déclenchée par Israël a pour but de lutter contre les attaques de l'OLP depuis le Liban et d'établir une zone de sécurité au sud du pays, pour protéger la frontière israélienne.
  • En 1987, les conditions pour créer un État palestinien semblent réunies, mais le processus de paix n’est pas réellement engagé. Cette situation favorise le déclenchement de la première Intifada ou « guerre des pierres » menée dans les territoires occupés.
Le mot « intifada » signifie « soulèvement » en arabe. On appelle généralement ces épisodes une « guerre des pierres », pour souligner la différence de moyens entre les Palestiniens et l’armée israélienne.

Le Proche et Moyen-Orient reste au coeur des préoccupations internationales au début des années 1990 :

  • La première guerre du Golfe oppose d’août 1991 à février 1991 l’Irak à une coalition de 35 États menée par les États-Unis. À l’issue de la guerre, le président Bush annonce des objectifs pour le Proche-Orient, parmi lesquels la paix en Israël/Palestine.
  • La conférence de Madrid réunit les protagonistes de la question israélo-palestinienne dans la capitale espagnole en octobre 1991. Cependant, elle ne dispose d’aucun moyen contraignant. La Conférence aboutit à une proposition en deux temps :
    • une première étape de gouvernance intérimaire palestinienne, qui aboutira avec les accords d’Oslo ;
    • une deuxième étape pour régler les éventuels points bloquants.
  • Des accords sont donc négociés à Oslo puis signés à Washington en 1993, par Yasser Arafat et Yitzhak Rabin :
    • reconnaissance réciproque de l’OLP et d’Israël ;
    • création d’une Autorité palestinienne ;
    • élaboration d’un planning de négociations.
L’Autorité nationale palestinienne est le nom de l'entité gouvernementale qui administre les habitants arabes de Cisjordanie et de la bande de Gaza dans les zones de Palestine définies par les accords d'Oslo. Elle a un président et une assemblée élue au suffrage universel, une police (mais pas d'armée) et des représentants dans plusieurs pays.
Remarque
L’Autorité palestinienne possède depuis 2012 le statut d’État observateur non-membre de l’ONU. Elle est aujourd’hui reconnue par 136 États. Certains pays lui reconnaissent un statut particulier sans lui reconnaitre le statut d’État.

Cependant, le rejet de ces accords par les plus extrémistes des deux bords anéantit tout espoir de paix et ouvre la voie à la seconde Intifada à partir de 2000.

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