Un débat historique et ses implications politiques : les causes de la Première Guerre mondiale - Maxicours

Un débat historique et ses implications politiques : les causes de la Première Guerre mondiale

Objectif
  • Connaître les causes anciennes et les causes immédiates du déclenchement de la Première Guerre mondiale. 
  • Connaître les conséquences du Traité de Versailles pour l'Allemagne.
Points clés
  • La question des causes du déclenchement de la Première Guerre mondiale est un débat historique qui n'est toujours pas tranché, plus de 100 ans après le début du conflit.
  • On distingue des causes anciennes et des causes immédiates au déclenchement du conflit.
1.  Le déclenchement de la Première Guerre mondiale
L’historiographie est la façon dont les historiens s’approprient et étudient un thème historique. 

Tout au long du XXe siècle, l'historiographie sur les causes de la Première Guerre mondiale est demeurée vive. Qui sont les responsables et qu’est-ce qui a déclenché la Grande Guerre, qui a fait plus de 10 millions de morts en se propageant sur plusieurs continent ?

a. Les causes anciennes

On peut distinguer des causes anciennes et des causes immédiates au déclenchement du conflit.

Les causes anciennes sont liées à la rivalité franco-allemande qui s’inscrit dans le XIXe siècle. La Guerre de 1870 s’est soldée par la défaite française et la perte de l’Alsace-Moselle au traité de Frankfort en 1871. Un esprit revanchard a par la suite animé les jeunes générations françaises dans leur désir ardent de reconquérir les régions perdues.

La rivalité franco-allemande s’exprime également dans la conquête coloniale. le IIe Reich est en retard par rapport à ses principaux concurrents, et souhaite se constituer un pré-carré africain. Il se rue à son tour sur le continent africain.

Au début du XXe siècle, alors que la domination du continent par les Européens est déjà bien avancée, il jette son dévolu sur le Sud de l’Afrique dans l’actuel Namibie. La conquête est brutale et impitoyable, des massacres de masse sont commis à l’encontre des groupes Hereros et Namias.

C’est la question du Maroc qui précipite les puissances impérialistes au bord du précipice. Français et Allemands se disputent le royaume Chérifien (de Chérif, roi du Maroc, descendant de la famille du prophète Mohammed). La guerre est évitée d’extrême justesse.

b. L’étincelle qui embrase l’Europe puis le monde

Les causes immédiates concernent l’événement qui va déclencher le conflit. C’est l’étincelle qui met le feu au continent européen.

La tension étant à son paroxysme en 1914, un événement va déclencher les hostilités. C’est l’assassinat le 28 juin 1914 du prince François-Ferdinand d'Autriche, héritier de la couronne austro-hongrois, qui va servir de prétexte à l’enchaînement des évènements et entraîne l’un vers l’autre les deux blocs constitués et antagonistes :

  • la Triple alliance (Allemagne, Autriche-Hongrie et Italie),
  • la Triple entente (France, Russie et Royaume-Uni).

L’Autriche accuse la Serbie d’être à l’origine de cet attentat. Elle soutiendrait le jeune nationaliste serbe, Gavrilo Princip, du groupe la main Noire, d’avoir assassiné le monarque pour protester contre l’oppression subie par la Serbes d’Autriche-Hongrie et précipiter le rattachement des serbes de Bosnie à la Serbie.

2. L’historiographie ancienne : le débat stérile alimenté par le conflit
a. Le Traité de Versailles

Après 4 années terribles d’une guerre marquée par la brutalisation des combats et des actes criminels à l’encontre des civils, la guerre prend fin le 11 novembre 1918 et les vainqueurs se réunissent à Versailles pour solder les comptes du conflit.

Le choix de Versailles est symbolique, puisque c’est  en 1871 à Versailles que l’Allemagne victorieuse avait proclamé la naissance du IIe Reich, depuis la galerie des glaces du château. Humiliation suprême pour les Français, l’ancien centre politique de l’État le plus puissant d’Europe au XVIIIe siècle servait de cadre à la victoire et à la naissance de l’Allemagne moderne. Le message est clair, la France souhaite sa revanche. D’ailleurs, l’Allemagne n’est pas invitée à cette conférence portant cruciale pour son avenir.

L’article 231 du Traité déclare que l’Allemagne est seule et entière responsable de la guerre et devra en payer le prix. Elle perd ainsi 15 % de son territoire, ses colonies et doit payer des réparations astronomiques aux pays vainqueurs. Pour les Allemands c’est un véritable diktat, le pays ne se considère pas comme vaincu puisqu’il n’a jamais été envahi. Il ne se considère pas non plus comme seul responsable de la guerre mais accable les Français et les Russes.

Le Diktat de Versailles, vu par les Allemands : Clémenceau (France), Lloyd George (Grande-Bretagne) et Wilson (États-Unis) exécutent l'Allemagne | © MEPL / Bridgeman Images

Diktat : Terme allemand signifiant « chose dictée ». Le terme fut employé en 1919 pour évoquer le Traité de Versailles, très dur pour l’Allemagne et donc jugé humiliant.
b.  L’historiographie : la guerre des historiens en France

Dans les années 1920, la question des responsabilités est fondamentale car il s’agit de présenter l’addition des dommages et des réparations au responsable.

Les historiens français appuient cette idée à travers les travaux de l'historien Pierre Renouvin, qui, en 1925, publie Les Origines immédiates de la guerre, en défendant la thèse de l’unique culpabilité de l’empire de Guillaume II. Il défend l’idée que les Autrichiens – alliés des Allemands – ont accablé la Serbie – alliée de la Russie – et l’ont poussée vers la guerre au risque de provoquer l’engrenage des alliances et le déclenchement de la guerre.

L'historien Jules Isaac est plus nuancé, défendant le point de vue des pacifistes dans son ouvrage intitulé Un débat historique. Le problème des origines de la guerre (1933). Il affirme que la responsabilité est partagée, et que si l’Allemagne a sa part de responsabilité du fait d’un régime autoritaire et militariste dont la finalité est l’expansion territoriale, la France a également cultivé le nationalisme à travers le désir de revanche.

On retrouve ces idées chez les marxistes et notamment dans les discours de Lénine, dès 1916, qui évoque l’idée que l’impérialisme est le stade suprême du capitalisme. Cela signifie que les grandes puissances européennes, par avidité, par leur quête insatiable de richesse et de territoires, sont toutes responsables du conflit.

c. L’historiographie : le point de vue allemand, une vision radicalement différente

Dans les années 1920, en Allemagne le traité de Versailles est considéré comme une humiliation et un déshonneur. La question de la culpabilité allemande, inscrite dans l’article 231, est assimilée à un mensonge, accepté par la République de Weimar.

Les nazis prospèrent sur ce thème, Versailles est « un coup de poignard dans le dos du peuple allemand » avec « la complicité de la gauche républicaine soutenue par les Juifs ».

Les véritables coupables sont à rechercher dans la Russie Bolchevique et chez les Français revanchards animés du désir de récupérer l’Alsace-Moselle depuis la défaite de 1870

3. Les apports récents : vers l’apaisement des mémoires

Avec la défaite du nazisme et le retour à la démocratie en 1945, l’historiographie sur les causes de la guerre est relancée et la question des responsabilités change radicalement en Allemagne.

En 1961, l’historien Fritz Fisher, dans son ouvrage Les Buts de guerre de l’Allemagne impériale 1914-1918 remet en question la théorie de l’encerclement franco-russe ayant conduit l’Allemagne à la guerre. L’idée de la responsabilité allemande est relancée mais, cette fois-ci, par les Allemands eux-mêmes. L’auteur évoque comment le régime militariste du IIe Reich, par son volonté d’expansion et sa politique agressive, a conduit le continent européen vers la grande boucherie de 1914.

Cette vision ne fait pas l’unanimité en Allemagne et provoque de vifs débats au sein de l’opinion publique. Depuis les années 1980, la question des responsabilités devient moins sensible dans le débat historiographique. Avec le temps, les mémoires s’apaisent, car les derniers témoins directs disparaissent. L’Histoire devient alors la seule source de connaissances du passé. Plus objective, elle cherche la synthèse et le compromis pour aboutir à un récit objectif et apaisé.

Pourtant les divergences demeurent entre les historiens sur les causes et responsabilité de la guerre, cent ans après le début du conflit.

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