L'art géométrique en Allemagne : 1920-1930 - Cours d'Histoire de l'art Terminale L avec Maxicours - Lycée

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L'art géométrique en Allemagne : 1920-1930

Objectif
évoquer les différents foyers de l'art géométrique dans l'Allemagne des années 20, dont il constitue l'un des plus importants développements esthétiques.
S'il s'enracine et se développe en Allemagne dans le courant des années 20, l'art géométrique est né dans d'autres pays d'Europe, dès avant 1915. Par art géométrique, on entend un art abstrait exclusivement composé de formes géométriques, diversement agencées sur la toile et s'appuyant sur la surface de la toile et non sur l'illusion de profondeur.

A partir de 1912, à Paris, Frantisek Kupka et Delaunay crée l'Orphisme, agencement de cercles de couleurs concentriques ou emboîtés. En France - puis en Hollande dès la déclaration de la guerre, le néerlandais Piet Mondrian pose les fondations de son néoplasticisme, qui se compose de carrés, également de couleur (limités bientôt aux seules couleurs primaires) et de lignes orthogonales. Dernier peintre pionnier de l'art géométrique, le Russe Kazimir Malevitch, qui crée lui-aussi son propre style : le suprématisme, caractérisé par l'extrême dépouillement de la composition, en témoignent son oeuvre-manifeste, Carré noir sur fond blanc, puis, en 1918, le Carré blanc sur fond blanc, oeuvre limite qui sera aussi sa dernière.

Reprenant le flambeau, c'est son compatriote et ami El Lissitzky qui fera connaître son oeuvre en Occident et poursuivra les recherches entamées sur l'art géométrique. Lissitzky deviendra ainsi, avec le peintre hollandais Théo van Doesburg, créateur avec Mondrian du mouvement De Stijl, un promoteur de l'art géométrique dans l'Allemagne des années 20, où il sera communément appelé constructivisme, du nom du mouvement qui, en URSS, a pris peu avant 1917 le relais du suprématisme. En effet, l'Allemagne sera une terre particulièrement propice au développement du constructivisme, en grande partie du fait de l'existence de nombreux artistes allemands ayant expérimenté l'art géométrique.
1. L'art géométrique allemand
Ainsi, alors que s'essouffle l'expressionnisme et que s'éteint le mouvement Dada, l'Allemagne s'ouvre à deux nouveaux courants :

• d'une part la Nouvelle Objectivité, qui s'attache à représenter le réel jusque dans ce qu'il a de plus sordide ;
• d'autre part le constructivisme, abstrait et apolitique, qu'on pourrait dès lors tenir pour l'exact opposé de la Nouvelle Objectivité.

Avant même que des artistes étrangers comme El Lissitzky et Théo van Doesburg n'investissent l'Allemagne, attirés par la fièvre créatrice qui anime le pays, des artistes allemands ont posé les jalons d'un art géométrique qui se retrouve, avec des variantes, dans plusieurs foyers actifs.

• A Stuttgart, Willi Baumeister peint notamment les Dynamismes de plans (Flächenkräfte), des oeuvres composées de formes géométriques colorées peintes en aplat dans le plan du tableau, selon un agencement orthogonal et dissymétrique.

• A Cologne, le groupe dit des Progressistes (Die progressiven), parmi lesquels on compte Franz-Wilhelm Seiwert, a recours au même type de composition, mais se distingue par le fait que chaque oeuvre a un sujet, même si les figures sont réduites à quelques signes ; les Progressistes sont en effet fortement engagés politiquement.

• A Berlin, la plus cosmopolite des villes allemandes, galeries (telle la galerie Der Sturm de Herwarth Walden) et expositions mettent en avant les peintres constructivistes. La ville accueille également tous les artistes de l'avant-garde nord et est-européenne, quand Paris est le foyer des artistes de l'Europe de l'Ouest. Mais c'est probablement à Hanovre que les artistes allemands se sont adonnés avec le plus de constance à l'art géométrique.
2. Hanovre, capitale de l'art géométrique
Hanovre a été un des centres actifs du mouvement Dada. En marge de ce mouvement et faisant le lien avec le constructivisme se trouve Kurt Schwitters, le plus remarquable artiste de Hanovre.
On trouve dans cette ville un certain nombre d'amateurs éclairés, comme Paul-Erich Küppers qui créera la Kestner-Gesellshaft. Cette société se chargera d'organiser des rencontres et des expositions d'art moderne, ce qui attirera dans la cité des artistes venus de l'étranger pour se faire connaître, comme El Lissitzky, Laszlo Moholy-Nagy et Théo van Doesburg.

A Hanovre, El Lissitzky est hébergé par la Kestner-Gesellshaft. La société éditera également ses travaux (le recueil Proun en 1923), ainsi que ceux d'autres artistes, tel le Konstruktionen du Hongrois Laszlo Moholy-Nagy (également en 1923).
Le Provinzial Museum (aujourd'hui Landesmuseum) de Hanovre, un établissement public, participe également à la promotion de l'art constructiviste, puisqu'il confie notamment à El Lissitzky l'installlation, en 1927, du Cabinet des abstraits, une salle aménagée de manière révolutionnaire et qui exhibera la première et la plus importante collection publique de peinture abstrait du monde. Le directeur du musée, Alexander Dorner, a d'ailleurs été le premier conservateur à acheter une oeuvre de Piet Mondrian.

Hanovre bénéficie aussi de la présence de collectionneurs et d'éditeurs amateurs d'art moderne et abstrait, mais aussi d'industriels ouverts à la nouveauté. En confiant la réalisation de leurs publicités à des artistes d'avant-garde, ils ont fait oeuvre de mécénat : Bahlsen et Pelikan feront ainsi travailler Kurt Schwitters et El Lissitsky, qui réalisera en 1924 un remarquable photogramme sur le thème de l'encre Pelikan.
3. Constructivisme et technologie
Si Hanovre accueille des artistes étrangers, il en va de même de la ville de Weimar, dont le Bauhaus, école d'art expérimentale, suscite intérêt et interrogations. Théo van Doesburg arrive ainsi à Weimar en 1922 pour y organiser un congrès dadaïsto-constructiviste et y diffuser les idées de De Stijl. Il amène avec lui Laszlo Moholy-Nagy.

Weimar est plus réticente aux idées constructivistes que Hanovre, et les résistances se font sentir jusqu'au sein du Bauhaus, où les esprits sont encore attachés à l'expressionnisme. Pourtant, van Doesburg parviendra à attirer à lui un certain nombre d'élèves du Bauhaus dans des cours organisés en marge de ceux de l'école. Il convaincra finalement le directeur du Bauhaus Walter Gropius d'infléchir l'orientation de l'école vers une meilleure prise en compte de la technologie moderne, ce qui constitue le credo du constructivisme depuis sa création en Russie, peu avant 1917, par les sculpteurs Vladimir Tatlin et Ivan Puni. Il en découlera la nomination de Moholy-Nagy en tant que professeur du cours préliminaire, un poste-clé de l'école.

Il est ainsi possible de mesurer l'influence des artistes constructivistes étrangers à l'abandon, dans toute l'Allemagne, des dernières références à l'expressionnisme. Si les coups de boutoir conjugués de la Nouvelle Objectivité sont la principale cause de ce déclin des références expressionnistes, les constructivistes russes et hongrois y imposent également leurs propres conceptions rationalistes de l'art, inspirées des formes géométriques du suprématisme de Malevitch mais accordant à la technologie, à la machine et aux matériaux modernes, comme le plexiglas, une place prééminente dans le processus de création, qui doit être mis au service de la société.

Pour Laszlo Moholy-Nagy, par exemple, les formes géométriques découlent logiquement de l'emploi de moyens modernes ; il créera ainsi des peintures sur émail par téléphone, en donnant directement ses indications à la manufacture.
A Berlin, le sculpteur russe Naum Gabo révolutionnera la sculpture avec ses oeuvres mobiles en fer, bronze, verre et plexiglas (il mêle ainsi matériaux opaques et transparents) qui délimitent des espaces et des volumes ; en témoigne Construction dans l'espace équilibrée sur deux points, de 1925.
L'essentiel
Parallèlement à la Nouvelle Objectivité, l'art géométrique et le mouvement constructiviste prennent dès 1920 le relais de l'expressionnisme.
Expérimenté par des artistes allemands et étrangers, l'art géométrique a pour centre principal la ville de Hanovre, mais diffuse ses théories de Berlin à Weimar. Le constructivisme, essentiellement dû à des artistes russes et hongrois (El Lissitsky, Moholy-Nagy) est quant à lui une ramification de l'art géométrique, mettant plus particulièrement l'accent sur l'importance de la technologie moderne dans l'acte créateur.

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