Montage à l'œil - Cours de Terminale L avec Maxicours - Lycée

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Montage à l'œil

Objectifs
Décrire l'opération technique de montage telle qu'elle était pratiquée avant l'invention des premières tables ; Poser les bases d'une réflexion sur les conséquences artistiques de cette méthode.
Le cinéma disposait à ses débuts d'un matériel rudimentaire qui exigeait un savoir-faire bien différent. L'exemple le plus éloquent reste celui de la caméra : elle permettait non seulement d'impressionner la pellicule (c'est toujours le cas aujourd'hui) mais aussi de la projeter sur un écran. Encore fallait-il procéder aux manipulations nécessaires à la transformation de la caméra en projecteur. En ce qui concerne le montage, les instruments, encore plus élémentaires, n'ont pas attendu les innovations artistiques de Griffith pour être utilisés.
1. Méthodes inaugurales
Les premières coupes opérées sur la pellicule filmique sont réalisées par des ouvrières de laboratoire spécialisées auxquelles étaient confiés les négatifs. Il s'agit alors de supprimer sur le négatif les images systématiquement touchées par le déclenchement et l'arrêt de la caméra (les extrémités de chaque plan). Lorsque la méthode se précise et ne se limite plus qu'à cette seule phase de nettoyage, les négatifs sont directement confiés aux opérateurs (et ce, avant même que le montage ne gagne en expressivité artistique).

Et comme bien souvent les réalisateurs eux-mêmes tiennent la caméra, ces derniers commencent à prendre en charge le montage. Ils coupent alors la pellicule à l'endroit choisi, associent les fragments avec les moyens du bord (trombones, agrafes, etc.), et envoient l'ensemble au laboratoire : les ouvrières réalisent alors les collures exigées avec le matériel dont elles disposent. L'usage des tables n'étant pas encore possible, on peut s'interroger sur la précision des choix établis par les cinéastes. De quels instruments disposaient-ils pour déterminer le choix de la coupure ?
2. De rares instruments
Les premières méthodes de montage sont largement artisanales. Elles nécessitent un matériel primaire, mais surtout non spécifiquement cinématographique. Pour manipuler la pellicule photographique, il fallait ainsi :

• Une lampe : on place manuellement la pellicule devant la lampe qui vient éclairer chaque photogramme.
• Une loupe grossissante : il devient possible de voir l'image éclairée dans des conditions sinon idéales, du moins acceptables.
• Une paire de ciseaux pour couper le film à l'endroit choisi.

Certains sociologues du cinéma pensent que si le montage a souvent été considéré comme une spécialité féminine (fait indiscutable notamment dans la production française), c'est en raison de ces premiers instruments de couturière, de la minutie avec laquelle il fallait les traiter et de la délicatesse avec laquelle on devait manipuler la pellicule. L'argument demeure insuffisant, surtout aujourd'hui. D'autres modes de production viennent par ailleurs contredire cette hypothèse, le système américain en tête où les monteurs sont en priorité des hommes.

Il ne faut pas oublier une étape essentielle du processus de montage. L'absence de visionneuse (qui permet d'examiner la pertinence d'un choix de montage) ne doit en aucun cas excuser l'absence de vérification. En effet, il faut systématiquement éprouver la qualité d'un montage directement sur grand écran : La projection est la dernière étape du montage. Il faut voir le film ou les fragments montés dans des conditions normales de visionnage puisqu'un même montage n'a pas le même impact artistique selon la taille des écrans sur lesquels il est examiné.
3. Particularités artistiques
Le montage « à l'œil » ou « à la main » tel qu'il vient d'être décrit détermine une relation particulière entre le monteur et son film. Devant l'évolution des méthodes techniques de montage, la singularité de cette relation nous apparaît de façon encore plus saisissante aujourd'hui.

Comparé au montage vidéo, et davantage encore au montage virtuel, le montage à l'œil conserve un caractère sensible et tactile.

Le rapport du monteur-cinéaste à son œuvre en train de se faire pourrait être comparé à celui que le peintre entretient avec son tableau : c'est une relation plastique qui contribue peut-être à la dimension picturale qu'avaient les premières images cinématographiques montées (certaines scènes des films de Griffith sont de véritables fresques en mouvement).

De la même façon, le rapport au rythme d'un film a été modifié depuis ces premiers temps du montage. Il y avait, dans l'évaluation du rythme, quelque chose de profondément matériel : s'il était compliqué d'en examiner la qualité devant l'absence de matériel (pas de table, pas d'écran de contrôle, pas de visionneuse), il était possible de ressentir ce rythme dans la longueur des fragments pelliculaires que l'on tenait dans les mains. C'est la raison pour laquelle, quand les premières tables ont été inventées, certains cinéastes ont d'abord refusé de s'en servir, persuadés qu'ils perdraient beaucoup plus qu'ils ne gagneraient.
L'essentiel
Le montage, réalisé à l'œil ou à la main (selon les terminologies), qui a précédé l'invention des premières machines, n'exigeait comme matériel que quelques instruments élémentaires (une source lumineuse vive, une loupe, etc.). Il avait donc un caractère résolument artisanal, caractère dont on s'est régulièrement éloigné avec les années et le progrès technologique.

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