Étude de cas : La Méditerranée, un bassin migratoire - Maxicours

Étude de cas : La Méditerranée, un bassin migratoire

Objectifs
  • La Méditerranée, lieu de convergence des flux
  • L'importance du tourisme dans le bassin méditerranéen
  • Un lieu de traversée par les migrants fuyant la guerre et la misère
Points clés
  • Depuis l’Antiquité, la Méditerranée a toujours constitué une vaste zone de contacts, d’échanges, de guerres. Depuis le XXe siècle, la fracture s’est creusée entre un littoral nord plus riche et prospère et un littoral sud et de l’est à l’indice de développement humain bien moins élevé
  • Les guerres civiles (Syrie, Irak) ainsi que la pauvreté et les persécutions politiques entrainent un flux important de réfugiés venant d’Afrique et du Moyen-Orient vers une Europe qui se ferme de plus en plus
  • La Méditerranée constitue une zone touristique majeure à l’échelle mondiale, représentant 40 % du tourisme mondial. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le tourisme entre pays du nord de la Méditerranée est nettement plus développé que celui vers ceux du sud
1. La Méditerranée, un bassin migratoire depuis l’Antiquité

Depuis l’Antiquité le monde méditerranéen est un lieu d’échanges et de circulation entre ces différentes rives. À l’époque romaine, les pourtours de cette mer quasi fermée sont appelés par les Romains mare nostrum c'est-à-dire « notre mer ». L’Empire domine les façades africaines, orientales et européennes qui sont unifiées sous l’autorité de Rome. Les échanges y sont nombreux. Les régions africaines fournissent des animaux qui seront tués dans les arènes de la ville de Rome lors de combats opposant lion ou tigre à des gladiateurs. Les régions orientales, particulièrement l'Égypte, fournissent des céréales et enfin les parties européennes sont pourvoyeuses d’hommes qui viennent peupler l’ensemble de la région.

Au Moyen Âge, le bassin méditerranéen est divisé. C’est un lieu d’échange entre les trois grandes civilisations : le monde catholique en Occident, les Byzantins dans les régions de culture grecque et, enfin, l’islam qui contrôle une grande partie de la mer intérieure. Les relations sont tantôt conflictuelles, lorsque les Européens partent à la conquête de Jérusalem pendant les croisades ou la Reconquista espagnole, tantôt pacifiques à travers les échanges commerciaux et culturels.

2. La Méditerranée d'aujourd’hui face au défi des flux économiques et politiques
a. Flux économiques

Depuis le XXe siècle, l’espace méditerranéen s’est fragmenté et divisé. Tout d’abord, les écarts de développement se sont creusés. Le Sud et l'Est de la Méditerranée qui ont été colonisés à l’époque contemporaine sont qualifiés de pays du Sud, comme l’Algérie et l’Égypte, et leur indice de développement humain (IDH) est moins élevé que celui des pays du Nord-Ouest, comme la France et l’Italie.

Ce développement inégal amène à des flux de personnes qui se déplacent des régions pauvres vers les régions riches afin de trouver du travail et d’aider les familles restées sur place. Dans le même temps, les pays d’Europe occidentale sont demandeurs d’une main-d’œuvre bon marché qui effectue un travail souvent pénible que les habitants ne souhaitent pas faire. En Espagne, de nombreux travailleurs du Maghreb sont engagés dans des exploitations agricoles pour ramasser les fruits et les légumes. En France ou en Italie, ils travaillent dans des secteurs difficiles comme le bâtiment ou la restauration. Aujourd’hui, les migrations de travail sont devenues plus compliquées car les États européens ont fermé leurs frontières et les visas sont délivrés au compte-goutte.

b. Flux politiques

Les mouvements migratoires en Méditerranée du Sud et de l’Est vers le Nord sont également liés à la situation géopolitique. L’Orient méditerranéen et certaines parties de l’Afrique du Nord sont ravagés depuis une dizaine d’années par des guerres civiles. Les violences exercées à l’encontre des populations entraînent des flux de déplacés qui fuient la guerre afin de sauver leur vie. La Syrie est touchée par un conflit interétatique majeur lié au régime autoritaire du président Assad et aux massacres commis par le groupe terroriste Daech. En 2015, au plus fort de la crise opposant le groupe Daech à l’État syrien, ce sont plus d’un million de migrants venus de Syrie et d’Irak qui sont arrivés en Europe pour demander l’asile politique. L’Allemagne a accueilli le plus grand nombre de ces déplacés.

En France, les demandes d’asile sont gérées par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). En 2018, il y a environ 120 000 demandeurs qui viennent principalement d’Afghanistan, d’Albanie, de Géorgie et de Guinée. Environ un quart des demandes aboutissent et permettent d’obtenir un statut de réfugiés, c'est-à-dire que les trois quarts des demandes sont refusées. Au niveau européen, la France est un pays dans lequel le nombre d’étrangers est inférieur à la moyenne européenne : 7 % de sa population est d’origine étrangère. Les étrangers vivant en France sont pour un tiers d’entre eux d’origine européenne.

c. Migrations clandestines

Face à la fermeture des frontières européennes tant à l’immigration économique que politique, les mouvements migratoires se font de manière clandestine. Des migrants tentent de traverser la Méditerranée de façon illégale. Ils viennent du Maghreb, du Moyen Orient et également d’Afrique centrale (Nigeria). Ils fuient la pauvreté et les persécutions politiques dans des États en guerre ou encore menacés par les groupes terroristes comme le Mali et le Burkina Faso. Pour cela, ils embarquent sur des bateaux de fortune, parfois des canots pneumatiques. La traversée est organisée par des passeurs clandestins qui demandent des sommes très importantes, souvent plus de 10 000 €, pour organiser le passage. Le mauvais état des bateaux et le blocage des routes par les États européens comme l’Italie est bien souvent responsable de la noyade des migrants. Entre 2014 et 2018, 17 000 personnes sont mortes ou portées disparues en Méditerranée en tentant la traversée maritime sur des embarcations de fortune.

3. Mouvements touristiques : migrations de courte durée

Aux flux de longue durée voire définitifs qui caractérisent les migrations économiques et politiques s’opposent les flux touristiques qui sont de courte durée, de l’ordre de quelques jours à quelques semaines.

Le bassin méditerranéen est l’un des grands centres du tourisme mondial. Chaque année et particulièrement en été, d'immenses flux de population convergent vers les régions du littoral. L’Europe accueille à elle seule près de 40 % du tourisme mondial dont une partie se dirige vers les régions de la Méditerranée même si les grandes villes du Nord, comme Londres et Paris, sont les plus visitées du continent. Ces flux proviennent largement des pays du nord de l’Europe à la recherche du soleil et de paysages exceptionnels. Contrairement à ce que l’on imagine, le tropisme méditerranéen se fait vers la rive nord, c'est-à-dire la France, l’Espagne et l’Italie. Les régions du Sud, si elles sont fréquentées comme l’Afrique du Nord, attirent moins de visiteurs. C’est donc un tourisme Nord-Nord qui caractérise les migrations temporaires.

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