Étude de cas : Les mobilités d'étude et de travail intra-européennes - Maxicours

Étude de cas : Les mobilités d'étude et de travail intra-européennes

Objectifs
  • Étudier les mobilités de travail dans le cadre de l’Union européenne
  • Analyser les flux de travailleurs détachés : les pays émetteurs et les pays récepteurs
  • Mesurer les mobilités des étudiants en Europe dans le cadre des programmes communautaires
Points clés
  • Les inégalités de revenus et de répartition de la population européenne expliquent l’importance des flux entre les États pour des raisons économiques
  • De tels flux existent également entre pays riches, comme entre la France et l’Allemagne, mais davantage dans le secteur des services, alors que les travailleurs détachés venant d’Europe de l’Est sont surtout employés dans les secteurs de la construction et secondaire
  • Les mobilités étudiantes sont favorisées afin de promouvoir les échanges linguistiques et culturels. Un programme comme Erasmus n’a cependant pas encore atteint les objectifs affichés lors de sa création en 1987 
1. Les flux de travail en Europe

L’Union européenne, qui rassemble désormais 27 États, est marquée par d’importantes inégalités de développement entre les États et entre les régions. On oppose une Europe riche caractérisée par de hauts niveaux de revenus et un indice de développement humain (IDH) important et une Europe plus pauvre avec des revenus intermédiaires.

À cela s’ajoute une répartition de la population inégale à l’échelle du continent, les 450 millions d’Européens se concentrent autour de la mégalopole européenne dont la colonne vertébrale est située en Allemagne autour de la région du Rhin et de la Ruhr. La France est quant à elle la deuxième puissance démographique avec plus de 67 millions d’habitants. On distingue trois autres pays au poids démographique significatif : l’Italie, l’Espagne et la Pologne avec respectivement environ 60, 47 et 38 millions d’habitants chacun.

Les inégalités de peuplement et de développement entrainent des flux intra-européens d’autant que la plupart des États appartiennent à l’espace Schengen qui permet à ses habitants de se déplacer et de s’installer dans un autre État membre librement.

 

2. Les flux de travail en Europe

Les mouvements intra-européens sont importants : ils concernent près de 2 millions de salariés que l’on appelle les travailleurs détachés. Le chiffre a presque doublé depuis une décennie. Des Européens quittent leur pays d’origine pour une durée plus ou moins longue afin de travailler dans un autre État membre. Pourtant, à l’échelle de l’Union européenne, ces mouvements concernent moins de 1 % des salariés.

C’est l’Allemagne et, dans une moindre partie, la France qui accueillent le plus de travailleurs détachés. En tant que première et deuxième puissance économique et démographique du continent, ces pays offrent le plus d’opportunités de travail à des populations issues du reste du continent. L’Allemagne est le champion toute catégorie : la plus grande partie des flux se dirigent vers ce pays et sont en partie issus de l’Europe médiane et orientale. Cela tient à sa position centrale à l’échelle du continent et à ses relations anciennes avec les pays de l’ancien bloc communiste. À cela s’ajoute le plein-emploi que connait le pays qui a un taux de chômage très faible et manque cruellement de main-d’œuvre. En effet, l'Allemagne est un pays vieillissant à forte croissance économique, sa natalité est l’une des plus faibles au monde et elle ne parvient pas à répondre aux besoins de main-d'œuvre. Enfin, la première puissance européenne est également un des principaux exportateurs mondiaux et ses usines tournent à plein régime pour répondre aux nombreuses commandes qu’elle reçoit principalement dans le secteur industriel (automobile…).

La Pologne voisine envoie chaque année vers l’Allemagne plus de 130 000 travailleurs, la Slovénie 60 000, la Slovaquie 35 000. Ce sont des pays plus pauvres qui ont des taux de chômage assez élevés. Le salaire moyen en Pologne est trois fois moins important qu’en Allemagne. Si l’on prend l’exemple de la Pologne en 2017, elle a envoyé environ 500 000 travailleurs détachés dans l’Union européenne. La France arrive en deuxième position et accueille environ 180 000 travailleurs, soit trois fois moins que l’Allemagne. Il s’agit de salariés issus de l’Europe centrale mais également méditerranéenne.

Pourtant, les flux ne se dirigent pas uniquement des pays à hauts revenus depuis les pays intermédiaires. Les pays les plus développés sont animés également par des flux importants. Contrairement à ce que l’on pense, la France et l’Allemagne sont également de grands émetteurs de flux de main-d'œuvre, les travailleurs détachés ne viennent donc pas tous des pays de l’Est. Si la Pologne arrive en première position, les deuxième et troisième émetteurs sont l'Allemagne et la France. Ils se dirigent vers les pays frontaliers. Pour la France, les lieux d’arrivée sont la Belgique, l’Allemagne et le Luxembourg. Contrairement aux pays d’Europe de l’Est pour lesquels les travailleurs détachés sont surtout employés dans la construction et le secteur secondaire. Les salariés français et allemands travaillent surtout dans le secteur des services.

3. Les flux d’étudiants

L’Union européenne, grâce à la collaboration des États membres, rend possible le déplacement des étudiants qui peuvent passer une année universitaire dans un autre État membre. Le principal objectif est de créer des liens entre les populations des pays membres et de perfectionner la maitrise des langues étrangères. D’ailleurs, 83 % des étudiants déclarent se sentir plus européens après leur mobilité.

Le programme européen Erasmus rend possible ces échanges. Son nom provient de l’humaniste de la Renaissance Érasme, qui se déplaçait d’un État à l’autre afin de créer une république européenne des Lettres. Le projet de mobilité et de réciprocité entre les étudiants et les universités européennes est né en 1987. Dans le cadre de ce projet de créer une Europe de la connaissance basée sur les échanges intra-européens, seuls 5 % des étudiants réalisent une partie de leur étude dans un autre État membre, soit plus de 3 millions d’étudiants ayant participé à ce programme depuis sa création. L’objectif fixé à 20 % est encore loin d’être atteint. La barrière de la langue est certainement l’un des défis les plus importants à relever. Par exemple, la France est le premier pays émetteur d’étudiants en Europe mais seulement le quatrième pays d’accueil. Le principe de réciprocité n’est donc pas atteint.

Les principaux pays émetteurs sont donc la France mais aussi l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Ces quatre pays sont à l’origine de plus de la moitié des départs. Les pays récepteurs sont l’Espagne puis le Royaume-Uni en lien avec la nécessaire maitrise de la langue anglaise dans le cadre de la mondialisation. Suite au Brexit, le Royaume-Uni ne participe plus à ce programme de mobilité étudiante. On trouve également l’Allemagne, la France et l’Italie.

Les mobilités étudiantes sont l’un des symboles de la construction de l’Europe et de sa réussite grâce à ses échanges linguistiques et culturelles. Ils sont la marque de l’amitié entre les peuples. Pourtant, ce mouvement gagnerait à s’amplifier et les mobilités restent encore assez faibles compte tenu du potentiel et des moyens mis en place par l’Union européenne et ses différents États.

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