Les migrations internationales - Maxicours

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Les migrations internationales

Selon l'OIM (l'Organisation Internationale pour les Migrations), la Planète compte, en 2012, 214 millions de migrants internationaux, qui représentent 3,1 % de la population mondiale. Les migrations internationales massives ne sont pas une nouveauté historique. Cependant, depuis le 19e siècle, leurs caractéristiques ont changé et, depuis les années 1980, en même temps que l'économie et l'information, le phénomène migratoire s'est mondialisé.

Problématique :
On peut donc se demander si la mondialisation a été à l'origine de l'accroissement spectaculaire des migrations internationales et, réciproquement, en quoi celles-ci ont participé au phénomène de la mondialisation ?
1. Déplacements de populations d'hier et d'aujourd'hui
a. Un phénomène séculaire
Le phénomène migratoire est à l'origine du peuplement de toutes les régions de la planète et remonte à la préhistoire et aux premiers déplacements humains.

• Des migrations presque involontaires
La découverte des Amériques par Christophe Colomb en 1492, par exemple, a généré des flux réguliers de migrations volontaires en provenance d'Europe. Mais il ne s'agissait pas encore d'une émigration massive ! Seuls les plus riches et les plus intrépides faisaient le voyage : les coûts de transport étaient très élevés, les risques encourus et la peur de l'inconnu étaient importants. Durant des siècles, les migrations massives furent presque totalement involontaires (déportations, esclavage).

• Les premières migrations de masse volontaires (1840-1914)
Elles ont commencé il y a 200 ans. Il s'agit de flux massifs de migrants ayant choisi de quitter leurs pays pour s'installer dans un autre. Au 19e siècle, des millions d'Européens pauvres ont fait le choix d'émigrer loin de leurs terres natales dans l'espoir de trouver une vie meilleure. Entre 1846 et 1876, 300 000 personnes quittèrent l'Europe chaque année, puis 600 000 jusqu'en 1896. Au tournant du 20e siècle, elles dépassèrent le million annuel.

• D'où partaient ces migrants et où se rendaient-ils ?
Dans la première moitié du 19e siècle, les principaux foyers d'émigration furent les Îles Britanniques et l'Allemagne. Par la suite, ce furent les pays scandinaves et les pays du Nord-Est de l'Europe qui entrèrent dans le mouvement.

La plupart des migrants firent le voyage vers des régions du monde en quête de main-d'œuvre et dans lesquelles le niveau de vie était nettement supérieur à celui qu'ils connaissaient. La plus grande partie choisit le continent américain, avec une très nette préférence pour les États-Unis. De 1906 à 1910, ce pays accueillit 64 % du total des migrants européens. Cependant, de nombreux Européens se ruèrent également vers l'Amérique du Sud, tout particulièrement vers l'Argentine (17 % des migrants), le Brésil, le Canada, l'Australie, la Nouvelle Zélande et l'Afrique du Sud. Au total, entre 1820 et 1920, 60 millions d'Européens émigrèrent vers le Nouveau Monde.

Dès la fin du 19e siècle, les États-Unis ont pris des mesures pour limiter l'immigration et mettre en place un accueil plus sélectif des migrants. En 1882, le Chinese Exclusion Act interdit aux Chinois d'émigrer sur le territoire des États-Unis. En mai 1921, le Congrès instaura une politique de quotas par nationalités gérée par les ambassades américaines à l'étranger.
b. L'immigration contemporaine
• 1945-1970 : une immigration économique encouragée par les États Européens
Après la Seconde Guerre mondiale, les pays européens durent reconstruire leurs pays. Ils firent alors appel à la main-d'œuvre étrangère venue d'Europe de l'Est et d'Afrique du Nord, pour compléter les rangs des ouvriers, insuffisants sur leurs territoires pour satisfaire seuls à toute la demande. La tendance continua jusque dans les années 70. En effet, dans les pays riches, le vieillissement de la population entraîna des manques conséquents de main-d'œuvre active et les États occidentaux résolurent cet important problème en faisant appel aux travailleurs étrangers. 

Aujourd'hui, les hommes nés dans un autre pays que celui dans lequel ils résident représentent 3,1 % de la population mondiale, c'est-à-dire environ 200 millions de migrants et de personnes. À ces 200 millions de migrants légaux, il faut penser à ajouter entre 25 et 40 millions de clandestins.

On peut affirmer que chaque région du monde est aujourd'hui concernée en tant que terre d'accueil, de départ et de transit. On assiste à une explosion de flux migratoires
2. Typologie des flux migratoires internationaux
a. Les migrations économiques
Les migrations économiques sont les plus importantes quantitativement parlant. Elles constituent la majeure partie des migrations internationales.
 
• Qui sont les nouveaux migrants économiques ?
La grande majorité des migrations économiques sont effectuées par des hommes jeunes partis de pays du Sud, peu ou pas qualifiés, à la recherche d'un emploi. On retrouve également des femmes et des enfant qui rejoignent leurs époux et pères déjà installés dans un nouveau pays. Enfin, des femmes, en quête d'indépendance ou d'un travail.

Cependant, les migrations économiques actuelles ne se cantonnent pas à ce type de flux. La mondialisation renforce ce que l'on appelle la « fuite des cerveaux » ou appelé Brain Drain, qui désigne le départ de travailleurs qualifiés ou très qualifiés pour des pays dans lesquels ils ne sont pas nés. Même chose pour les étudiants. Selon l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), en 2007, plus de 50 % des personnes de haut niveau de formation et de qualifications émigrant au Nord arrivaient des pays du Sud. 

• De quelles régions du monde partent les migrants économiques ?
Aujourd'hui, les régions de départ sont avant tout des pays du Sud, qu'il s'agisse d'États d'Asie du Sud-Est (première région de départ de la planète), du continent africain, d'Amérique du Sud, d'Amérique Centrale ou d'Europe médiane.

- Pour quelles raisons partent-ils ?
Les progrès accomplis dans des domaines tels que la santé et l'alimentation eurent des conséquences immédiates sur les taux de mortalité infantile qui diminuèrent considérablement dans les pays du Nord. À leur tour, de nombreux pays du Sud ont commencé, dans les années 80, leur transition démographique et aujourd'hui la mortalité infantile y est nettement plus faible. Les jeunes sont donc de plus en plus nombreux et les propositions de travail insuffisantes.

• Et la mondialisation dans tout ça ?
La mondialisation est à l'origine de la multiplication de nombreux flux et réseaux qui ont engendré ces migrations internationales importantes : la baisse du coût des transports (et notamment aériens), l'internationalisation de l'information qui fait qu'une image idyllique de l'Occident est véhiculée dans le monde entier via les chaînes de télévision et Internet, le fait que les marchés locaux dans les pays du Sud sont parfois inondés de produits manufacturés fabriqués dans les États de la Triade. La connexion des territoires et, enfin, l'essor des inégalités de niveau de vie entre les pays industrialisés Nord et le Sud (l'écart des salaires est de 1 à 20 entre Singapour et l'Indonésie), sont à l'origine des déplacements massifs de population d'un pays vers un autre, d'un continent à l'autre. 

- Qui les accueille ?
Les principales régions réceptrices du monde sont les États-Unis, le Canada, l'Union européenne et l'Australie. Les États-Unis sont le premier pôle d'accueil du monde avec 15 millions de citoyens nés en dehors de leur territoire. Le second foyer est l'Europe de l'Ouest, qui reçoit des travailleurs venus des pays pauvres du Sud (Maghreb, Afrique subsaharienne, Asie), mais également d'Europe de l'Est (Polonais qui migrent vers l'Allemagne).

- Des migrations Sud / Sud en constante progression :
Les mouvements de populations sont de plus en plus importants entre pays du Sud. Le troisième foyer d'accueil, les pétromonarchies du golfe persique, accueillent par exemple des flux migratoires importants en provenance du Proche-Orient (Égypte), d'Asie du Sud-Est (Philippines et Malaisie) et, de plus en plus, d'Afrique et des Nouveaux Pays Industrialisés. La proportion d'étrangers est considérable aux Emirats arabes Unis (78 %) et au Koweit (62 %). L'Afrique du Sud, quant à elle, attire de très nombreux immigrés venus de régions beaucoup moins aisées du continent (Mozambique, Zimbabwe, Malawi).
b. Les migrations politiques
Qu'est-ce qu'un réfugié ?
Après la Seconde Guerre mondiale, un texte international, la Convention de Genève a défini ce qu'était un réfugié et la protection qu'il devait recevoir. Désormais, le terme de « réfugié » doit s'appliquer à toute personne qui craint « avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions en cas de retour dans son pays ». Un réfugié n'a donc pas d'autre choix que de fuir un pays où sa vie et/ou sa liberté étaient menacées, soit parce qu'il était opposant à un régime, visé par un génocide, menacé par la guerre... Le monde en comptait 15,4 millions en 2011 selon le HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés).

Un pays où trouver protection :
Lorsqu'un réfugié parvient à arriver jusqu'au pays d'adoption, il demande l'asile. Le temps que dure la procédure, il est considéré comme un « demandeur d'asile ». Si sa demande est acceptée, il est alors protégé et obtient un statut de réfugié reconnu. Les réfugiés qui demandent l'asile dans un pays du Nord sont bien moins nombreux que ceux qui cherchent à trouver une place dans un pays du Sud.

La plupart du temps, les réfugiés ne partent pas très loin. Faute d'argent, la majorité d'entre eux est contrainte d'émigrer dans un pays limitrophe. 80 % des réfugiés vivent donc en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie du Sud-Est et en Chine. La plupart de ces États sont pauvres et abritent chacun au moins un million de réfugiés politiques. Ils ne disposent pas des moyens financiers et techniques pour leur assurer une vie décente ainsi qu'une véritable protection.

Le Haut Commissariat aux réfugiés :

Le HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés) qui dépend de l'ONU, tente de leur assurer une protection dans les cas d'urgence et de rechercher des solutions durables à leur exil. Le HCR estime à plus de 50 millions le nombre de réfugiés en 2010.
c. Les flux migratoires illégaux
La soif d'un avenir meilleur :
Les migrants illégaux sont essentiellement des hommes célibataires, âgés de 15 à 47 ans en moyenne (ayant fait des études secondaires ou non) qui quittent leurs pays, leurs familles, leurs amis et un creuset culturel familier, pour trois raisons principales : le manque d'argent, l'insécurité et l'absence de perspectives locales d'avenir. Certains sont prêts à se lancer dans de longs périples, dangereux, durant lesquels ils doivent souvent affronter la faim, la soif, le vol, des agressions... Ils sont parfois traqués par la police et arrêtés. Il arrive très souvent qu'ils trouvent la mort au cours du voyage (entre 1997 et 2004, 4 000 clandestins sont décédés au large des côtes marocaines).
Quitter sa patrie illégalement a un coût important pour les expatriés clandestins qui doivent s'offrir les services d'un passeur. Au moins 500 000 immigrés illégaux arriveraient chaque année en Europe et tous, ou presque, ont eu recours à un passeur.

Les zones de passage :
La Méditerranée et le Rio Grande jouent le rôle de zones de transition entre États pauvres du Sud et États riches du Nord (Union européenne et États-Unis). Les migrants clandestins venus d'Afrique franchissent la Méditerranée pour atteindre la côte espagnole ou les îles italiennes. Le Rio Grande sert de frontière au Mexique et aux États-Unis. Le Mexique constitue le passage clé pour les émigrants qui veulent tenter de s'installer aux États-Unis.

En Europe, les trois plaques tournantes de l'émigration clandestine sont l'Italie, la Turquie et l'Espagne. Leurs lieux de passage sont Tanger, les Canaries, Brindisi, Bucarest, Tirana, Istanbul. Moscou sert de ville de transition pour les migrants et la Turquie voit transiter sur son territoire des flux massifs d'immigrants clandestins qui la placent en situation délicate vis-à-vis de l'Union européenne à laquelle elle souhaiterait appartenir.

Les migrations entre la Chine et la Russie sont pendulaires et temporaires. 600 000 clandestins chinois ont franchi la frontière russe entre 1992 et 2000.
Dans les pays du Golfe arabe, l'immigration clandestine depuis l'Afrique et l'Asie est favorisée par le pèlerinage à la Mecque qui offre la possibilité de pénétrer dans le pays sans permis de travail.
3. Les conséquences de cette explosion des flux migratoires
a. Des conséquences ambigues
Les migrations compensent souvent le déficit naturel du Nord (manque de main-d'œuvre avec sa population vieillissante) en permettant à une partie de la jeunesse du Sud de se créer une vie ailleurs. Le départ de ces jeunes gens permet de soulager le marché du travail local, mais vide les pays concernés de leurs forces vives et d'une partie de leurs élites financières, intellectuelles ou scientifiques dont ces pays auraient tant besoin pour se développer. Enfin, les campagnes se féminisent et manquent de bras.  

Les départs entraînent des flux financiers de retour pour les pays de départ (estimés à 167 milliards de dollars pour les pays du Sud en 2006). On estime à 440 milliards de dollars les fonds rapatriés par les migrants en 2009. Ces fonds empruntent des circuits formels et informels. Les migrants, quelle que soit la catégorie sociale et professionnelle à laquelle ils appartiennent, participent à la mondialisation par les flux financiers qu'ils génèrent, par la pérennité des transports qu'ils assurent et par les échanges culturels, intellectuels et scientifiques qu'ils permettent.
b. Des réactions de plus en plus hostiles
Aujourd'hui, dans tous les pays d'accueil, l'immigration n'a plus bonne presse. Les pays qui avaient une tradition d'accueil peinent maintenant à intégrer les nouvelles générations nées sur leurs sols de parents venus d'ailleurs.

Les émigrés doivent faire face à des difficultés d'intégration et à des attitudes de rejet croissantes. Les débats à propos des émigrés et de l'émigration, dans l'opinion publique ou entre factions politiques, sont de plus en plus virulents. Les raisons invoquées à leur exclusion et à la fermeture des frontières sont nombreuses : insécurité, défense des salariés autochtones face à des salariés étrangers nettement moins exigeants, refus de devoir s'adapter à de nouveaux modes de vie...

Les gouvernements concernés mettent en place depuis une vingtaine d'années un protectionnisme migratoire. Les politiques sécuritaires se durcissent, les barrières règlementaires sont renforcées et certaines frontières sont militarisées. Les pays d'accueil entendent contrôler les flux migratoires en mettant en place des politiques communes. Par exemple, la Convention de Schengen, signée en 1990 par 24 États européens, cherche à favoriser la libre circulation des ressortissants européens dans l'espace éponyme, tout en renforçant le contrôle aux frontières extérieures.
L'essentiel
Jusqu'au 19e siècle, les migrations de masse n'ont jamais été volontaires : l'esclavage sévissait encore. Ce n'est qu'après le 19e siècle que débutèrent les migrations de masse dites « volontaires ». Des millions de personnes quittèrent l'Europe pour tenter de trouver une vie meilleure en Amérique du Nord et du Sud, en Australie, etc.
Aujourd'hui, les migrations ont changé de caractéristiques. On les divise en deux sous-catégories, les migrations économiques qui concernent des personnes en quête d'emploi et les migrations politiques qui concernent des réfugiés. Il existe aussi une troisième sous-catégorie de migration : l'émigration illégale qui concerne entre 25 et 40 millions de personnes dans le monde chaque année.

Qu'il soit légal ou illicite, le phénomène migratoire est aujourd'hui un thème majeur dans les débats politiques des États du Nord qui entendent fermer davantage leurs frontières et sélectionner les migrants qui pénètrent sur leurs territoires. Ces flux migratoires constituent alors des enjeux économiques, sociaux, éthiques et religieux importants pour tous les pays concernés, à savoir tous les États de la Planète.

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