Étude de cas : La candidature d'adhésion de la Turquie - Maxicours

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Étude de cas : La candidature d'adhésion de la Turquie

Au 1er janvier 2016, l’Union européenne compte 28 membres. La Croatie est la dernière à avoir adhéré à l’UE en 2013, et d’autres États sont candidats à l’adhésion, comme l’Islande, mais les négociations avec la Turquie semblent être dans l’impasse.
Que révèle la candidature d’adhésion de la Turquie sur la puissance de l’UE et sur ses limites ?


 
Doc. L'élargissement de l'Union européenne
1. Une candidature ancienne
Associée à la Communauté économique européenne depuis 1963, la Turquie a déposé sa candidature en 1987 et est officiellement candidate depuis 1999.

Elle a signé un partenariat avec l’Union douanière de l’UE en 1995 et entamé de nombreuses réformes pour répondre aux critères d’adhésion, comme l’abolition de la peine de mort.

Les négociations se sont ouvertes depuis 2005 sur la base des critères de Copenhague (1993) qui promulguent :

• la mise en place d’ « institutions stables garantissant l’état de droit, la démocratie, les droits de l’homme, le respect des minorités et leur protection » ;
• « une économie de marché viable ainsi que la capacité de faire face à la pression concurrentielle » au sein de l’Union européenne ;
• « la capacité d’assumer les obligations [d’adhésion], et notamment de souscrire aux objectifs de l’union politique, économique et monétaire ».
2. Des relations étroites
a. Les liens commerciaux
Plus de la moitié du commerce extérieur de la Turquie se fait avec l’Union européenne ; ses principaux partenaires commerciaux sont l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni. La Turquie importe essentiellement des céréales et exporte des produits textiles ou de l’habillement. Elle est donc un partenaire commercial important de l’UE.

L’Union douanière a déstabilisé l’économie turque, mais après la crise financière de 2000-2001 et des réformes économiques radicales, la croissance économique de la Turquie se situe autour de 7 %, malgré des difficultés persistantes telles que le chômage ou les disparités régionales entre les principales villes comme Istanbul et les campagnes.

Son économie est cependant très prometteuse, car elle bénéficie d’atouts non négligeables. En effet, avec ses 75 millions d’habitants, la Turquie constitue un grand marché de consommation et dispose d’une main d’œuvre qualifiée et bon marché.
b. Des liens humains
On estime que 3 millions de Turcs vivent en Europe, notamment en Allemagne, et cette forte présence turque en Europe, du fait des migrations, est créatrice de liens de solidarité forts.

Par ailleurs, la Turquie a accueilli 30 millions de touristes en 2011, dont la moitié provient de l’UE, notamment de l’Allemagne directement reliée à l’émigration turque.
c. Des liens politiques
Par sa situation géographique à cheval sur l’Europe et l’Asie, la Turquie s'est toujours située à un carrefour d’échanges économiques ou culturels, et établit de la sorte le lien entre l’Occident et l’Orient. Sa position géostratégique s'est vue renforcée par les événements politiques qui secouent le Moyen-Orient et le marché des hydrocarbures.

En effet, elle est située sur les routes de l’énergie puisqu’elle est traversée par des oléoducs ou gazoducs essentiels à l’approvisionnement de l’UE, tels que l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (ou BTC) ouvert en 2005 qui transporte du pétrole de la mer Caspienne au port turc de Ceyhan, sur les rives de la Méditerranée.

Par ailleurs, la Turquie occupe une position géostratégique incontournable pour la politique extérieure de l’UE, puisqu’elle est devenue un acteur majeur au Moyen-Orient, tout en ayant fait depuis longtemps le choix du camp occidental. En effet, c’est un des membres fondateurs du Conseil de l’Europe et elle fait partie de l’OTAN (Organisation du Traité d'Atlantique-Nord) depuis 1952.
3. De nombreux blocages
a. Des Européens partagés
Selon un sondage réalisé en 2009 intitulé « Perceptions européennes sur la Turquie comme futur État membre », 52 % des sondés ont répondu « Non » à l’entrée de la Turquie (les Français à 64 %) parce que c’est un pays musulman, ce qui serait incompatible avec les racines chrétiennes de l’Europe (38,9 %) et qu'elle ne serait pas située sur le continent européen (14,6 %).

Cela pose le problème des limites de l’Union européenne et de son identité. Si la Turquie a 95 % de son territoire en Asie, c’est que l’on fait du Bosphore une frontière. Or, ce détroit ne constitue pas une frontière naturelle, mais bien un trait d’union entre deux rives.
b. Une Europe moins attractive
De leur côté, les Turcs sont de plus en plus hésitants. En effet, les partisans de l’adhésion à l'UE sont de moins en moins nombreux car l’Europe perd de son attractivité, en raison des crises financière et identitaire qu’elle traverse, alors que la Turquie est en pleine croissance et ambitionne de devenir une puissance régionale au Moyen-Orient.

Mais c’est surtout la lenteur du processus, due aux hésitations des pays européens (notamment la France et l’Allemagne), qui rend les Turcs de plus en plus réticents à l’entrée de leur pays dans l’UE.
c. Une démocratisation trop lente
Si des progrès ont été réalisés, des efforts sont encore nécessaires en matière de droits fondamentaux et dans le domaine douanier.

En effet, après une accalmie entre 2001 et 2007, les tensions ont repris avec le PKK (le parti des travailleurs du Kurdistan) qui mène une guerre de libération nationale du peuple kurde depuis 1984.
Par ailleurs, les autorités turques refusent de reconnaître le génocide arménien perpétré pendant la Première guerre mondiale et la Turquie, qui occupe depuis 1974 le Nord de l’île de Chypre, refuse l’entrée de ses ports et aéroports aux navires et avions chypriotes et ne respecte donc pas ses obligations douanières avec un État membre de l’UE.

Enfin, si l’AKP, un parti islamiste modéré arrivé au pouvoir en 2002, a entamé de nombreuses réformes pour démocratiser le pays, il se livre surtout à une lutte sans merci contre l’armée turque, qui exerce une véritable tutelle sur l’État turc depuis la création de la République turque en 1923 par Mustafa Kemal.
L'essentiel
La candidature de la Turquie révèle la puissance économique et politique de l’Union européenne car son adhésion permettrait de moderniser son économie et de démocratiser son régime politique.
Cependant, les Européens et les Turcs semblent être de plus hésitants en raison de la crise financière et identitaire que traverse l’Union européenne. Or, la Turquie, qui est déjà intégrée à travers les liens multiples qu’elle a tissés avec l’UE, pourrait renforcer la puissance de l’UE en constituant un relais d’influence vers le Moyen Orient.

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