Une aire de relation de l'Union européenne : la Méditerranée - Cours de Géographie Première avec Maxicours

01 49 08 38 00 - appel gratuit de 9h à 18h (hors week-end)

Une aire de relation de l'Union européenne : la Méditerranée

La Méditerranée constitue un fragment de l'interface mondiale Nord/Sud. Elle met en relation des pays très variés : au nord, l'Union européenne (UE), centre d'impulsion planétaire et au sud et à l'est, les pays du sud et de l'est méditerranéen (PSEM) aux niveaux de développement plus contrastés. À ces contrastes de richesses s'ajoutent des héritages politiques et culturels différents. Malgré les clivages, les échanges sont multiples et les États méditerranéens cherchent à renforcer leur coopération pour construire une aire spatiale plus unie.

Doc. 1. La méditerranée et ses pays frontaliers

1. Des clivages entre les deux rives de la Méditerranée
a. Des oppositions culturelles anciennes
La Méditerranée constitue dès l'Antiquité un espace de contacts, d'échanges entre civilisations. Trois grands ensembles peuvent être délimités sur la base de critères religieux et politiques. Sur la rive nord un arc latin allant de l'Espagne à l'Italie marque la présence dominante du catholicisme. Ce sont avec la Grèce, les pays qui ont construit et installé durablement la démocratie.

Il côtoie à l'est le monde gréco-balkanique à majorité orthodoxe, longtemps marqué par l'empreinte musulmane des Turcs. Ceux-ci font pont entre une Europe chrétienne et la rive sud musulmane. Cette rive sud marquée par une large domination de l'Islam et par une population majoritairement arabe se distingue cependant par plusieurs sous-ensembles : le Maroc, l'Algérie et la Tunisie forment sur la rive septentrionale de l'Afrique, le Maghreb (le levant). Certains auteurs l'élargissent à la Libye. À l'est de cet ensemble, le Machrek (le couchant) comprend les États arabes hors Maghreb et s'étend donc jusqu'au Proche-Orient.

Au sein de cet ensemble, la création de l'État juif d'Israël en 1948 constitue une exception mal acceptée dans le monde arabo-musulman. Israël marque également, au sein de ces PSEM, sa différence sur le plan politique. C'est une démocratie, alors que ces pays du sud ou de l'est ont une tradition autoritaire.
b. Des niveaux de développement contrastés
Une opposition globale de richesses et de niveaux de développement se dessine entre les rives nord et sud de la Méditerranée. Les États de l'UE et en particulier de l'arc latin disposent d'un IDH (Indice de développement humain) et de revenus plus élevés que les PSEM. Ils sont supérieurs à 0,9 de l'Espagne à l'Italie, tout comme en Grèce alors qu'ils sont inférieurs à 0,9 voire à 0,8 sur la rive sud. Parmi les PSEM, seul Israël a un IDH comparable avec les États méditerranéens de l'UE. Ceci témoigne d'écarts sensibles de richesses malgré les progrès économiques des États du sud et de l'est. Ainsi en 2010, le PIB par habitant de l'Espagne s'élevait à plus de 33 000 dollars contre seulement 4 700 pour le voisin marocain.

Les contrastes sont également marqués à l'échelle nationale ou régionale. Sur la rive nord, l'espace des Balkans témoigne de retards de développement liés aux guerres du début des années 1990 et à la difficile transition vers l'économie de marché après la chute du communisme. L'IDH dans cet espace balkanique est compris entre 0,8 et 0,9. Au contraire, le littoral entre Barcelone et Rome concentre les activités économiques et les richesses : c'est le centre actif de l'espace méditerranéen. Sur la rive sud les contrastes de développement s'opèrent davantage sur un modèle d'opposition littoral/intérieur. Les littoraux bénéficient des activités économiques liées aux échanges. Ils concentrent les populations, sont urbanisés alors que l'intérieur demeure plus pauvre et rural.

Doc. 2. Nice, côté d'Azur

c. Des tensions géopolitiques
Les clivages apparaissent enfin par de nombreux points de tensions entre pays. Il s'agit en premier lieu de conflits frontaliers comme à Chypre. L'île est dans sa partie nord sous contrôle turc depuis 1974. Le sud est un pays membre de l'UE, ayant intégré la zone euro en 2008. Malgré un projet de réunification sur un modèle fédéral, la Turquie conserve une volonté de souveraineté sur la partie orientale : c'est un point de discorde entre les pays de l'UE.
Les litiges frontaliers existent également entre le Maroc et l'Espagne à propos des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla au Maroc et surtout entre Israël et Palestine.

Au cœur des tensions on peut ajouter la question du partage de l'eau : c'est une source de conflits entre Israéliens et pays arabes à propos des eaux du Jourdain, entre la Turquie, la Syrie et l'Irak pour l'Euphrate. Ces points de litiges pèsent parfois sur les relations entre les États méditerranéens.
2. Un bassin parcouru par de multiples flux
Malgré les oppositions culturelles anciennes et les points de tensions, les flux et les échanges entre les deux rives de la Méditerranée ont toujours été intenses. Ils font néanmoins apparaître de profonds déséquilibres.

Doc. 3. Les différents flux en méditerranée

a. Les échanges économiques
La façade méditerranéenne est la 2e façade maritime de l'UE après celle de la Northern Range (Cf. fiche Une façade maritime mondiale : la Northern Range). Les flux commerciaux et financiers sont en constante augmentation ce qui reflète le lien fort entre les pays du bassin méditerranéen. Cependant, leur structure témoigne de l'inégale puissance des États.
La valeur du commerce international (importations et exportations) entre l'UE et les PSEM est de plus de 60 milliards d'euros mais le déséquilibre dans l'organisation des flux est très fort. Ainsi les pays méditerranéens ne représentent que 8,5% du commerce international de l'UE, alors que les PSEM sont très dépendants de leur relation avec la rive nord. L'UE représente près de 40% de leurs exportations.

Outre ce déséquilibre global, la nature des flux varie fortement. L'UE exporte principalement des produits finis à haute valeur ajoutée ainsi que des services marchands. En revanche, les flux du sud vers le nord sont essentiellement constitués de produits bruts, c'est-à-dire des matières premières, produits agricoles ou hydrocarbures. Ainsi l'Algérie et la Libye sont très dépendants de leurs exportations en produits énergétiques : gaz et pétrole constituent près de 90% de ces exportations. Un tiers de l'approvisionnement des pays de l'UE dépend des PSEM.

Le déséquilibre est manifeste également pour les investissements directs à l'étranger (IDE). La rive sud attire les investissements des FMN européennes dans le domaine du tourisme ou pour la recherche d'une main d'œuvre à moindre coût dans le secteur de l'assemblage. Cependant les IDE européens sont assez peu présents et les entreprises investissent plus facilement dans les autres centres d'impulsion ou à l'échelle européenne. Il est vrai que l'instabilité politique de certains pays du sud incitent peu à la prise de risques.
b. Des flux migratoires et touristiques intenses
Le bassin méditerranéen est parcouru par d'intenses flux humains. Ceux-ci correspondent pour l'essentiel à des migrations de travail ou à des déplacements touristiques. Les flux migratoires ont une direction Sud-Nord. La forte pression démographique dans les PSEM, les taux de chômage importants poussent les jeunes actifs à venir chercher du travail dans les pays de l'UE qui apparaissent comme un eldorado. Parmi ces flux, la part de l'immigration illégale, clandestine tend à augmenter. Le contrôle extérieur des frontières de l'espace Schengen, exercé par l'agence européenne Frontex devient plus strict et les flux ont tendance à se reporter vers l'est du bassin : Europe balkanique et Turquie.

Outre les flux migratoires, les flux humains se caractérisent par l'importance de flux touristiques. La Méditerranée est le premier bassin touristique mondial avec 30% des flux de la planète. Les bassins émetteurs sont les pays riches de la rive nord. Si près de la moitié des touristes se concentrent sur les littoraux de la rive nord, les stations balnéaires des PSEM attirent de plus en plus : l'attrait du climat, le sentiment de dépaysement, conjugués au faible coût du transport et des séjours permettent à de nombreux pays de développer ce secteur essentiel à leur économie. Il représente 14% du PIB (Produit Intérieur brut) à Chypre et le tourisme au Maghreb repose en grande partie sur la clientèle européenne (54% des touristes en Tunisie).
3. Vers une intégration euro-méditerranéenne ?
a. Une coopération ancienne
La coopération entre pays du bassin méditerranéen prend forme avec la création en 1976 du Plan d'action pour la Méditerranée (PAM) afin de lutter contre les pollutions marines et d'engager une protection concertée du milieu. Il s'agit en parallèle de faire face à des défis environnementaux communs comme la gestion et le partage de l'eau. Cet axe de coopération va progressivement s'élargir à des enjeux économiques et politiques. En 1995 est lancé le partenariat Euromed dit aussi processus de Barcelone, signé entre l'UE et douze PSEM. Parmi les objectifs fixés, il y a celui de former une région de prospérité partagée en favorisant le libre-échange. L'Union pour la Méditerranée (UPM) succède à ce partenariat en 2008. Il doit donner naissance à une banque euroméditerranéenne et à une politique concertée de gestion des flux migratoires.
b. Une intégration limitée
Même si les partenariats se mettent en place, l'intégration des PSEM demeure limitée. Le refus de l'UE d'intégrer la Turquie révèle la difficulté à ouvrir l'espace régional européen. En 2011, le « printemps arabe » en Tunisie, Maroc, Libye et Égypte pose également la question du devenir politique de ces pays et donc de la nature des relations politiques et économiques que l'UE doit construire avec les PSEM.
L'essentiel
Aire de circulation et d’échanges ancienne, la Méditerranée forme aujourd’hui encore un bassin maritime traversé par d’intenses flux économiques et humains. Cependant, le niveau de développement différencié des pays qui bordent la Méditerranée implique des échanges inégaux. Les PSEM sont très dépendants de leurs partenaires européens mais les pays de l’UE se tournent davantage vers d’autres pays pour leurs relations commerciales. L’unité de l’aire méditerranéenne se construit peu à peu mais de nombreuses interrogations pèsent sur l’intégration véritable des pays de la rive sud.

Vous avez déjà mis une note à ce cours.

Découvrez les autres cours offerts par Maxicours !

Découvrez Maxicours

Comment as-tu trouvé ce cours ?

Évalue ce cours !

 

Découvrez
Maxicours

Des profs en ligne

Géographie

Aidez votre enfant à réussir en SVT grâce à Maxicours

Des profs en ligne

  • 6j/7 de 17h à 20h
  • Par chat, audio, vidéo
  • Sur les 10 matières principales

Des ressources riches

  • Fiches, vidéos de cours
  • Exercices & corrigés
  • Modules de révisions Bac et Brevet

Des outils ludiques

  • Coach virtuel
  • Quiz interactifs
  • Planning de révision

Des tableaux de bord

  • Suivi de la progression
  • Score d’assiduité
  • Une interface Parents