La métropolisation : un processus de transformation des paysages - Maxicours

La métropolisation : un processus de transformation des paysages

Objectif
  • Comprendre et être capable d’expliquer comment et pourquoi le processus de métropolisation transforme les paysages.
Points clés
  • Les métropoles sont des villes qui concentrent des activités et des lieux de commandements.
  • Le processus de métropolisation renforce le rayonnement et l’intégration dans la mondialisation des métropoles. Cela se traduit par la transformation des paysages : étalement urbain, création de nouveau bâtiments modernes et verticaux symbolisant la puissance économique et financières, développement des infrastructures de transport favorisant la conurbation.
  • Toutefois, la métropolisation s’accompagne d’un renforcement des inégalités socio-économiques et spatiales qui s’inscrivent également dans le paysage urbain.
Pour bien comprendre

métropole, étalement urbain, lieux de commandements, paysage urbain, skyline, aménagements

Métropolisation et mondialisation sont deux notions liées. La métropolisation est possible grâce à la concentration d’activités, d’acteurs de la mondialisation et de lieux de commandements. Les métropoles sont donc des espaces créateurs de richesses, mais à condition que celles-ci soient intégrées à la mondialisation.

Afin de rester attractives et de faire face à une concurrence qui se renforce, les métropoles doivent constamment repenser leurs espaces. Le paysage urbain témoigne d’un processus de transformation des paysages lié à la métropolisation.

1. Les métropoles : des espaces transformés par la mondialisation
a. Les métropoles et le processus de métropolisation
Les métropoles constituent un ensemble urbain qui exerce des fonctions de commandement.

Cet espace est considéré comme un centre d’impulsion régional, voire même mondial dans certains cas, car il concentre des activités économiques, financières et culturelles.

La métropolisation correspond à un processus complexe du renforcement du rôle des métropoles à différentes échelles. Ainsi, ces unités urbaines attirent davantage encore de population, ce qui conduit à un étalement urbain, puisque la ville-centre et son agglomération se retrouvent saturées et que le prix de l’immobilier augmente considérablement.

Il est donc nécessaire de décentraliser les activités, ce qui conduit à l’émergence progressive de pôles secondaires dans l’agglomération ou dans l’aire urbaine de la métropole.

Exemple
Boston est une métropole de rang national, elle est un pôle d’excellence dans le domaine universitaire. Très attractive et dynamique, elle est un des pôles majeur de la mégalopole nord-américaine. Pourtant, c’est dans l’agglomération de la ville-centre, à Cambridge, que sont implantées deux grands centres universitaires et de recherche mondialement connus : le MIT et Harvard. Cambridge devient donc un pôle secondaire d’excellence sans que cela ne nuise à Boston.

La métropolisation renforce donc l’étalement urbain et conduit progressivement à la mise en place d’une aire urbaine multipolarisée.

Dans les métropoles des Suds, la croissance démographique des métropoles est telle que l’étalement urbain en devient tentaculaire : les logements informels se multiplient et les politiques d’urbanisme ne suffisent pas à relever les défis de cette métropolisation trop rapide.

Exemple
Mumbai est une métropole émergente dont l’aire urbaine regroupe 24 millions d’habitants. L’urbanisation de la ville et son extension ayant été très rapides, la métropole doit faire face à des difficultés liées à la gestion des déchets, à la pollution et à l’accès à l’eau.
b. Des paysages bien spécifiques

Dans les continents de vieille tradition urbaine, notamment en Europe, les centres des métropoles regroupent des bâtiments anciens, des lieux de culte et parfois les traces d'anciennes fortifications.

 

 

Paris, ville de vieille tradition urbaine ǀ © iStock - pawel.gaul

 

Dans les pays « neufs » (Australie, Canada, États-Unis), les centres-villes sont caractérisés par une structure récente, formée de grands immeubles (gratte-ciel), souvent des bureaux, constituant des centres d'affaires appelés Central Business District (CBD).

Le CBD peut également se trouver en périphérie de la ville, lorsqu’il s’agit de métropoles de vieille tradition urbaine.

Exemple
La Défense, quartier de la finance de Paris, est localisée en légère périphérie de la ville-centre, dans la banlieue parisienne.

Manhattan, l'exemple type d'un centre-ville moderne ǀ © iStock - Lisa5201

Dans tous les cas, la diffusion des véhicules individuels a favorisé l'étalement urbain vers la périphérie, ce qui nuit à l’environnement.

Dans les pays en voie de développement (PED), la ségrégation spatiale est encore forte entre la banlieue aisée et les bidonvilles, où l'importance de l'habitat informel traduit les carences de gestion des pouvoirs publics face à la croissance urbaine.

c. Des espaces urbains métropolitains en restructuration permanente

La nouvelle organisation mondiale a généré la diffusion d'un paysage urbain qui se développe dans toutes les grandes villes :

  • la création d'un urbanisme vertical dans les quartiers d'affaires (concentration des pouvoirs de décision, économique et financier) ;
  • le développement des équipements de communication satellitaire (téléports) et de communication rapide (aéroports).

Les infrastructures de communication et de transports sont indispensable à l’intégration des métropoles dans la mondialisation.

La croissance urbaine ne se traduit pas uniquement par la concentration des populations et par l'augmentation des densités urbaines, mais aussi par une croissance spatiale. La ville s'étend au fur et à mesure de sa croissance démographique.

Exemple
Los Angeles (États-Unis) et Caracas (Venezuela) s'étendent sur 10 000 km2.

L'extension urbaine aboutit à l'intégration de villes périphériques dans le tissu urbain ou à la liaison des villes entre elles par des cordons urbains, formant des conurbations.

Beverly Hills, la banlieue de Los Angeles, au États-Unis ǀ © iStock - raisbeckfoto

2. La transformation d'un paysage urbain : l'exemple de Londres

Dès le XIXe siècle, Londres est intégrée aux prémices de la mondialisation. Le Royaume-Uni est le berceau de la révolution industrielle. La capitale de l’Angleterre et du Royaume-Uni est donc à l’époque créatrice d’importantes richesses, car elle est le centre d’impulsion de la mondialisation.

a. L'aire urbaine de Londres et le processus de mondialisation

Londres est une ville globale. Parfaitement intégrée à la mondialisation, elle reflète bien les transformations sur le paysage urbain et les dynamiques spatiales engendrées par la métropolisation. Tandis que l’agglomération londonienne compte 8 millions d’habitants, son aire urbaine en concentre 12 millions.

Cette dernière est vaste et extrêmement bien reliée à la ville-centre : elle témoigne des processus de périurbanisation et d’étalement urbain que renforce la métropolisation.

Périurbanisation : extension des surfaces bâties en périphérie de l’agglomération. Les citadins viennent s’installer dans des communes rurales qui s’urbanisent progressivement.

Ainsi, la ville-centre concentre les activités et les centres de commandement. L’hypercentre présenté sur le schéma ci-dessous, correspond à la City : lieu de concentration des sièges sociaux de nombreuses FTN (firmes transnationales) et première place financière européenne.

Les hypercentres culturels (musées), artistiques (galeries d’arts) et politiques (maison du Premier ministre, Buckingham Palace) se situent également tous dans la ville-centre.

Par ailleurs, la ville-centre est parfaitement reliée au reste du pays et au monde grâce à de nombreuses infrastructures de transports (aéroports, lignes TGV, etc.). Les inégalités socio-économiques et spatiales sont indiquées par une gentrification forte et la présence de quartiers délabrés.

Enfin, l’agglomération constitue un pôle secondaire, puisqu’on y trouve un corridor d’innovations.

b. Une ville mondiale constamment repensée

Pour être à la hauteur d'une ville mondiale, Londres a commencé à se restructurer : les Docklands (ancien quartier des docks) sont les témoins de cette transformation de la capitale, dont le CBD s'est dédoublé. Canary Wharf, un nouveau quartier construit en 1981, a été restructuré en centre d'affaires et en quartiers résidentiels. Il abrite aujourd'hui les bureaux de plus de 700 firmes, plusieurs dizaines de milliers de logements de luxe, ainsi que d'importants équipements de loisirs.

Les Jeux Olympiques de 2012 se sont déroulés à Londres. Ses responsables ont mis en place les structures nécessaires à un événement d'une telle ampleur. Les JO ont permis de redessiner une partie de la carte de l'Est londonien.

Soucieux de réduire les déséquilibres socio-spatiales de la capitale, les responsables ont fait construire le City Airport, de nouvelles lignes de métro, ainsi qu'un site d'accueil dans l'est de la capitale, notamment dans le quartier de Stratford – longtemps extrêmement pauvre.

c. La City : un exemple de grandeur

En 2014, le quartier de la City jouit d’un rayonnement international grâce, notamment, à sa capacité d’adaptation. Elle a largement survécu au déclin de la puissance économique et commerciale qu’a connu la Grande-Bretagne au XXe siècle, lors de la disparition de son Empire.

Ainsi, Londres a su maintenir son rang de capitale mondiale, en partie grâce au dynamisme de ses services. C’est dans le quartier de la City que se concentrent aujourd’hui une part importante des services destinés aux entreprises.

Londres est l'une des premières places financières au monde et la première plate-forme financière européenne.

Exemple
La City comptabilise près de 20 % des prêts bancaires souscrits dans le monde, 50 % des transactions en actions, 30 % des transactions en devises et 40 % des patrimoines gérés en Europe par les fonds de pension.

Cette fonction se marque dans le territoire, à l'Est, par des tours et des gratte-ciel regroupés au sein de la City, le centre d'affaires de la capitale.

La City, Quartier des affaires de Londres ǀ © iStock - mbbirdy

La métropolisation s’accompagne donc d’une verticalisation des espaces : la skyline est le symbole de la puissance économique de la métropole.

Exemple
En 2009, débute la construction du bâtiment The Shard. Ce bâtiment de 306 mètres de hauteur est localisé dans la City et a été érigé pour montrer la puissance économique et financière du quartier.

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