Un savant du 16e siècle : André Vésale - Maxicours

Un savant du 16e siècle : André Vésale

André Vésale, savant anatomiste né à Bruxelles en 1514, annonce, par ses recherches et ses travaux dans le domaine de l’anatomie humaine, la connaissance de la science moderne. Cet humaniste remet en question et permet de faire progresser les connaissances scientifiques héritées de l’Antiquité. Malgré les obstacles rencontrés, son abnégation et son désir de vérité posent les bases de l’anatomie moderne.
1. André Vésale révolutionne la science de l'anatomie
a. L'anatomie avant Vésale
Toutes les sciences médicales et l’anatomie en particulier sont, avant la Renaissance, héritées de l’Antiquité. La médecine du 15e siècle est basée sur des travaux d’Hippocrate (5e siècle avant J.-C.) et surtout de Galien, médecin du 2e siècle après J.-C. Ils constituent les références sur lesquelles s’appuient les scientifiques au Moyen-Âge.

La médecine galénique est alors enseignée de manière dogmatique, c'est-à-dire comme une loi, dans toutes les universités occidentales et personne jusqu’au début du 16e siècle n’ose contester ces travaux considérés comme irréfutables. Les erreurs de Galien sont ainsi répétées car aucune expérience ne cherche à actualiser les connaissances.

Le médecin grec fonde ses théories sur la dissection des singes magots pour l’anatomie externe et des porcs pour l’anatomie interne car l’observation sur les corps humains est interdite par le droit romain. De ce fait, les connaissances demeurent approximatives. Galien fait ainsi du foie le centre de la circulation sanguine.
b. L'oeuvre scientifique et les objectifs de Vésale
André Vésale naît dans une famille de médecins. Il habite à proximité d’une colline où sont exposés des condamnés ayant été exécutés ce qui l’amène à voir de nombreux cadavres et squelettes. La structure du corps humain le fascine et il entreprend des études qui le conduisent à Paris où il s’installe en 1533. C’est dans cette université de Paris qu’il étudie les théories de Galien et que naît son intérêt pour l’anatomie. Il cherche à mettre en lumière le fonctionnement du corps humain, connaître le squelette et les muscles, le fonctionnement du réseau sanguin et du système nerveux.

Pour parvenir à cette connaissance, il souhaite développer la pratique d’une dissection approfondie. La pratique de la dissection est peu répandue au Moyen-Âge. L’Église, si elle ne l’interdit pas, souhaite la limiter à l’exploration des seuls viscères. Elle reste donc très superficielle. Il est par ailleurs très difficile de se procurer des corps ce qui rend le nombre de dissections pratiquées très insuffisant pour parfaire les connaissances.

Vésale va donc innover en menant des observations directes, non plus par les livres, mais grâce à une exploration minutieuse du corps. En 1539, sa réputation lui permet d’obtenir un approvisionnement régulier en corps. On met à sa disposition des cadavres de criminels exécutés.

Il publie à Bâle en 1543 un traité d’anatomie en sept volumes, De Humani Corporis Fabrica. La première édition n’ose pas contredire Galien, mais la seconde, publiée en 1555, met en évidence les erreurs du médecin grec, notamment sur le centre de la circulation sanguine.
Cet ouvrage peut être considéré comme le plus grand traité d’anatomie de l’époque et il devient dès lors la référence en matière de formation scientifique.
2. Un parcours digne d'un humaniste
André Vésale a certes un parcours exemplaire, celui d’un scientifique qui marque son époque, mais par son attitude et son caractère, il fait partie de ce cercle d’intellectuels qui donne naissance à l’humanisme.
a. Un intellectuel et un enseignement qui parcourent l'Europe
En 1528, André Vésale s’inscrit à l’université de Louvain où il apprend les arts. Cette formation est essentielle car il accorde autant d’importance à l’iconographie qu’au texte dans les ouvrages. Ainsi dans la Fabrica, son œuvre majeure, il confie l’illustration des planches à Le Titien, ce qui contribuera largement à la renommée du livre.

Il entame sa formation en médecine à partir de 1530 dans cette université, puis la poursuit à Paris où il obtient son doctorat en 1537. Il se rend ensuite en Italie, passe par Venise pour s’installer à Padoue, dans l’université la plus prestigieuse d’Europe. Il y enseigne l’anatomie et la chirurgie. Il prend à cœur cette fonction de pédagogue et s’attache à guider ses étudiants dans l’examen de la structure humaine. Il les emmène parfaire leur formation au chevet des malades et les incite à rédiger des fiches individuelles.

Sa renommée est telle qu’il est amené à fréquenter les cours royales. En 1543, Vésale devient le premier médecin personnel de l’empereur Charles Quint, il l’accompagne lors de ses voyages et ses campagnes. Il fréquente également la cour d’Espagne et, à la demande du roi Philippe II, il se rend au chevet du roi de France Henri II qui a été grièvement blessé lors d’un tournoi. Vésale a l’occasion d’y rencontrer le chirurgien du roi, Ambroise Paré. Ces deux médecins les plus célèbres de leur temps tenteront sans succès de sauver le roi.
b. Une curiosité et une volonté de surmonter les obstacles
C’est également l’attitude d’André Vésale face aux recherches qu’il entreprend qui font de lui une figure de l’humanisme. Tel Copernic à la même époque (l’œuvre de Copernic De Revolutionibus est publiée la même année que la Fabrica en 1543), il n’hésite pas à remettre en cause ce qui fait autorité. Cette position de contester les théories antiques lui attire les foudres des anatomistes parmi lesquels on compte certains de ses anciens professeurs. Sylvius le traite ainsi d’ « insensé » lorsqu’il publie la Fabrica. Il quitte par conséquent Padoue en 1546, écœuré par les critiques incessantes de certains irréductibles, et il s’installe à Bâle où il enseigne quelque temps.

Il doit aussi faire face au début de sa carrière à la position hostile de l’Église catholique pour qui la dissection approfondie est une menace. Explorer le cœur, le système nerveux risque en effet, selon elle, d’endommager l’âme et la dissection peut porter atteinte au Salut des défunts. Comme Copernic, André Vésale doit donc faire preuve d’obstination pour mener à bien son travail.

Finalement seul, la fin de sa vie contraste avec ce lumineux parcours puisqu’il meurt loin de ses amis, à l’occasion de son retour d’un voyage en Terre Sainte. Pris de fièvres, il fait escale sur l’île de Zante en mer Ionienne où il décède en octobre 1564.
L'essentiel
Figure de l’humanisme et précurseur de la science moderne, André Vésale parvient à ébranler les croyances anciennes héritées de l’Antiquité qui freinaient le progrès. Par sa ténacité, il parvient à imposer ses théories qui lui valent une renommée à l’échelle du continent européen.

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