Empreintes, références, héritages en Histoire - Maxicours

Empreintes, références, héritages en Histoire

Objectifs
  • Distinguer trois concepts proches et pourtant clairement distincts.
  • Rendre ces concepts opérants dans la compréhension de la leçon sur les empreintes, références et héritages des civilisations grecques et romaines.
Points clés
  • Il faut distinguer les empreintes, des références et des héritages.
  • L’héritage est à la fois subi et voulu. C’est pour cela qu’il peut être nié ou survalorisé.
  • Les empreintes sont des marques concrètes, ineffaçables, plus ou moins profondes.
  • Les références sont toujours volontaires et au service d’une volonté politique.
1. Héritage
Héritage : transmission immatérielle d’une histoire (construite, légendaire, romancée, embellie), de mythes et de systèmes de croyance (spiritualité), de valeurs (réelles ou imaginées), de coutumes (folklore).
L’héritage se reçoit des parents et donc des générations précédentes. Il peut donc être subi (et soit nié, soit accepté) ou voulu (réel, magnifié ou imaginaire).

La notion à interroger des deux côtés de la transmission :

  • Quelle est l’honnêteté des gens qui transmettent ? Transmettent-ils ce qu’on leur a transmis au nom de la tradition ? Crée-t-il un héritage nouveau ? Que décident-ils de transmettre à la fin ?
  • Quelle est l’honnêteté de celui qui reçoit ? Pour des raisons idéologiques, on peut fantasmer la réalité de son héritage. Un héritage s’accepte ou se refuse, mais il peut aussi en Histoire faire l’objet d’une filtration plus ou moins grossière
Exemple
L'héritage gaulois fait consensus, mais est en grande partie une construction fantasmatique destinée à effacer l’héritage mérovingien et carolingien, au profit d’un héritage non chrétien catholique dans le contexte anticlérical du XIXe siècle.

Certains héritages sont concrets et ne peuvent être niés. 

Exemple
L’héritage linguistique gréco-romain du Français.
2. Empreintes
Empreintes (traces) : Les empreintes, en Histoire, sont les marques laissées par des civilisations anciennes, des peuples pré-existants ou ayant occupé un territoire. L’empreinte laisse une marque, souvent complète, reproductible et unique. Elle est la marque du passé dans le présent.

C’est une idée plus forte que l’idée de « traces » car la trace se définit par ce qui manque. La trace existe en creux. Elle n’est jamais complète, elle est toujours diffuse, altérée, lacunaire et souvent symbolique. Sinon, ce n’est plus une trace.

Exemple
Une trace médiévale dans un immeuble parisien, c’est une poutre qui reste dans l’arrière-cour.
Une empreinte médiévale dans Paris, c’est un immeuble entier. Ce n’est donc pas un reste mais ce qui reste vivant du passé dans le présent. C’est du passé vif. Les arènes de Nîmes sont une empreinte concrète de la présence romaine.

L’empreinte peut aussi être culturelle ou symbolique : Charles de Gaulle a laissé son empreinte sur la politique européenne de la France.

Le français est empreint de culture gréco-latine. On ne prend pas, on reçoit. On ne peut vouloir ou créer une empreinte alors qu’on peut se créer un héritage plus ou moins réel.

Remarque
Le français est empreint de latin et de grec et a faits des emprunts à l’Italien à la Renaissance ou à l’Anglais depuis le XIXe siècle. Dans un cas, on reçoit, dans l’autre, on prend.

De fait, parler d’empreinte grecque en France relève presque du fantasme, d’une forme d’embellissement, de reconstruction, de projection fantasmatique. Mais ce n’est pas non plus une invention car les Grecs ont bien laissé leur empreinte localement.

Charlemagne peut s’inventer héritier des Romains mais il ne peut inventer une empreinte romaine dans sa généalogie.

L’héritage est plus une construction, une posture adoptée : la statue équestre de Charlemagne est un parfait exemple d’un héritage sciemment construit puisque le cheval de la statue équestre est récupéré d’une statuaire de Marc-Aurèle datant de l’époque romaine.

L’empreinte se laisse parfois involontairement. L’héritage est presque toujours une empreinte volontaire

Exemple
• Quand un soldat romain à la retraite construit une villa près de Nîmes et cultive la vigne et l’olivier, il laisse une empreinte dans le paysage, mais il ne le fait pas nécessairement avec la conscience de propager la culture romaine et un mode de vie méditerranéen spécifique.
• Quand les autorités locales décident de construire la maison carrée ou l’arène de Nîmes, elles le font aussi avec cette posture réflexive qui consiste à faire et à savoir qu’on fait.

L’héritage est la posture réflexive de l’empreinte. L’héritage transmis, c’est l’empreinte consciente et volontaire, voulue en tant que telle et à destination aussi bien des hommes du présent que de ceux du futur.

3. Références
Les références sont les marques culturelles d’une allusion à un événement, une civilisation, un territoire, une culture.
Exemple
Le chemin du Roy suivi par de Gaulle en 1967 au Québec est une référence à Louis XV et donc à l’époque où la France avait colonisé tout le nord-est de l’Amérique.
  • Une référence n’est jamais innocente : il s’agit de se placer dans la filiation de quelqu’un ou d’une civilisation.
  • Une référence est toujours intentionnelle : on fait rarement allusion à une culture ou un événement par mégarde. C’est donc un partage avec d’autres personnes comprenant cette référence.
  • Une référence est toujours intellectuelle : que ce soit une allusion ou un geste, la personne faisant une référence ne peut être comprise que par des personnes qui ont intériorisé et intellectualisé cette allusion.
Exemple
Quand de Gaulle dit au balcon de l’hôtel de ville de Montréal : « Je me sentais dans une atmosphère qui me rappelait la Libération », toute personne un tant soit peu cultivée comprend que de Gaulle fait allusion à la Libération de Paris. Même si c’est un discours, même si c’est à l’oral, tout Québécois présent entend dans la seconde la majuscule de Libération, et tout le monde comprend ce que cela signifie.

La référence est donc un rappel, un clin d’œil, un partage, un signe de reconnaissance qui concerne les personnes en mesure de la comprendre. Elle se veut à la fois héritage mais héritage dont la compréhension est limitée, restreinte, presque secrète.

Exemple
Ainsi, de Gaulle précède sa référence d’un trait d’humour, disant « Je vais vous dire un secret que vous ne répéterez à personne. »
La référence est donc à la fois cachée et dite. Elle est montrée et cachée. C’est une allusion.

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