La diffusion des sciences au 18e siècle - Maxicours

La diffusion des sciences au 18e siècle

Le continent européen connaît au 18e siècle un renouveau intellectuel et philosophique majeur. On entre dans un nouvel âge illuminé par la raison qui doit conduire au bonheur de l’humanité. Le 18e siècle est un âge de progrès scientifique. Les sciences, en se diffusant, doivent permettre le progrès des sociétés.
1. Une curiosité scientifique
a. Une soif de connaissances
Après un siècle et demi de grandes découvertes, une culture scientifique nait au 18e siècle. Le besoin de connaissances s’illustre par une importante production d’ouvrages de vulgarisation scientifique. Ces ouvrages se doivent d’être accessibles pour mettre à la portée de tous leurs contenus. On se doit, dans les salons mondains, de pouvoir en discuter, d’éveiller la curiosité et la connaissance de chacun. Même les hommes de lettres favorisent le goût pour les sciences et la diffusion de celles-ci. Montesquieu, Voltaire ou Diderot abordent ainsi dans leurs ouvrages de nombreux domaines scientifiques. Aussi l’œuvre de Montesquieu débute-t-elle par des mémoires Sur les causes de l’écho ou Sur l’usage des glandes rénales qu’il destine à l’Académie de Bordeaux.

Les nobles ou grands bourgeois aiment avoir chez eux un cabinet de physique ou de chimie, des collections de plantes, d’animaux ou de pierres. On constitue ce que l’on appelle un cabinet de curiosités, c’est-à-dire un lieu où l'on expose les objets collectionnés, des insectes, coquillages ou squelettes d’animaux et tout ce qui éveille un intérêt ou prête à discussion. On aime ainsi à tenir salon, à réunir des personnalités qui vont venir exposer, devant une assemblée invitée, leurs travaux et découvertes.
b. Les conditions de l'essor scientifique
Les ouvrages qui se multiplient, la tenue des salons où l’on discute permettent aux contenus scientifiques de se diffuser plus largement. Mais l’essor des sciences s’affirme grâce à des institutions prestigieuses qui vont leur donner une reconnaissance.

Les sciences trouvent tout d’abord leur place au Collège de France, puis de grandes universités telles que Bâle, Bologne ou Göttingen (Hanovre) leur donnent une réelle impulsion.
En mars 1783, Louis XVI décide de créer l'École des mines de Paris pour former les directeurs des mines du royaume. Cette école forme alors un personnel scientifique aux compétences très variées et pointues, chargé de gérer des problèmes de géophysique ou d’assurer la sécurité des personnels.
On assiste également durant le siècle à la multiplication des sociétés académiques grâce à l’appui des souverains. Celles-ci réunissent les élites de l’époque qui se rassemblent pour partager leurs connaissances. Chaque grande ville créé sa société : on assiste ainsi à la naissance de la société royale de Londres, à l’académie des sciences de Paris, de Berlin…
2. Des progrès sensibles dans de nombreux domaines
a. Mathématiques et astronomie
Les Français retrouvent dans le domaine des mathématiques une place prépondérante. D’Alembert (1717-1783) qui a dirigé l’Encyclopédie avec Denis Diderot jusqu’en 1757 est un mathématicien qui rédige en 1743 un Traité de dynamique exposant les lois de la statique et de la dynamique des liquides et de l’air.

A la suite de ces progrès des mathématiques, l’astronomie prend un essor vigoureux. Certains problèmes passionnent l’opinion, parmi lesquels la forme exacte du globe terrestre. L’Académie des sciences de Paris envoie en 1735 une double expédition en Laponie, près du Pôle Nord, ainsi qu’au Pérou, près de l’Équateur, afin de mesurer la longueur d’un degré de latitude. Elle permet de se rendre compte de la forme précise de la Terre et que celle-ci est aplatie aux pôles.
L’observation et la mesure bouleversent la vision du cosmos. Le Hanovrien William Herschel (1738-1822) découvre Uranus en 1781, étudie l’anneau de Saturne ainsi que de nombreuses nébuleuses qui font partie de la voie lactée. On commence à se rendre compte du degré infini de l’Univers.
b. La physique et la chimie
L’électricité passionne les savants du 18e siècle. L’Américain Benjamin Franklin (1706-1790) établit l’analogie entre l’étincelle électrique et la foudre. En 1752, à l’aide d’un cerf-volant muni d’une pointe de fer et relié au sol par un câble, il capte l’électricité d’un nuage. Ceci permet la construction du premier paratonnerre qui équipe en 1760 le phare de Plymouth.

Le Français Lavoisier donne à la chimie une orientation nouvelle. Ce fils d’un procureur au Parlement de Paris fait d’excellentes études qui lui permettent à vingt-cinq ans d’entrer à l’Académie des sciences. Il entame des travaux sur la combustion dès 1774 en calcinant de l’étain dans un vase clos, il remarque alors que la masse reste la même. En partant de là, il analyse l’air et isole le gaz qui se combine au métal : c’est l’oxygène, qu’il découvre à peu près en même temps que l’Américain Joseph Priestley.
c. Les sciences naturelles et la médecine
La connaissance de la nature progresse très rapidement et l’une des tâches à laquelle s’attellent les scientifiques est de procéder à une classification des espèces animales ou végétales. Le Français Georges-Louis Leclerc de Buffon (1707-1788) est le plus grand naturaliste de l’époque. L’Histoire naturelle, son œuvre majeure parue en 1749 mais dont il poursuit la rédaction jusqu’à sa mort, connaît un succès immense. À la fin de sa vie, il arrive à l’idée de transformation des espèces et même de sélection naturelle, théorie que reprendra Darwin.

Dans le domaine de la santé, le 18e siècle est encore touché de redoutables épidémies comme la peste en 1720 à Marseille, la variole après 1770 dans toute l’Europe. Contre ces fléaux, peu de remèdes, on limite le mal par des quarantaines, c'est-à-dire un isolement ou des cordons sanitaires. Cependant on assiste à des progrès en matière de traitement, on commence à se débarrasser de médicamentations fantaisistes et à la fin du 18e siècle, le médecin anglais Jenner procède à la première vaccination contre la variole.

En matière de chirurgie les méthodes s’affinent. Louis XV fonde en France l’Académie de Chirurgie en 1735 et certaines opérations délicates deviennent possibles : le chirurgien français Daviel (1696-1762) est le premier à opérer la cataracte par extraction du cristallin.
L'essentiel
Le 18e siècle préfigure l’âge de la science moderne. Les sciences connaissent un essor sans précédent grâce aux nombreuses publications de vulgarisation, aux salons ou encore aux très nombreuses sociétés académiques qui naissent dans les grandes villes. Tous les champs disciplinaires sont concernés et les progrès réalisés permettent progressivement à l’homme de mieux appréhender le monde dans lequel il vit.

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