Transhumanisme, post humanisme, IA - Maxicours

Transhumanisme, post humanisme, IA

Objectif
  • Comprendre la notion de transhumanisme et de post-humanisme.
  • Comprendre les objectifs et les critiques de ces mouvements.
Points clés
  • L’humanisme est un mouvement intellectuel qui a vu le jour à la Renaissance.
  • Le transhumanisme arrive au XXe siècle. Le but est d’améliorer les conditions humaines avec les progrès techniques.
  • Ce mouvement est cependant très critiqué.
Le transhumanisme est une idéologie qui propose aujourd’hui de dépasser les limites naturelles de l’humanité grâce aux nouvelles connaissances scientifiques et aux nouveaux moyens techniques. Débarrassés de la maladie, de la vieillesse et de la mort, les humains deviendraient alors autre chose : des post-humains.

Ce désir n’est pas nouveau. En effet, de nombreuses cultures évoquent dans leurs mythes le désir de devenir plus qu’humain ainsi que les dangers que cela représente.

Exemple : L’Épopée de Gilgamesh, vieille d’environ 4000 ans, raconte déjà la quête déçue d’immortalité d’un roi. Icare, un héros mythique de la Grèce antique, meurt d’avoir voulu trop approcher du soleil au moyen des ailes construites par son père, Dédale.

La littérature et le cinéma contemporains débordent de héros et d’héroïnes aux pouvoirs quasi divins.
La nouveauté, c’est plutôt que les progrès scientifiques et techniques récents font espérer, ou craindre, que ces mythes ne se réalisent d’une manière ou d’une autre. Un billet d’avion permet aujourd’hui de voler plus loin, plus longtemps et plus sûrement qu’Icare. Des maladies autrefois mortelles sont désormais bénignes.

N’en est-on pas arrivé au point où l’humanité pourrait réellement dépasser ses limites ?

1. Origine et contradiction de l’Humanisme

Aller au-delà de l’humanisme et de l’humanité suppose de les définir.

L’humanisme est un terme aujourd’hui vague employé dans de très nombreux sens. Historiquement, c’est lors de la Renaissance, au XVIe siècle, que l’Humanisme voit le jour en Europe. C’est un mouvement intellectuel qui poursuit deux buts complémentaires.
D’une part, il s’agit de renouer avec l’héritage philosophique et artistique de l’Antiquité.
D’autre part, il s’agit aussi de rejeter la perspective théologique (centrée sur Dieu) jugée dominante au Moyen- Âge.

Cela aboutit à l’idée plus générale de mettre l’humain au centre de nos préoccupations morales et intellectuelles. C’est pourquoi si Saint Augustin peut écrire La Cité de Dieu en 413, Rousseau écrit le Contrat Social en 1762.

Une contradiction se présente cependant assez vite. Les auteurs des Lumières, tout en traçant nos limites individuelles, intellectuelles et morales, insistent aussi sur le progrès potentiellement infini de l’espèce humaine.

Mais Rousseau, Condorcet ou Kant conçoivent ce progrès de façon morale et collective. Ils n’imaginent pas que certains individus humains dépassent leurs limites intellectuelles et physiques naturelles.
Ils espèrent que les sociétés dans leur ensemble deviendront meilleures, plus disposées à bien agir, dans les siècles à venir. Il est peu surprenant toutefois que dans ce cadre, l’idée de dépasser l’humain surgisse très vite.

Exemple :
Dans Ainsi Parlait Zarathoustra (1883), Nietzsche met en avant la notion de « surhomme » dans une perspective métaphysique. Une conséquence logique, mais scandaleuse, de cette notion trahit toutes les ambitions de l’humanisme. S’il y a des surhommes, il doit aussi y avoir des sous-hommes et l’idéologie nazie en fera même un de ces dogmes.
2. Dépasser l’Humanité ?

Le terme « transhumanisme » apparaît en 1957, dans les travaux d’un généticien anglais, Julian Huxley. Craignant les risques de surpopulation mondiale liés aux progrès de la médecine, Huxley avance qu’il est préférable d’améliorer la qualité des humains plutôt que leur quantité. Cela implique une forme d’eugénisme, c’est-à-dire un contrôle des naissances exercé par les pouvoirs publics.

Mais c’est dans les années 1980 que le terme « transhumanisme » acquiert son sens actuel : le projet d’améliorer la condition humaine grâce à des progrès techniques qui feraient disparaître le vieillissement et amélioreraient nos capacités intellectuelles, physiques et psychologiques.

Des avancées techniques étonnantes mais limitées donnent une certaine réalité à ce projet.

Exemples :
En 2014, une puce électronique implantée dans le cerveau d’un tétraplégique, Ian Burkhart, lui permet d'utiliser sa main.
Une technologie similaire permet aussi d’ouvrir une porte connectée « par la pensée ».

Ces exploits scientifiques et techniques restent bien éloignés des rêves d’immortalité et de jeunesse éternelle. Mais ils semblent ouvrir des possibilités vertigineuses : pourra-t-on un jour sauvegarder sa personnalité dans une machine ? Les recherches de l’immortalité et de l’intelligence artificielle sont alors liées. Elles constituent d’ailleurs un des buts explicites de l’entreprise Google.

Les critiques du mouvement transhumaniste ne manquent pas.
Tout d’abord, on peut remarquer que les réalisations concrètes du dépassement de l’humanité sont encore balbutiantes. Contrairement aux espoirs affichés par un militant du transhumanisme tel que Laurent Alexandre, médecin français qui a participé à la fondation du site Doctolib, il est peu probable que l’immortalité soit découverte d’ici quelques décennies.
D’autre part, en admettant que l’on parvienne à réaliser des progrès significatifs vers l’amélioration de l’humanité, qui pourra en bénéficier ? La post-humanité pourrait n’être que le privilège des plus favorisés.
Enfin, idéologiquement, le transhumanisme n’est-il pas une régression vers les infinis illusoires déjà dénoncés par l’humanisme des Lumières ? Une vie humaine infinie suppose des ressources infinies sur une planète finie. Il nous faudrait alors coloniser de nouvelles planètes. Or cela est aussi hautement improbable. 

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