Temporalité et narration dans Un roi sans divertissement - Cours de Français avec Maxicours - Lycée

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Temporalité et narration dans Un roi sans divertissement

Objectif : Etudier la temporalité et la narration qui sont traitées de manière particulièrement originale dans Un Roi sans divertissement.
1. Temporalité
La temporalité du roman est quelque peu chaotique et anarchique. Giono s'amuse à brouiller la structure temporelle de son roman en juxtaposant plusieurs époques : 1946 qui est le temps de l'écriture, les trois hivers successifs de 1843, 1844, 1845, et les autres dates plus ou moins exactes auxquelles renvoient les pièces du dossier de l'enquête.
La complexité de la temporalité du livre a pour conséquence de rendre la lecture d'Un roi sans divertissement assez ardue pour tout lecteur familier des romans traditionnels.

Le temps est ainsi sans cesse source de confusion d'autant plus que la reconstitution des faits ne s'ordonne pas dans le sens chronologique. La discontinuité et le brouillage temporels sont donc les principes mêmes de la structure narrative d' Un roi sans divertissement.
Par exemple, les toutes premières pièces du dossier de l'enquête appartiennent au présent de l'écriture, autrement dit 1946, alors que quelques pages plus loin, sont juxtaposées la description des victimes de l'assassin et la narration des hivers 1843 et 1844 ainsi qu'un épisode décrivant Delphine veuve qui se situe vingt ans après la mort de Langlois, puis lorsqu'elle est recrutée par Saucisse et fait ses débuts de jeune mariée. La narration aborde par la suite les épisodes de l'hiver 1845 mais cette fois-ci de manière chronologique.

2. Narration
a. Le narrateur-enquêteur
Le lecteur d' Un roi sans divertissement dispose de peu d'informations sur le personnage du narrateur-enquêteur. Le narrateur dit « je » comme les autres narrateurs des Chroniques romanesques. Ce narrateur enquête sur place et rapporte au lecteur toute une série d'épisodes évoqués par ses informateurs. Ainsi, il recueille les témoignages des villageois. Parfois il délègue la parole aux témoins ; Le plus souvent, son intervention se fond dans la masse des habitants sous la forme d'un « on » collectif, d'un « nous » ou de « nous autres ».
On sait également qu'il est l'ami de l'historien De Prébois et, à la différence de ce dernier, qui est un spécialiste de la grande histoire, il connaît quant à lui l'histoire du village de Trièves. Volontiers philosophe et moraliste, le narrateur s'intéresse aux âmes de ce village et semble être le maître du jeu. C'est lui qui organise le récit. Il lui arrive parfois de commenter les agissements et les pensées des protagonistes. L'identification du narrateur d' Un roi sans divertissementpose alors problème : est-ce l'auteur ou bien le narrateur ? En vérité, il s'agit plutôt d'un narrateur omniscient.
b. Le système narratif
Le système narratif repose avant tout sur la variation du point de vue qui est rendue possible grâce à l'alternance des pronoms personnels prenant en charge le récit. La narration d' Un roi sans divertissement complexifie ainsi l'histoire et met en doute les faits et gestes des personnages.
c. Les dialogues
Tout au long du récit, le narrateur-enquêteur d' Un roi sans divertissement entretient une relation intime avec le lecteur, autrement dit un dialogue privilégié. Celui-ci cherche sans cesse son approbation ou s'adresse très souvent à lui. Ainsi, par exemple, on trouve la phrase suivante : « La belle-mère de Raoul, tenez, c'est une Chazottes ».
Des dialogues de type traditionnel abondent également dans le récit et les conversations entre les personnages délivrent des informations capitales pour la suite de l'enquête.
L'essentiel

Un Roi sans divertissement est un roman dont la narration peut être très déconcertante pour l'amateur de romans policiers traditionnels puisque le lecteur doit démêler l'écheveau de l'histoire à partir d'épisodes juxtaposés appartenant à différentes époques que lui donne le narrateur-enquêteur dans un ordre anarchique.
Les différents points de vue constituent le principe fondateur du système narratif et mettent en doute la véracité des faits. Par ailleurs, le narrateur-enquêteur entretient un dialogue privilégié avec le lecteur.

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