Beaumarchais - Cours de Français Seconde avec Maxicours - Lycée

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Beaumarchais

Objectif : acquérir des connaissances sur un auteur clé du XVIIIe siècle ; situer cet auteur dans l’évolution littéraire liée à ce siècle, et essentiellement l’évolution du théâtre ; repérer quelques œuvres essentielles.
1. Un parcours singulier pour un auteur pas comme les autres

Modèle unique en son genre dans le vaste panorama des écrivains français, Beaumarchais a tout de l’aventurier qui fascine et surprend.
 

Doc. 1 : Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (1732 – 1799)
a. L’ascension sociale

Pierre-Augustin Caron (1732 – 1799), il hérite du métier d’horloger de son père et donc de la boutique familiale à Paris, rue Saint Denis. Il va développer un système perfectionné de mécanisme des montres et se faire repérer par le Roi : le voilà nommé horloger de la Cour !
Ce n’est que le début de son ascension sociale.

Il épouse en 1755 une riche veuve qui l’introduit dans la grande société et se retrouve très protégé par les filles de Louis XV grâce à ses talents de musicien et surtout d’amuseur un brin insolent.

Il s’achète une charge de secrétaire du roi et accède ainsi à la noblesse : on l’appellera désormais Monsieur de Beaumarchais.

b. Les missions « très » spéciales

Après deux mariages et deux veuvages, voici Beaumarchais obligé de se battre en justice pour obtenir un héritage de sa seconde femme très fortunée. La justice lui sera défavorable, et surtout le conseiller Goëzman, rapporteur de son affaire, qui restera une de ses cibles privilégiées tout au cours de sa carrière.

Ecarté de la Cour après ce procès défavorable, Beaumarchais doit se faire quelque peu oublier : le voilà alors chargé de missions secrètes à Londres puis en Allemagne. Il rencontrera notamment le fameux et énigmatique Chevalier d’Eon.

Sa disgrâce s’estompe et il revient vite à la vie politique en intervenant en Amérique où a éclaté l’insurrection des colonies anglaises. Il sortira de cet épisode politique avec quelques honneurs et une belle victoire d’un de ses navires, après l’entrée en guerre de la France. Il sera officiellement réhabilité par une décision du nouveau Parlement.

c. La carrière littéraire

Sa carrière littéraire commence par un genre plutôt sérieux : Eugénie (1767), mélodrame larmoyant, ne lui attire pas le succès. Et sa préface, Essai sur le genre dramatique sérieux, ne laisse rien présager de ses futures incursions dans la comédie étant donné le mépris qu’il témoigne à ce genre.  

Pourtant, entre deux missions spéciales à l’étranger, il fait jouer Le Barbier de Séville (1775) qui obtient très vite le succès. Il lui aura cependant fallu bien des re-manipulations : d’abord prévue pour être une « parade » jouée sur une scène privée, la pièce sera transformée en opéra-comique, mais refusée par les Italiens, puis sifflée à la première alors qu’on la présente une première fois en 5 actes ; elle remportera vraiment tous les suffrages en se contentant d’une action sur 4 actes.

Beaumarchais atteint le sommet de sa carrière avec Le Mariage de Figaro (1784) qui a dû, cette fois, triompher de bien des censures (dont celle de Louis XVI lui-même !) avant d’être représentée. Mais elle gagnera en force et en satire au fur et à mesure de ces contre-temps, pour finalement devenir l’emblème du souffle révolutionnaire qui gagne à cette époque la France.

Malheureusement, le succès s’arrête là pour l’auteur qui décide ensuite de revenir à ses premières amours : un opéra raté (Tarare, en 1787) et une suite au Barbier et au Mariage sous forme de drame, La Mère coupable (1792) sonnent le glas de son inspiration littéraire.

d. La Révolution

Bien que soucieux d’acquérir une situation sociale très confortable et de se frotter à la noblesse de sang après avoir acheté, lui, sa particule, Beaumarchais reste très critique à l’égard du Roi et des conflits d’intérêts qui sévissent à la Cour. Ses petites révoltes contre le pouvoir royal et ses représentants lui valent quelques emprisonnements. Et pourtant, il aura eu à cœur de servir son pays, même si cela se traduit par la négociation d’armes (comme en 1792) et se termine par un exil forcé en Hollande.

Ses écrits sont sans équivoque : les personnages sont ici représentatifs des remises en question alors en vogue. Il a œuvré pour faire publier les Œuvres complètes de Voltaire alors que ce dernier subissait la censure. Il est sans aucun doute du côté des philosophes des Lumières.
Il a à sa manière préparé la Révolution avec ses idées frondeuses et son insolence.

2. Le renouveau du théâtre

Beaumarchais a voulu remettre au goût du jour le comique banni du Théâtre-Français en lui insufflant l’esprit du XVIIIe siècle. Après une représentation du Barbier de Séville, certains disent déjà de lui que « le fils de Molière est trouvé ».

Ses premiers essais ne vont pas contribuer à promouvoir le drame ; en revanche, son talent pour la comédie ne fait pas de doute :
- l’intrigue fait rire à la manière des pièces de Plaute : surprises, rebondissements, situations improbables et travestissements ou mensonges provoquent autant de jeux de scène qui maintiennent le spectateur en haleine ;
- les personnages amusent par leurs caractères grotesques, se retrouvent dans des situations insensées d’où rien, excepté l’artifice parfois trop voyant du dramaturge, ne semble pouvoir les tirer ;
- les plus nobles, les plus puissants, les plus influents sont raillés par des serviteurs rusés et moqueurs ; chacun est doté de sa parure (le comte est graveleux, Figaro est insolent et gouailleur, les femmes sont souvent très avisées, voire plus que les hommes…).

Le maître mot de ces comédies est l’action : les situations rocambolesques se succèdent en laissant à peine au spectateur (et au personnage) le temps de reprendre son souffle ; on court beaucoup sur scène, on réplique vite et bien.

3. Des œuvres incontournables et des personnages devenus des types

Les deux pièces maîtresses de Beaumarchais sont Le Barbier de Séville et Le Mariage de Figaro.

a. Le Barbier de Séville

Le Comte Almaviva est épris de Rosine, retenue par son tuteur, le vieux et bougon Bartholo. Il projette de l’épouser mais celle-ci succombe à Almaviva, devenu Lindor pour elle afin d’éprouver son amour et de savoir si elle peut s’attacher à lui sans son titre de noblesse.
Le jeune Comte retrouve par hasard Figaro, son ancien serviteur, devenu entre temps homme de Lettres déchu puis barbier.

Doc. 2 : Le personnage du Barbier de Seville

Ils vont tous deux collaborer pour séduire Rosine, et Figaro ici surpasse de loin son maître : il invente plusieurs stratagèmes, utilise des déguisements, réussit à correspondre avec la jeune captive, déjoue la surveillance de Bartholo et parvient à marier les deux jeunes amants. Il parvient par là-même à ridiculiser les puissants, les riches, les maîtres.

b. Le Mariage de Figaro

Dans la suite, la jeune épousée se retrouve dédaignée : le Comte redevient le volage qu’il était et cherche à rétablir officieusement le droit de cuissage sur la jolie fiancée de Figaro : Suzanne. Le jeune Chérubin endosse à son tour le rôle de jeune premier, mais dans une version très romantique et pastorale.

Figaro va se retrouver affublé de parents : Marceline (qu’il a pourtant failli épouser !) puis Bartholo lui-même ! On retrouve ici les dénouements moliéresques où chacun retrouve son engeance. L’héritage de Molière est d’ailleurs perceptible, dès le début de la pièce, lorsque le fauteuil vide (qui n’est pas sans rappeler celui du Malade imaginaire) occupe la scène avec majesté.

Là aussi, les situations sont plus rocambolesques les unes que les autres, jusqu’à faire cohabiter plusieurs personnages autour d’un seul et même fauteuil supposé les cacher des visiteurs inopportuns.

Tout l’art de Figaro s’exerce à nouveau à déjouer les plans du Comte cette fois, mais Suzanne s’y entend bien mieux que lui et c’est un véritable souffle de modernité qui passe sur cette distribution : la femme, de surcroît une servante, réussit à déjouer les manigances d’Almaviva et à racommoder les couples en péril.

En cela, Figaro et Suzanne marquent de leur empreinte le XVIIIe siècle et les comédies à venir. Ils dominent par le verbe, ils dominent par l’action : seul le rang social demeure un obstacle à leur totale liberté. Et l’ineptie en est donc ici toute démontrée.

L'essentiel

Beaumarchais a eu une vie riche et diversifiée qui lui a donné une assise évidente dans le monde dans lequel il évoluait. De ce fait, ses comédies se font l’écho d’un monde en évolution, même en ébullition, où les pouvoirs ne demandent qu’à être renversés. Mais au-delà du clivage maîtres / valets qui se dessine déjà depuis Molière (il suffit de se rappeler l’aplomb de Scapin face à ses maîtres !), les relations hommes / femmes sont aussi en train de changer et les tendances s’inversent.

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