Les effets des institutions sur le chômage structurel - Maxicours

Les effets des institutions sur le chômage structurel

Objectif

Comprendre les effets positifs et négatifs des institutions sur le chômage structurel.

Points clés
  • Le salariat est un mode d'organisation du travail qui repose sur la fourniture d'une prestation par une personne, contre rémunération et sous lien de subordination juridique avec un employeur.
  • Les partenaires sociaux représentent l'ensemble des syndicats patronaux et de salariés.
  • Le salaire minimum (Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance) est fixé par l’État et implique qu’aucun salaire ne peut être proposé en deçà de lui. Il est un prix plancher pour les économistes.
Pour bien comprendre
  • Selon les classiques, le salaire doit être fixé par confrontation de l’offre et de la demande.
  • La protection sociale correspond aux systèmes d’assurance et d’assistance pour protéger la population des risques sociaux (chômage, maladie, vieillesse, etc.).
  • Le revenu est la rémunération des travailleurs pour leur participation au système productif.
1. Les effets positifs de l'institutionnalisation du marché du travail
a. L’encadrement du marché du travail

Le marché du travail est encadré par des règles et des contraintes légales. Le contrat de travail engage l'employeur et le salarié, qui effectue un travail au profit du chef d'entreprise en échange d'une rémunération. C'est donc une relation marchande entre personnes fondée sur un lien de subordination.

La salarisation croissante de la population est à l’origine du contrat de travail.

Le salariat est un mode d'organisation du travail qui repose sur la fourniture d'une prestation par une personne, contre rémunération et sous lien de subordination juridique avec un employeur.

Les salariés ont progressivement obtenu des droits leur permettant d'accéder à la propriété social par le mécanisme assurantiel.

Les partenaires sociaux représentent l'ensemble des syndicats patronaux et de salariés. Ils permettent le dialogue social, c'est-à-dire une discussion entre les différents acteurs de l'entreprise et l'État, afin de gérer pacifiquement les conflits.

Ces partenaires sociaux ont permis le développement :

  • du droit du travail ;
  • de la protection sociale ;
  • des conventions collectives.
Une conventions collective est un accord signé entre les partenaires sociaux d'une branche d'activité et concerne principalement l'évolution des salaires et les conditions de travail.

Les conventions collectives sont issues d'un rapport de force et d'un compromis dans la négociation collective : elles fixent les conditions minimales de rémunérations et organisent les grilles de qualification et de salaires. Ces négociations collectives sont influencées par l'État et la loi et ne peuvent qu'améliorer la situation des salariés par rapport à la situation minimale prévue par la loi.

Exemple : Une convention collective ne peut pas aboutir à un accord sur un salaire minimum inférieur au salaire minimum national (le SMIC), même si toutes les parties sont d'accord.
b. Le rôle de l’État

L'État a un pouvoir de contrainte qui s'applique à tous les partenaires sociaux et peut obliger les parties à négocier collectivement des accords. Il intervient ainsi sur les négociations salariales.

L'État est à l'origine de l'élaboration d'une partie du droit du travail. Il peut être inclus dans le dialogue social (on parle alors de dialogue social tripartite), et fixe les formes de la négociation. Donc l’État, les organisations syndicales et les partenaires sociaux interviennent dans les négociations salariales.

Ils définissent des normes d’emploi :

  • fixation d’un salaire minimum ;
  • obligation d’un contrat de travail ;
  • mise en place de convention collective.

Il y a une institutionnalisation de la relation salariale, montrant que la formation du salaire ne dépend pas seulement de mécanismes marchands.

Le salaire minimum légal correspond à un niveau de salaire en deçà duquel un employeur ne peut rémunérer un salarié. Il est fixé par l'État.

En France, il a été instauré en 1950, et est réévalué tous les ans, notamment pour tenir compte de l'inflation.

L'État intervient aussi dans la définition de la durée légale du travail (en France, 35h par semaine depuis 2000), et dans la définition des types de contrat de travail.

Ainsi, l'institutionnalisation de l’État apparait comme positive, car elle offre de meilleures conditions de travail et de vie aux salariés et permet des négociations.

2. Les effets négatifs de l'institutionnalisation du marché du travail

La marché du travail atteint un équilibre sur le long terme, s'il est en situation de concurrence pure et parfaite. Le travail est considéré comme une marchandise homogène.

Le chômage peut alors prendre deux formes :

  • un dysfonctionnement temporaire qui est le chômage frictionnel, soit le temps de l'ajustement entre l'offre et la demande de travail pour que salaire (qui est le prix du travail) s'ajuste pour atteindre une quantité d’équilibre ;
  • un chômage persistant volontaire, car les individus refusent de voir à la baisse leurs prétentions salariales et n'acceptent pas le salaire du marché. Les entreprises, quant à elles, ne peuvent augmenter le salaire, car sinon leurs couts de production augmenteraient et il ne serait plus rentable de produire.

Pour les néoclassiques, la rigidité des salaires imposée par l'État sous la forme d'un salaire minimal, ou par les syndicats qui refusent une baisse de salaire, est la cause du chômage structurel.

En effet, ces rigidités ne permettent pas de réaliser des ajustements du salaire à la baisse si nécessaire :

  • à cause de la concurrence étrangère ;
  • si le cout des matières premières augmente ;
  • s'il y a une augmentation de l'offre de travail telle que le nouveau salaire d'équilibre devrait se situer sous le niveau du salaire minimal.

Dans ce cas, il existe :

  • un coût du travail trop élevé qui désincite les entreprises à investir et à embaucher car la rentabilité est insuffisante ;
  • une impossibilité pour les chômeurs qui le souhaitent de proposer leur force de travail à un prix inférieur à celui du marché.

De ce fait, le SMIC crée une situation d'excédent d'offre de travail, car le salaire minimum est supérieur au salaire d’équilibre.

Représentation des effets de l'institutionnalisation sur le marché du travail

Dans le cas d'un marché en concurrence pure et parfaite, la rencontre de l'offre et de la demande de travail amène à échanger une quantité d'équilibre q∗ de travail à un prix (le salaire) w∗.

Cependant, si l'État impose un salaire minimum supérieur à w∗, l'offre de travail des ménages augmente (Qo), car il est plus intéressant de travailler. La demande de travail de la part des entreprises diminue (Qd) car le travail devient plus cher et il est moins intéressant d'embaucher. La différence entre Qo et Qd est un chômage involontaire et durable causé par l'établissement d'un salaire minimum, le prix plancher (le SMIC). Ainsi l’institutionnalisation du marché du travail présente des rigidités pouvant être à l’origine du chômage.

 

 

En conclusion, les institutions sur le marché du travail ont des effets positifs comme la protection des salariés et négatifs comme les rigidités du travail qui sont à l’origine du chômage structurel.

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