La Russie en 1917 - Maxicours

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La Russie en 1917

1. La fragilité de la Russie tsariste révélée par la guerre
a. Le tsarisme n'évolue pas, dans une Russie qui change
Le tsar Nicolas II Romanov (1894-1918) est l'héritier d'une longue tradition absolutiste selon laquelle le pouvoir royal est d'origine divine, donc incontestable. Le tsar gouverne seul depuis Petrograd (aujourd'hui Saint-Pétersbourg) et la noblesse et le clergé orthodoxe sont là pour le servir.
Malgré les alertes comme les assassinats politiques (Alexandre III en 1881, le ministre Stolypine en 1911), et la révolution de 1905, le tsarisme se révèle incapable d'évoluer. La Douma (assemblée consultative) mise en place en 1905 s'avère n'être qu'un leurre : le tsar n'entend pas partager son pouvoir et conserve le droit de gouverner par oukases (décrets) sans la consulter.
Le pays évolue pourtant. A côté de la noblesse traditionnelle (et parfois avec elle) se développe une bourgeoisie d'affaire liée à l'essor industriel et commercial que connaît la Russie, en particulier dans l'Ouest (Russie d'Europe, Ukraine, Pologne). Le monde russe est toujours majoritairement rural et centré sur la communauté paysanne, le Mir, même si les moujiks (les paysans) n'ont plus l'obligation d'y appartenir depuis 1911. Les paysans, libres depuis 1861, manquent de terres. Cela peut entraîner la naissance de mouvements politiques (populistes de la fin du XIXe siècle). La Russie s'urbanise cependant et voit la naissance d'un monde ouvrier parfois actif politiquement.
b. Une guerre dévastatrice
La guerre de 1914-1918, mal menée par des généraux peu adaptés aux nouvelles conditions de guerre, est mal vécue au front par les soldats qui doivent résister héroïquement aux offensives allemandes et autrichiennes. Les populations civiles urbaines connaissent aussi d'importants problèmes de ravitaillement et souffrent particulièrement durant l'hiver. Les carences du pays apparaissent alors, et le tsar, en prenant seul la tête des armées en août 1915, engage alors sa responsabilité directe dans les erreurs de stratégie et les difficultés russes. L'assassinat de l'aventurier Raspoutine qui dominait la cour impériale en décembre 1916 montre qu'une partie de la noblesse et de la haute bourgeoisie souhaite faire évoluer la situation.
Mais cet assassinat prouve aussi que l'impératrice, d'origine allemande, est mal entourée : elle protégeait Raspoutine.
2. L'effondrement du tsarisme
a. La révolution de février 1917
La population affamée des villes manifeste son mécontentement à partir du 23 février 1917 à Petrograd. Le 25, éclate une grève ouvrière générale. La seule réponse du tsar est la violence : les troupes tirent sur la foule le 26 février. Mais une partie des troupes se joint aux manifestants et aux grévistes.
La Douma refuse alors l'injonction du tsar de se séparer et met en place un Comité provisoire tandis qu'est constitué un Soviet (conseil) des ouvriers et soldats. Des soviets naissent alors un peu partout.
Enfin le 2 mars 1917, est mis en place un gouvernement provisoire confié au prince Lvov. Nicolas II abdique le 3 mars. Le régime tsariste n'existe plus, mais à sa place coexistent deux pouvoirs : le gouvernement provisoire qui est composé de bourgeois favorables à la démocratie de type occidentale et le Soviet de Petrograd, plus révolutionnaire.
b. Le coup d'Etat bolchevique ou la « révolution d'Octobre »
Les problèmes ne sont cependant pas réglés par le gouvernement provisoire et le Soviet. Les libéraux au pouvoir souhaitent maintenir leurs engagements avec les puissances de la Triple-Entente et continuent la guerre. Au front, les soldats refusent de plus en plus d'obéir aux officiers et écoutent de façon croissante les bolcheviks.
Les changements apportés sont avant tout politiques. Mais les revendications économiques d'une partie de la population ne sont pas prises en compte.

De nombreuses oppositions naissent alors : les tsaristes qui n'acceptent pas la fin de l'ancien régime russe, les socialistes-révolutionnaires et les Mencheviks, majoritaires au Soviet de Petrograd et les bolcheviks dont les chefs comme Lénine rentrent alors d'exil.

Lénine lance début avril ses Thèses destinées à toucher le plus large public et à augmenter l'audience de son parti. Elles se résument autour du slogan « terre aux paysans, usines aux ouvriers, paix immédiate ». Le gouvernement provisoire quant à lui connaît une instabilité importante (Lvov, puis Milioukov, et enfin Kerenski) et ses opposants agissent : les bolcheviks lancent une première offensive – manquée – en juillet et les royalistes en août (putsch Kornilov).
Dans les campagnes, l'agitation s'amplifie et les paysans s'emparent des terres, sans attendre une réforme agraire qui n'est pas une priorité pour le gouvernement.
Les bolcheviks noyautent alors les soviets et organisent méthodiquement leur insurrection. Le 25 octobre dans la nuit, ils s'emparent des moyens de communication (poste) et des ministères, alors que le croiseur Aurore tire sur le palais d'Hiver. Kerenski s'enfuit, un Conseil des commissaires du peuple est mis en place, dirigé par Lénine.
Les bolcheviks ont pris le pouvoir.

L'essentiel

En 1917, après trois années de guerre, la Russie tsariste est déstabilisée par les échecs militaires, les difficultés de ravitaillement et l'agitation politique. L'autocratie tsariste dirigée par Nicolas II depuis 1894 est incapable de se réformer. Du reste, le tsar ne souhaite pas les réformes.
Deux « révolutions » se succèdent en février et octobre 1917, qui mettent en place deux régimes différents : une République libérale et bourgeoise, puis un Etat socialiste dirigé par Lénine et les bolcheviks.

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