La mise en place de nouveaux rapports de force internationaux - Cours d'Histoire Terminale pro avec Maxicours

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La mise en place de nouveaux rapports de force internationaux

1. La décadence de l'Europe
a. L'accélération d'un déclin antérieur
La Seconde Guerre mondiale accélère le déclin européen qui a débuté avec la Première Guerre mondiale. La plupart des pays européens, hormis les rares à avoir conservé leur neutralité et à s'être tenus à l'écart des hostilités, sont ruinés économiquement et politiquement.
Les dégâts sont infiniment plus vastes que ceux subis lors du premier conflit mondial. On compte en effet des dégâts indirects, à savoir les conséquences de l'interruption des principaux échanges commerciaux intra-européens durant le conflit ou celles des prélèvements effectués par les Allemands sur les territoires occupés par eux. Ainsi, le Royaume-Uni était, avant-guerre, le premier partenaire industriel, financier et commercial de la France. Or, les échanges traditionnels ont été interrompus pendant toute la durée du conflit. Et au retour à la paix, la destruction d'une grande partie du tissu industriel français ainsi que l'endettement britannique sont autant de facteurs rendant impossible le retour à la situation antérieure.
Si les Britanniques ont bénéficié de l'aide américaine, cette aide n'a pas été totalement gratuite : la loi-prêt bail a incontestablement et considérablement soutenu l'effort de guerre britannique, mais les conditions de cette loi spécifiaient néanmoins que l'aide militaire des Etats-Unis ne pouvait être acquise qu'avec une contre-partie financière et commerciale. Au moment du retour à la paix, et avant que ne se mette en place le plan Marshall, les pays européens doivent se tourner vers les Etats-Unis pour obtenir des prêts bilatéraux afin d'acquérir auprès de ces mêmes Etats-Unis les denrées indispensables à l'alimentation de leur population. Ces prêts ne sont accordés que dans le cadre de concessions commerciales et financières européennes. On songe notamment aux accords Blum-Byrnes de 1946 qui octroient aux productions cinématographiques américaines une large exemption douanière.
b. Les contestations d'une domination pluriséculaire
L'Europe a – depuis l'époque moderne – dominé le monde, à la fois économiquement, politiquement et idéologiquement. Avec la Seconde Guerre mondiale, on assiste à la fin de l'hégémonie européenne. En effet, si le Royaume-Uni ou la France (quoique plus difficilement) voient leur rôle de premier plan reconnu dans les nouvelles instances internationales qui se mettent en place, leur domination coloniale est de plus en plus contestée. Ainsi, en prônant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes (dans un contexte qui était celui de la domination nazie en Europe), la Charte de l'Atlantique, puis après la défaite des forces de l'Axe, la Charte des Nations-Unies, ouvrent la voie à un mouvement de contestation irréversible.
En outre, sur le plan des valeurs de civilisation, l'Europe, depuis les atrocités de la guerre d'Espagne jusqu'à la libération des camps de concentration et d'extermination, montre au monde le pire des visages de la barbarie. A l'inverse, les Etats-Unis d'une part, l'Union soviétique d'autre part, proposent des valeurs certes antagonistes mais ayant en commun leur prétention à l'universalité.
2. Affirmation et émergence de deux superpuissances
a. L'affirmation de la suprématie américaine
La Seconde Guerre mondiale consacre incontestablement la suprématie américaine, déjà esquissée après le premier conflit mondial. Principaux fournisseurs des différentes armées alliées du monde, véritable arsenal des forces unies contre l'Axe, les Etats-Unis voient leur potentiel industriel doubler durant le conflit.
Encore faut-il ajouter que le tissu industriel des pays européens (Royaume-Uni, Allemagne, France tout particulièrement) est en grande partie hors d'usage. Or ces trois pays étaient, avant-guerre, les deuxième, troisième et quatrième puissances industrielles mondiales. Les Etats-Unis sont également créanciers du monde et leur monnaie devient, après les accords de Bretton Woods, la monnaie de référence internationale, fondée sur l'or dont ils détiennent les trois-quarts du stock mondial (contre 50 % au lendemain de la Première Guerre mondiale).
Outre cette puissance économique considérable, les Etats-Unis possèdent également une prééminence militaire sans équivalent. En effet, la détention de l'arme atomique va rester leur exclusivité jusqu'en 1949. Durant ces cinq années, ils sont ainsi la seule puissance à posséder une capacité de destruction absolue. Mais dans le domaine conventionnel, ils disposent aussi d'une nette avance, tout particulièrement dans la maîtrise aérienne (ce qui leur permet, lors du blocus de Berlin de mettre en place un pont aérien pour ravitailler la partie occidentale de la ville).
b. En Europe : l'émergence de l'Union soviétique
La situation de l'Union soviétique n'est pas moins avantageuse, quoique très différente. Certes elle a subi des dommages énormes et enregistré des pertes sans comparaison (20 millions de morts). Mais les nécessités de faire face aux besoins du conflit ont permis à l'Union soviétique de se doter d'un appareil industriel performant : les transferts d'usines vers la partie du pays moins exposée aux attaques allemandes, le développement de nouvelles zones de productions, l'exploitation de gisements de matières premières situés dans la partie orientale du pays, sont autant d'atouts pour un régime qui mise, depuis les premiers plans quinquennaux, sur le développement de l'industrie lourde.

Par ailleurs, l'Union soviétique bénéficie d'un prestige considérable, égalé seulement par celui des Etats-Unis. La résistance de sa population et de son armée face à l'invasion allemande, ainsi que la participation des communistes aux divers mouvements de résistance dans les différents pays européens, font oublier le pacte germano-soviétique d'août 1939 et le partage de la Pologne de concert avec l'Allemagne nazie. Ainsi, le système soviétique a acquis, grâce au conflit, une image positive, tout particulièrement en Europe occidentale auprès des ouvriers mais aussi de nombreux cadres ou intellectuels.

Autre élément de puissance : la domination d'une partie de l'Europe centrale et orientale. La plus grande partie de l'espace européen central et oriental a été libéré par les forces de l'Armée rouge. Celles-ci ne se sont pas retirées au moment de la reddition allemande. Et si lors des conférences de Yalta et de Postdam, l'Union soviétique prétend vouloir garantir le retour à la démocratie dans ces pays, cette affirmation est vivement démentie par les faits dans les années suivantes.

L'essentiel

La Seconde Guerre mondiale marque un tournant dans l'histoire mondiale. Elle consacre en effet le déclin de l'espace qui dominait le monde depuis l'époque moderne : l'Europe. Elle constitue également un virage avec l'apparition d'une nouvelle donne dans les rapports internationaux. Deux superpuissances dont la confrontation va, pendant le demi-siècle suivant, être la caractéristique majeure de l'histoire mondiale se mettent alors en place.

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