La restauration de la démocratie - Cours d'Histoire Terminale pro avec Maxicours

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La restauration de la démocratie

1. Un pouvoir temporaire né de la Résistance
a. Le retour du pouvoir à Paris
L'insurrection parisienne, à partir du 19 août 1944, constitue un tournant dans la libération du territoire national. Symboliquement, la Résistance entend que Paris se libère seule du joug nazi. Pour De Gaulle, c'est aussi une façon d'établir la légitimité du pouvoir qu'il représente face à ses interlocuteurs anglo-saxons. Dès le 25 août, il rentre à Paris où les forces allemandes viennent de se rendre. Le GPRF (Gouvernement Provisoire de la République Française) s'installe à Paris où il s'élargit le 9 septembre avec l'incorporation d'éléments venus de la Résistance intérieure. C'est de Paris que le GPRF met en place un réseau de commandement administratif dans les départements avec les commissaires de la République et les comités départementaux de Libération.
Aux premiers sont dévolues les tâches habituellement assurées par les préfets, aux seconds le soin d'assister les commissaires de la République et de leur donner la légitimité populaire et résistante.
b. Le retour à la vie démocratique
Le retour à la démocratie s'accompagne d'une rupture avec les organes vichyssois. Ainsi, la Charte du travail est abolie et les corporations dissoutes au profit des syndicats rétablis. Ceux-ci profitent de la nouvelle donne sociale qu'entend mettre sur pied le GPRF, avec l'instauration d'une véritable démocratie sociale (organismes sociaux paritaires).
Ainsi, la CGT, dont le rôle au sein de la Résistance fut considérable, annonce bien vite qu'elle compte 5 millions d'adhérents et la CFTC (Confédération Française des Travailleurs Chrétiens) distribue plus de 700 000 cartes d'adhésion durant l'année 1945.
Les conseils municipaux, qui constituent un autre organe vichyssois, sont également dissous. En effet, avec Vichy, les maires n'étaient plus élus par les électeurs mais désignés par Vichy. Aussi, le GPRF décide-t-il d'organiser pour avril-mai 1945 des élections municipales. Même si l'Allemagne n'avait pas encore capitulé et que les prisonniers de guerre n'étaient pas encore tous rentrés, c'était une façon de renouer avec la pratique d'un suffrage désormais véritablement universel. En effet, ce scrutin municipal devait être la première occasion pour les femmes françaises d'exercer leur tout nouveau droit de vote, obtenu en avril 1944.
2. La question de l'épuration
a. Une épuration spontanée
Dans le feu de la Libération, on assiste à une épuration spontanée, parfois même sauvage. Dans un pays où les difficultés de circulation et de communication sont considérables, en raison de la destruction des infrastructures mais aussi parce que des combats se déroulent encore sur le territoire jusqu'à l'hiver 1945, cette épuration spontanée s'explique aisément. L'humiliation, les tensions et les rancœurs ressortent brutalement avec le départ des forces allemandes. Ici ou là, on épure celui que l'on soupçonne d'avoir collaboré, ailleurs, on tond et expose les femmes accusées de relations coupables avec l'ennemi, ou l'on va abat sommairement celui qui a dénoncé des résistants.
Il est difficile de faire un bilan de cette épuration spontanée. On estime toutefois à plusieurs centaines de milliers le nombre d'incarcérations provisoires et à entre 10 000 et 40 000 le nombre des condamnations sommaires. Ces chiffres imprécis mais considérables justifient la mise en place d'une épuration légale.
b. L'épuration légale
La question de l'épuration et du jugement des collaborateurs s'est en fait posée à la Résistance dès lors que cette dernière était unifiée et qu'elle entendait se poser en pouvoir de substitution à Vichy. Dès 1943, lorsque De Gaulle se fixe à Alger, les organes dirigeants de la Résistance épurent l'Afrique du Nord des Vichyssois sur des bases légales, exemplaires de ce que la Résistance entend faire en France métropolitaine. Sitôt le pouvoir républicain provisoire établi à Paris, les dirigeants du GPRF mettent en place dans chaque département des chambres civiques destinées à juger des faits de collaboration. Pouvant prononcer des peines de prison et d'indignité nationale, ces chambres civiques peuvent également ordonner des peines de mort. On estime là encore à plusieurs dizaines de milliers le nombre de personnes traduites devant ces chambres civiques.
4 783 condamnations à mort furent prononcées, dont seulement 786 furent finalement exécutées. Le GPRF mit également en place une Haute Cour de justice, composée de 3 magistrats professionnels et de 24 jurés tirés au sort parmi 100 résistants. Chargée de juger les membres et hauts-fonctionnaires du gouvernement de Vichy, elle eut à juger notamment Pétain et Laval. Tous deux furent condamnés à mort mais la peine de Pétain fut commuée en réclusion à perpétuité.

 

L'essentiel

La Libération représente, pour les Français, le retour à la liberté dont ils étaient privés depuis 1940. Mais se joue aussi une question tout aussi essentielle : celle du retour à la démocratie, avec l'instauration du suffrage universel féminin mais aussi avec la mise en place d'une épuration légale destinée à juguler les excès de l'épuration spontanée.

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