La constitution des empires coloniaux - Cours d'Histoire avec Maxicours

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La constitution des empires coloniaux

1. La construction et la mise en valeur d'immenses empires
a. Un monde presque entièrement partagé avant 1914
A partir de 1875, une seconde vague de colonisation submerge l'Afrique et l'Asie. La conjoncture économique maussade pousse les économies européennes à trouver des débouchés pour leurs produits et leurs capitaux, et des matières premières à faible coût. Les colonies permettent aussi l'installation de colons européens (parfois des forçats comme en Nouvelle-Calédonie ou en Australie).

Les causes politiques et militaires ne sont pas moins importantes. Dans le cas de la France par exemple, la volonté de revanche contre l'Allemagne après 1870 se tourne vers les rivages africains et asiatiques (1881-1885 : Vietnam, 1895 : Madagascar). En 1900, elle possède un Empire de 10 millions de km2 qui s'étend essentiellement en Afrique de l'Ouest et dans la péninsule indochinoise.

La Grande-Bretagne contrôle quant à elle un Empire en progression constante depuis le XVIe siècle. A la fin du XIXe siècle, « le soleil ne se couche jamais » sur cet Empire de 33 millions de km2, qui s'étend sur tous les continents (Canada, Afrique du Cap au Caire, les Indes qui en sont « la perle », l'Australie).

De nouveaux impérialismes apparaissent aussi à la fin du XIXe siècle, comme ceux du Japon, des Etats-Unis et de l'Allemagne ou encore de la Russie vers l'immense Sibérie et en Asie centrale. Cela entraîne des querelles, résolues par des conférences de conciliation, comme celle de Berlin, en 1890, dont le but est de partager les zones d'influences en Afrique.
b. Une oeuvre « civilisatrice »
Les terres colonisées sont mises en valeur et leur exploitation est rationalisée.
Deux types d'administration se mettent en place : du côté anglais, l'« indirect rule » consiste à maintenir une présence symbolique tout en s'appuyant sur des notables locaux (rajahs en Inde par exemple). De même, les colonies anglaises de peuplement reçoivent au tournant du siècle le statut de « dominions » c'est-à-dire une autonomie administrative importante. En 1931, la création du Commonwealth rend possible l'évolution progressive de ces régions vers l'indépendance, tout en permettant à la Grande-Bretagne de conserver des relations commerciales privilégiées.

Le modèle français quant à lui est plutôt celui de l'administration directe, avec tentative d'assimilation des colonisés autour des valeurs humanistes de la Révolution. Mais il existe aussi des protectorats, comme le Maroc ou la Tunisie.
La présence européenne se fait aussi sentir dans des pays théoriquement indépendants comme l'Empire ottoman ou la Chine, mais dont le commerce et le développement technique sont étroitement tributaires des entrepreneurs européens. Dans ce cas, il s'agit d'un impérialisme européen.

Cette présence européenne est aussi justifiée par l'œuvre morale accomplie : dans les provinces coloniales de la République française par exemple, les pères dominicains encadrent les élèves et leur apprennent la morale chrétienne et l'Histoire de France. Médecins et techniciens luttent contre les fièvres exotiques et mettent en place des infrastructures nouvelles (chemins de fer, ports, hôpitaux, écoles...). Des entrepreneurs développent des plantations de cultures d'exportation (café, cacao, canne à sucre, caoutchouc...).
 

Doc. 1. Les possessions françaises en Afrique
c. La gloire de l'Empire
La colonisation est glorifiée dans les métropoles et aux colonies en tant qu'élément essentiel de la puissance de la métropole. Toute une littérature (Rudyard Kipling, poète de l'impérialisme britannique, par exemple), le cinéma ou même la chanson populaire (Ma Tonkinoise, Sur le Yantzé Kiang) mettent en valeur les réalisations européennes, et les terres exotiques fascinent. Pour montrer au grand public la réalité de la colonisation, on n'hésite pas à organiser des reconstitutions grandeur nature de monuments (le temple d'Angkor lors de l'exposition coloniale de Paris en 1931) ou de coutumes indigènes. Les journaux à grand tirage montrent aussi des images de la conquête de ces terres.

Les colonies influencent donc les opinions publiques mais aussi les artistes qui découvrent l'art nègre (Picasso par exemple), le monde arabe (Pierre Loti) ou l'Asie (Madame Butterfly).

 
Doc. 2. Le temple d'Angkor au Cambodge
2. Une colonisation contestée qui crée des tensions
a. Les querelles coloniales
Des guerres coloniales apparaissent à la fin du XIXe siècle car de nouveaux pays se lancent dans la colonisation.

L'Allemagne, les Etats-Unis et le Japon sont ainsi confrontés aux anciens Empires anglais, français ou espagnol. Par exemple, l'Allemagne tente de se créer un empire colonial en Afrique (Afrique orientale allemande, Togo, Cameroun...), mais cette politique gêne la stratégie anglaise d'une Afrique « du Caire au Cap » et la présence française en Afrique centrale. En 1905 et 1911, les tensions montent entre France et Allemagne à propos de la mainmise sur le Maroc. Il faut des conférences au sommet pour régler ces litiges, qui se terminent en général par des échanges de territoires et un partage à l'amiable. Des heurts peuvent parfois se produire, comme à Fachoda au Soudan (1898), entre la France et l'Angleterre.
b. La contestation de la colonisation
La colonisation est critiquée dans les métropoles par toutes les mouvances politiques. Déroulède (droite) pense que cela détourne la France de sa revanche contre l'Allemagne avant 1914. A gauche, Clemenceau dénonce l'hypocrisie du gouvernement français dans sa justification de la conquête de terres appartenant à des peuples plus faibles militairement. Après la première guerre, les plus virulents dans l'anti-colonialisme sont les communistes pour qui « l'impérialisme est le stade suprême du capitalisme » (Lénine) et qui encouragent les révoltes.
Des auteurs comme Gide (Voyage au Congo) ou Céline (Voyage au bout de la nuit) dénoncent la brutalité de la colonisation.

Mais les colonisés ne sont pas en reste et se rebellent parfois violemment, comme au Vietnam (Yen Bay, 1930), ou en Afrique du Nord (Abd El Krim au Maroc). La lutte est parfois plus pacifiste et des partis politiques réclamant l'indépendance se créent, comme le parti du Congrès en Inde (1885), le Destour en Tunisie, le parti national indonésien de Sukarno (1927) ou le parti communiste vietnamien de Hô Chi Minh (1930). Des leaders charismatiques font aussi leur apparition : Gandhi, apôtre de la non-violence et de la résistance passive en Inde par exemple. Les métropoles réagissent souvent par la force et emprisonnent les dirigeants des mouvements d'indépendance. Les rares tentatives de réformes (projet Blum-Violette en 1937) sont souvent bloquées par le lobby colonialiste qui regroupe industriels, commerçants et colons.

 
Doc. 3. Hô Chi Minh Doc. 4. Gandhi

 

L'essentiel

A la fin du XIXe siècle se produit la seconde phase de construction des empires coloniaux. En 1914, l'impérialisme européen est à son apogée.
La colonisation touche essentiellement les terres africaines et asiatiques et l'Océanie. Des empires immenses se constituent alors, permettant la diffusion mondiale du modèle européen. Cette colonisation se veut morale et civilisatrice. Cependant, des mouvements apparaissent pour contester cette mainmise sur des peuples.

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