La Chine contre le monde (1919 - 1949) - Cours d'Histoire Terminale L avec Maxicours - Lycée

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La Chine contre le monde (1919 - 1949)

Les guerres de l'opium du milieu du 19e siècle aboutissent aux Traités inégaux qui forcent l'empire Qing à diviser son territoire en 8 zones d'influence attribuées aux huit puissances qui ont fait la guerre à la Chine : la France domine par exemple le Yunnan et l'Allemagne le Shandong. Les frontières douanières sont levées et des privilèges exorbitants sont accordés aux compagnies commerciales européennes.

La Chine est ouverte sans conditions au commerce étranger et perd dans les faits son autonomie politique. Cette dépendance vis-à-vis de l'étranger est encore renforcée par les guerres sino-japonaises de la fin du 19e siècle : le Japon se voit attribuer Taïwan et les îles Penghu. Les puissances européennes profitent de l'état de déréliction de l'empire pour accroître leur influence. L'empire vacille et en 1912 est instaurée une première république. Yuan Shikai, son leader, meurt en 1916, ouvrant une période de chaos. Cette période de chaos dure jusqu'en 1949. Dans cette période troublée, où la guerre civile gronde, le seul facteur d'unité des Chinois est la lutte contre l'influence étrangère. La Chine se construit alors contre le monde.
1. La Chine sous le joug étranger (1919 - 1929)
a. Un régne né du rejet de l'étranger
En 1908, le père de l’empereur Pu Yi, régent de Chine, renvoie Yuan Shikai, ministre réformateur. Ce renvoi provoque une réaction des nationalistes chinois (le parti Tongmenghui) qui voyaient en Shikai un homme capable de sauvegarder la monarchie. En octobre 1911, ils déclenchent une révolution dans le Hubei, qui se diffuse à tout le sud de la Chine.

Doc. 1. Aixinjueluo Puyi (1906-1967), connu sous le nom de Puyi avec son père (prince Chun, 7e fils de l'empereur Daoguang) et son petit frère, 1910. Son titre impérial est Xuantong.

Cette révolte aboutit à la proclamation d’une république de Chine à Nanjing en 1912. Le fondateur du parti Tonmenghui, Sun Yat-sen, est désigné président avec un programme clair : chasser les étrangers et rétablir la Chine dans sa souveraineté. Pu Yi abdique et Sun Yat-sen se range derrière Yuan Shikai qui devient Président de la Chine réunifiée.
b. Un régime sous domination étrangère
L'unité ne dure pas. En 1915, Yuan Shikai essaie de recréer l'empire à son profit après avoir renvoyé les députés nationalistes de Sun Yat-sen, rangés sous la barrière d'un nouveau parti, le Guomindang. Il meurt en 1916, ce qui ouvre une période de grande confusion et de division : le Guomindang s'installe au Sud tandis que les « seigneurs de guerre » dominent le Nord. Le pays est divisé.

Doc. 2. Drapeau du Kouo Ming Tang, parti nationaliste chinois. En dessous, le drapeau de la République de Chine, 1936.

Parallèlement, cette division affaiblit la Chine vis-à-vis des étrangers. En août 1914, l'armée japonaise s'empare des possessions allemandes en Chine. En janvier 1915, Tokyo exige que la Chine accepte la colonisation économique. La Chine entre en guerre tardivement en 1917 dans l'espoir d'obtenir la renégociation des Traités inégaux du 19e siècle. Au contraire, le Japon se voit confirmer par les traités de paix de 1919 sa domination sur le Shandong. Cet événement confirme aussi la domination étrangère sur la Chine. Des émeutes éclatent le 4 mai 1919 : des manifestations anti-occidentales et anti-japonaises sont organisées dans les grandes villes chinoises.

Le Guomindang essaie de moderniser le sud du pays dans les années 1920 et de lutter contre l'influence étrangère. En dépit de ses efforts, 90 % de la métallurgie, 80 % du textile et 70 % de la houille restent aux mains des étrangers. 75 % des Chinois sont des paysans et vivent dans la misère. Les communistes de Zhou Enlai prospèrent sur l'exaspération des paysans et fondent même une armée pour redistribuer les terres.

Doc. 3. Les Chinois travaillent dans un champ aux alentours des Grandes Murailles, 1920

De 1901 à 1928, quel que soit leur nature, les régimes chinois ne peuvent se maintenir au pouvoir que par des emprunts à des banques étrangères. Ces banques se garantissent en contrôlant des ressources régulières : droits de douane et droits sur le sel par exemple. Elles ne financent en outre que des régimes qui leur garantissent les privilèges exorbitants acquis au 19e siècle.

Les rapports de la Chine au monde sont marqués du sceau de l'aliénation. À partir de la fin du 19e siècle, les entreprises étrangères investissent massivement (on compte 499 entreprises étrangères en Chine en 1890, on en compte près de 7 000 en 1923) mais si les 300 000 étrangers installés en Chine dépensent une partie de leurs revenus dans le pays, les bénéfices de leurs entreprises sont rapatriés et ne permettent pas le développement de l'économie du pays. Tous les secteurs modernes sont sous contrôle étranger.

Doc. 4. Chinois transportant un européen dans un pousse-pousse, Chine, 1920

Sur le plan militaire, les flottes étrangères sont partout, sur les côtes, dans les ports, sur le fleuve Yangzi et veillent sur les privilèges dont jouissent les puissances occidentales. Sur le plan intellectuel, la sujétion de la Chine aux puissances étrangères est totale : le sentiment qui domine les élites des années 1920 est la honte et le rejet des valeurs traditionnelles chinoises. Hu shi, un étudiant formé aux États-Unis, préconise l'abandon de la langue classique et l'adoption d'une langue proche du langage parlé, le baihua. Beaucoup d'étudiants sont à cette période formés à l'étranger et veulent imposer une nouvelle pensée rationnelle en Chine, inspirée d'Europe.
2. La Chine se construit dans la lutte contre l'étranger (1929 - 1949)
a. L'invasion japonaise
La crise de 1929 accentue la domination étrangère en Chine de façon spectaculaire. Touché durement par la crise, le Japon voit dans les immenses réserves du sol chinois une ressource à exploiter. En 1931, prenant prétexte d'un incident sur le chemin de fer du sud de la Mandchourie, l'armée japonaise attaque la Chine, s'empare de la région et crée un État sans caractère, le Mandzouguo et place Pu Yi à sa tête.

Les Communistes et le Guomindang peinent à s'allier. Le Japon profite pour mettre en œuvre sa doctrine d'expansion territoriale : en 1937, le Japon déclare la guerre à la Chine. Les Japonais s'emparent rapidement de Beijing (nom chinois pour Pékin) et de Tien Sin (juillet 1937), de Shanghai (novembre 1937), de Nanjing (décembre 1937). 
En 1938, c'est le tour de Xuangzhou et de Han Cheou. L'invasion est d'autant plus violente que les Japonais n'appliquent pas les conventions internationales et mettent en œuvre leurs théories raciales : ils pratiquent la guerre chimique et bactériologique et font 300 000 morts à Nanjing. Ils font travailler de force près de 10 millions de Chinois. Cette invasion tue 3 millions de soldats chinois et 9 millions de civils.
b. Les communistes deviennent populaires par leur opposition à l'étranger
Les États-Unis aident le Guomindang mais ce soutien se révèle insuffisant. De leur côté, les communistes se battent au Nord contre les Japonais avec un certain succès. Ils reprennent des territoires et parviennent à fédérer les paysans, la petite-bourgeoisie, les ouvriers en pratiquant une politique souple et une réforme agraire suffisamment modérée pour ne pas effrayer la population.

En 1945-1946, les Américains tentent d'imposer un gouvernement d'unité nationale entre le Guomindang et les communistes. Ils ne parviennent pas à maintenir cette unité et la guerre civile éclate. D'abord victorieuses, les armées du Guomindang refluent rapidement.

De septembre 1948 à janvier 1949, la bataille de Huei oppose un million d'hommes. Les communistes écrasent les armées nationalistes. Les communistes prennent Nanjing en avril 1949, Shanghaï en mai, Quanzhou en octobre et Chonqing en décembre 1949. Le Guomindang et son armée s'enfuient à Taïwan. Les communistes prennent alors le contrôle d'une Chine souveraine. Ils proclament la République Populaire de Chine le 1er octobre 1949 à Beijing. La Chine redevient un État souverain.

Doc. 5. Guerre civile entre nationalistes et communistes en Chine après les troubles communistes à Canton. Les cadavres des victimes sont entassés sur des chariots. Illustration dans Le Pèlerin du 4 mars 1928

L'essentiel
Les rapports de la Chine avec le monde de 1919 à 1949 sont marqués par la sujétion et la dépendance.

- Sujétion formelle du fait des Traités inégaux et du traité de de 1919 : la Chine est occupée par les Européens et les Japonais qui se partagent le marché chinois et les richesses de l'empire et surveillent avec leurs flottes que leurs privilèges exorbitants sont respectés.  
- Sujétion de fait car les différents régimes chinois qui se succèdent sont dépendants des prêts des banques européennes.

Cette double sujétion maintient la Chine dans un sous-développement chronique et plonge sa population dans une grande misère. De fait, la Chine se construit sur le rejet de la présence étrangère. Nationalistes et communistes se rejoignent sur ce point mais ce sont ces derniers qui vont faire de la République populaire un État souverain et admis à part entière dans la communauté internationale.
Références
- Jacques Gernet, « Le monde chinois » , L'Époque contemporaine, T3, Essai (poche), Presses Pocket, 2006.
- Thierry Sanjuan (Dir.), Atlas de la Chine, Les Mutations Accélérées, Atlas Monde, Éditions Autrement, septembre 2007.
- Carine Pina-Guerassimoff, « La Chine dans le monde : panorama d'une ascension », Relations internationales de 1949 à nos jours, Ellipses-Édition, 2011.

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