Les débuts de la coopération économique mondiale (de 1944 à la fin des années 1960) - Maxicours

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Les débuts de la coopération économique mondiale (de 1944 à la fin des années 1960)

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les vainqueurs imaginent de nouvelles formes de gouvernance à l’échelle mondiale en réaction aux solutions nationales, voire nationalistes, prônées dans les années 1930. Cette volonté s’exprime au niveau diplomatique avec la création de l’ONU. Mais elle s’exprime aussi dans le domaine économique. L’économie apparaît, en effet, comme un facteur essentiel de l’arrivée au pouvoir des dictateurs européens des années 1920-1930 et comme un facteur déterminant du déclenchement du conflit de 1939-1945.

Le règlement de conflit passe donc, selon les alliés, non seulement par la recherche d’une paix durable mais aussi par une volonté de lutter contre les causes de la guerre. Dès 1944, les premières institutions d’une gouvernance économique mondiale se mettent en place. Elles mettent en œuvre un programme favorisant un libéralisme économique fondé sur l’accroissement des échanges et la mise en place des règles économiques internationales.
1. La naissance de l’idée de gouvernance économique mondiale
a. L’analyse de la crise de 1929 : un facteur déterminant dans la naissance de l’idée de gouvernance mondiale
La crise de 1929 a accentué la concurrence entre les États. La plupart d’entre eux ont choisi des solutions individuelles qui ont parfois aggravé la crise mondiale :
- Les États-Unis retirent massivement leurs capitaux d’Europe, provoquant une crise bancaire sans précédent ;
- Certains pays européens dévaluent leur monnaie pour exporter davantage et rendre ainsi leur économie plus compétitive ;
- La plupart des pays ont recours au protectionnisme, voire à l’autarcie comme l’Italie, par exemple.

Le repli de chaque pays sur son économie nationale a provoqué un effondrement du commerce mondial et a aiguisé les tensions entre les pays européens. Dès 1941, la Charte de l’Atlantique, signée par les Américains et les Britanniques, stipule que sans coopération économique renforcée, il sera impossible de créer les conditions d’une paix durable.
b. La reconstruction sous pavillon américain
En 1945, le poids économique des États-Unis est considérable : leur économie est en pleine croissance. Ils se sont enrichis par la vente d’armes aux alliés et par les prêts consentis pour soutenir l’effort de guerre ; ils possèdent ainsi 66 % des réserves d’or mondiales en 1945.

En revanche, en 1945, l’Europe est ruinée. La partie orientale passe rapidement sous l’influence de l’URSS. Craignant que ce phénomène de contagion ne touche l’Europe occidentale, les Américains estiment urgent de créer des institutions qui permettent une reconstruction dans le cadre des règles capitalistes et libérales.
2. Les prémices d’une gouvernance mondiale
a. Un nouveau système monétaire international fondé sur le dollar
Le dollar américain apparaît en 1944 comme la seule monnaie de référence. Les monnaies européennes se sont effondrées au cours de la guerre et c’est donc sur le dollar qu’est fondé le nouveau système monétaire.

Les accords de Bretton Woods sont signés en 1944 à l’instigation des États-Unis et confirment l’hégémonie du dollar. On le considère alors « as good as gold » (« aussi sûr que l’or ! ») et il devient la seule monnaie librement convertible en or. Les autres monnaies doivent fixer leur cours sur la devise américaine. De fait, le SMI (Système Monétaire International) repose sur le dollar. Les dévaluations compétitives des années 1930 sont, de fait, rendues impossibles, ce qui concourt à la stabilité du système.
b. De nouvelles institutions mondiales
De nouvelles institutions sont créées pour financer la reconstruction et faciliter le libre-échange :

- Le FMI (Fonds Monétaire International) a pour vocation de venir en aide aux pays en difficulté financière ;
- La Banque mondiale a pour but de financer la reconstruction de l’Europe et du Japon ;
- Les accords du GATT (Accord général sur les Tarifs douaniers et le commerce) sont signés en 1947 ; les 23 pays signataires qui représentent 50 % de l’économie mondiale s’engagent à négocier les tarifs douaniers pour favoriser la reprise du commerce mondial ;
- L’OIC (Organisation Internationale du Commerce) est créée en 1948. Les 53 pays signataires s’engagent à harmoniser leurs politiques commerciales. En revanche, les États-Unis refusent de signer la charte en 1950, ce qui met un terme à ce projet.

Une période de baisse continue des tarifs douaniers permet la reprise du commerce mondial dans les années 1950 sur les bases du libre-échange.
L'essentiel
Les institutions mises en place par les États-Unis et leurs alliés constituent les premières pierres d’un système de gouvernance mondiale. Mais leur poids reste limité en pratique. La Banque Mondiale est ainsi incapable de mobiliser des fonds suffisants pour la reconstruction en Europe. Ce sont les États-Unis qui doivent la financer par le Plan Marshall.

Le modèle qu’ils essaient de promouvoir est aussi contesté. L’URSS refuse d’adhérer à ce qu’elle considère comme un instrument de la politique impérialiste américaine. Les pays satellites de l’URSS sont invités à suivre cette ligne. La Tchécoslovaquie, qui voulait accepter le Plan Marshall, doit finalement le refuser sous la pression soviétique et elle se voit obligée de sortir du FMI en 1954.

Toutefois, avec la décolonisation, le rôle de ces institutions se diversifie. Pour éviter que les nouveaux pays indépendants ne basculent dans le communisme, l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économique), créée en 1960, lance des programmes d’aide au développement tandis que la Banque Mondiale finance la création d’infrastructures (voies ferrées, routes) et aide à l’amélioration des systèmes d’éducation et de santé des pays pauvres. L’ONU crée enfin le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) et la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement).
Références
- Badie B., La diplomatie de connivence, éd. La Découverte, 2011
- Bastidon G., Brasseul J., Gilles P., Histoire de la globalisation financière, éd. A. Colin, 2010
- Graz J-C., La gouvernance de la mondialisation, éd. La Découverte, Coll. Repères, 2008
- « Mondialisation, une gouvernance introuvable », Questions internationales, n° 46, mai-juin 2010
- Moreau Defarge P., La gouvernance mondiale, PUF, Coll. QSJ, 2008
- Norel P., L’invention du marché, une histoire économique de la mondialisation, éd. du Seuil, 2004

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