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Vers une gouvernance économique mondiale (depuis 1995)

La chute du Mur de Berlin, la fin de l’URSS et l’ouverture de la Chine inaugurent une période nouvelle dans l’Histoire du monde. Après des décennies de tension politique et militaire, le monde apparaît, pendant quelques années, relativement apaisé et entièrement structuré par un nouveau phénomène économique : la mondialisation.
Cette mondialisation des échanges et des pratiques incite à créer des institutions plus adaptées à cette période nouvelle. Toutefois, si elles encadrent la mondialisation, ces institutions n’en combattent pas les effets les plus négatifs.

C’est au rythme des crises des années 2000-2010 que des progrès sensibles dans le domaine de la gouvernance économique mondiale vont apparaître.
1. Une nouvelle organisation du commerce mondial
La mondialisation des échanges dans les années 1990 incitent les États à lancer une nouvelle phase de coopération. Cette coopération au sein de l’OMC est toutefois contestée et ne parvient pas à enrayer la crise mondiale de 2008, ce qui invite à une refonte des institutions de la gouvernance économique mondiale.
a. L’OMC, un progrès limité
L’OMC est créée en 1995 pour remplacer le GATT qui apparaissait inadapté au nouveau contexte économique. Son champ de compétences est élargi puisqu’elle s’occupe non seulement d’industrie et d’agriculture, mais aussi de services et de la propriété intellectuelle.

Elle a aussi pour mission de promouvoir le développement durable et de permettre aux pays émergents ou aux pays pauvres de s’intégrer harmonieusement au commerce mondial. Elle regroupent quasiment tous les pays de la planète.
Contrairement au GATT, l’OMC dispose d’un organe judiciaire qui permet de sanctionner les États qui contreviendraient à ses règles. En outre, chaque pays dispose d’une voix, ce qui permet aux pays pauvres de porter plainte contre les pratiques illégales des pays industrialisés.

Toutefois, en pratique, les règles de l’OMC ne sont pas toujours respectées et les procédures sont longues, coûteuses et complexes. Enfin, l’influence de l’OMC est limitée par l’existence d’ensembles régionaux comme l’Union Européenne ou l’ALENA.
b. Un système critiqué
Des critiques contre le système de libre-échange mondial viennent des pays émergents qui veulent être davantage reconnus dans l’économie mondiale :

- En 1999, ils obtiennent la création du G20, qui leur permet de faire valoir leur puissance économique nouvelle.
- Ils exigent aussi un meilleur accès aux marchés des pays riches et la baisse des subventions accordées par les pays industrialisés à leurs agriculteurs. Ces revendications sont discutées au cours du Cycle de Doha à partir de 2001. Toutefois, les États-Unis et l’Union Européenne bloquent les négociations, ce qui se traduit par un échec.

Des critiques viennent aussi des populations des pays riches. Le mouvement altermondialiste critique les conséquences sociales et environnementales d’une mondialisation sans contrôle et des politiques libérales imposées par les grandes instances économiques mondiales. Les sommets du FMI, de l’OMC ou du G8 sont émaillés d’incidents et de manifestations organisées par des mouvements contestataires. Les mouvements altermondialistes organisent aussi des contre-sommets, comme le Forum social mondial de Porto Alegre.
2. La multiplication des crises oblige à redéfinir les règles économiques
a. La crise mondiale de 2007-2008
En 2007, la crise des subprimes est à l’origine d’une crise économique mondiale. Après des années de spéculation, le marché immobilier américain s’effondre à cause des subprimes, des prêts hypothécaires particulièrement risqués. Or, les Américains ont acheté leurs biens immobiliers à crédit et les banques se retrouvent avec 500 milliards de dollars de créances que les Américains ne pourront jamais rembourser.

Doc. 1. Maison à vendre, États-Unis

En l’automne 2008, la banque Lehman Brothers est en cessation de paiement. C’est la première grande banque à faire faillite depuis la crise de 1929. Mais elles ne sont pas les seules touchées : les banques américaines ont en effet cédé, avant 2007, une partie de leurs créances à des banques européennes et asiatiques, ce qui propage la crise à l’ensemble des pays industrialisés.

Face à la crise, les différents pays recapitalisent leurs banques, c’est-à-dire leur prêtent des liquidités pour éviter leur faillite. L’Islande, la Grèce ou l’Espagne sont touchées de plein fouet et font appel au FMI ou à l’Union Européenne pour les aider. Les plans d’urgence pour aider les banques et les pays endettés, endettent à leur tour les grands pays. Quant aux pays émergents, ils sont moins touchés mais sont préoccupés par la baisse de la demande dans les pays industrialisés.
b. La nécessaire refonte de la gouvernance économique mondiale
Le sommet de Pittsburgh aux États-Unis marque un tournant important. Le G20 décide alors d’affronter collectivement la crise et d’intégrer les pays émergents aux décisions. Plusieurs priorités apparaissent :

- Réformer la répartition des droits de vote au FMI et à la Banque Mondiale afin de donner plus de pouvoir aux pays en développement ;
- Renforcer le pouvoir du FMI pour mieux encadrer l’économie mondiale ;
- Lutter contre les paradis fiscaux pour éviter la spéculation.

Le G20 apparaît de fait comme l’ébauche d’une véritable gouvernance économique mondiale, même s’il n’a pas le statut d’institution internationale.

La crise mondiale a amoindri le leadership américain et fait apparaître une nouvelle puissance, capable de peser sur le commerce et l’économie mondiale : la Chine. Elle n’a adhéré que tardivement à l’OMC en 2001 et fait entendre sa voix à l’échelle mondiale. Pour autant, elle refuse de réévaluer sa monnaie, le Yuan et ne veut pas assumer un leadership économique. L’évolution de ses positions sont un enjeu majeur pour une future gouvernance mondiale.
L'essentiel
L’idée d’une gouvernance économique mondiale a beaucoup évolué à la faveur de la mondialisation. De fait, tous les sujets de société sont devenus mondiaux comme en attestent le protocole de Kyoto pour les questions environnementales ou le poids du Tribunal Pénal International dans la poursuite et le jugement des criminels de guerre ou des dictateurs.

L’économie échappe d’autant moins à ce phénomène que la crise mondiale de 2008 a rendu nécessaire une réflexion globale sur les flux économiques et leur régulation en réaction au laisser-faire des années 1980-1990. Toutefois, cette nécessaire régulation de l’économie mondiale se heurte encore aux intérêts que chaque État essaie de faire valoir.
Ainsi, la Chine refuse-t-elle de réévaluer le Yuan pour des raisons d’intérêts nationaux. À l’échelle européenne, la population allemande refuse majoritairement d’effacer une partie de la dette grecque ou de prendre en charge une partie. Le contexte de crise rend donc la gouvernance mondiale nécessaire mais elle la rend aussi plus difficile car chaque pays a tendance à privilégier ses intérêts propres avant de penser aux intérêts de ses partenaires.

Cette tension entre les opinions publiques des pays développés et les nécessités d’une économie qui ne peut se penser qu’à l’échelle mondiale est sûrement le plus grand défi à relever pour les tenants de la mondialisation.
Références
- Badie B., La diplomatie de connivence, éd. La Découverte, 2011
- Bastidon Gilles C., Brasseul J., Gilles P., Histoire de la globalisation financière, éd. A. Colin, 2010
- Graz J-C, La gouvernance de la mondialisation, éd. La Découverte, Coll. Repères, 2008
- « Mondialisation, une gouvernance introuvable », Questions internationales, n°46, mai-juin, 2010
- Moreau Defarge P., La gouvernance mondiale, PUF, Coll. QSJ, 2008
- Norel P., L’invention du marché, une histoire économique de la mondialisation, éd. du Seuil, 2004

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