La Chine, superpuissance mondialisée (1989 - 2012) - Maxicours MAXICOURS

La Chine, superpuissance mondialisée (1989 - 2012)

Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, les autorités chinoises décident d’envoyer l’armée réprimer les manifestations étudiantes dans un bain de sang. Les pays occidentaux décident de sanctions unilatérales : suspension de la vente d’armes, sanctions économiques, gel des crédits, etc. Cependant, cette mise à l’écart est de très courte durée. Dès 1990, les États-Unis lèvent les sanctions financières et la CEE (Communauté Économique Européenne) lève les sanctions économiques. Rien ne semble empêcher l'intégration de la Chine au monde et à la mondialisation.

Entretemps, la RPC (République Populaire de Chine) a développé des relations intenses avec les pays qui ne l’ont pas condamnée : l’URSS, les pays de l’Est, les pays d’Afrique et d’Amérique du Sud. En outre, avec 10 % de croissance de moyenne au tournant des années 1990, elle devient un partenaire économique qu’il est impossible d’ignorer. Au cours des années 1990 - 2010, il devient de même impossible d’ignorer la formidable montée en puissance de l’Empire du milieu, tant au plan économique que diplomatique ou militaire. De fait, la Chine noue ou renforce ses relations régionales et internationales dans un climat mêlant curiosité, méfiance, accords et divergences.
1. Une économie mondialisée
Le PIB chinois a plus que décuplé en 25 ans. Cette croissance exceptionnelle est le fruit d'une intégration résolue à l'économie mondiale, ce qui fait de la Chine une puissance économique nouvelle en Asie.

a. Une puissance économique nouvelle en Asie
L'émergence de la Chine a fortement polarisé l'économie asiatique : les 2/3 des importations de biens manufacturés en Asie sont aujourd'hui intra-régionales. Ce mouvement s'accompagne de délocalisations de Taïwan vers le Fujian et dans la région de Shangai.

Cela signifie qu'à l'échelle de ce continent s'est mise en place une nouvelle division régionale du travail : la Chine est devenue une plateforme de transformation de biens intermédiaires en produits finis qu'elle exporte vers les marchés mondiaux, à tel point qu'on la surnomme « l'usine du monde ».
Cette division du travail s'accompagne de nombreux accords bilatéraux rassurants pour les partenaires asiatiques de la Chine : ces accords prévoient en effet des prêts mutuels de devises en cas de risque de déstabilisation des marchés. Un accord de libre-échange avec l'ASEAN est prévu à l'horizon 2010 - 2015.

ASEAN : Association des Nations de l'Asie du Sud-Est ; elle a été fondée par cinq États, principalement de l'Asie du Sud-Est maritime : les Philippines, l'Indonésie, la Malaisie, Singapour, et la Thaïlande.
b. Une économie de plus en plus intégrée à l'économie mondiale
La Chine est entrée dans l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce) en 2001. Cette entrée a certes des conséquences pratiques mais elle a aussi une portée symbolique pour un pays qui a réalisé de nombreux efforts pour s'intégrer à l'économie mondiale depuis 1979.

L'intégration de la Chine aux échanges mondiaux a provoqué une polarisation du développement sur les métropoles littorales (Shangai, Beijing, Guangdong, Jiangsu, Zhejiang) et sur certaines provinces et grandes villes de l'intérieur (Hubei, Hunan, Tianjin). Toutefois, les territoires de l'intérieur de la Chine sont en grande partie restés à l'écart de la mondialisation.

Doc. 1. L'avenue Shennan Donglu, Chine
2. Un géant politique et militaire
a. Un poids politique de plus en plus important
La rétrocession de Hong-Kong est effective en 1997. Elle devient la RASHK (Région Administrative Spéciale de Hong-Kong). Dans un premier temps, la République Populaire de Chine ne s’occupe guère des questions intérieures de cette ville. Mais petit à petit, Pékin s’intéresse de plus près aux affaires hongkongaises, intervenant notamment dans les années 2000 pour aider à la relance de son économie en promouvant un accord de libre-échange avec le Guangdong.

La rétrocession de Macao est effective en 1999. Elle devient la RASM (Région Administrative Spéciale de Macao). Le pays a été confronté à une grave crise de ses activités touristiques à cause de la criminalité engendrée par les casinos. La politique de la RPC a consisté à libéraliser le secteur et à autoriser les visites touristiques de ses ressortissants. Les résultats ne se sont pas faits attendre : les revenus du jeu ont été multipliés par 16 en moins de 10 ans, notamment grâce aux 14 à 15 millions de touristes chinois.

Le succès des rétrocessions n’a pas empêché Taïwan d’évoluer de façon singulière. De grandes réformes institutionnelles conduisent au renforcement du caractère taïwanais du régime et à la démocratisation du pays. Cette évolution éloigne clairement Taïwan de la réunification avec la Chine. La RPC ne renonce pas pour autant à l’idée d’une seule Chine mais tente de faire progresser le rapprochement par le biais économique avec notamment l’ouverture ou la réouverture de voies maritimes et aériennes et la mise en place d’un accord-cadre de coopération économique signé en 2010.
b. Un rôle de médiateur
La RPC est un partenaire majeur des deux Corées, tant sur le plan économique que politique. Plus que cela, elle est devenue dans les années 1990-2000 un médiateur dans le dialogue entre les deux Corées, et est favorable à la réunification des deux Corées. La RPC joue un rôle nouveau qui renforce sa position régionale et mondiale : elle est devenue le médiateur de ce dialogue au nom des États-Unis et de la communauté internationale.

Même si elle condamne régulièrement le programme nucléaire de Pyongyang, la RPC veille conjointement avec la Corée du Sud à maintenir l’équilibre régional. Elle aide même la Corée du Nord (500 000 tonnes d’essence, 1 million de tonnes de riz). Avant tout, la RPC cherche à pousser la Corée du Nord à se réformer tant du point de vue politique qu’économique.
c. Un « inévitable » face-à-face sino-américain
La Chine a des relations difficiles avec les États-Unis entre 1990 et 2001 : après la fin de la bipolarisation de la Guerre Froide, la Chine apparaît comme un « ennemi » possible pour les États-Unis. Les attentats du 11 septembre 2001 changent complètement la donne. La Chine devient un partenaire obligé. La Chine soutient l’intervention américaine en Afghanistan. Cette nouvelle alliance stratégique s’est concrétisée par la visite symbolique de Georges W. Bush aux Jeux Olympiques de Pékin.

Avec la crise, les États-Unis sont obligés de ménager la RPC qui est un moteur de la croissance mondiale. L'interdépendance des deux économies n'empêchent pas les tensions à propos de la sous-évaluation du Yuan, la monnaie chinoise, mais l'intérêt mutuel des deux pays l'emporte.
3. Une influence mondiale
a. Les nouveaux eldorados
Depuis 2000 et surtout 2004 avec la visite de Hu Jintao en Amérique du Sud, les partenariats bilatéraux avec les pays de cette zone se sont multipliés. La Chine est une ressource pour beaucoup de pays sud-américains qui préfèrent le banquier chinois au FMI (Fonds Monétaire International). Pour la Chine, l'Amérique du Sud est un espace de forte concurrence avec les États-Unis qui voient une atteinte à leur puissance dans cette stratégie.

La Chine traite d'égal à égal avec les pays d'Afrique, ce qui influence très favorablement leurs relations. Il s'agit moins du développement d'une « Chin-afrique » que d'un partenariat entre un pays émergent et des pays sous-développés ; partenariat d'autant plus souple que la Chine s'est appropriée la doctrine de non-ingérence dans les affaires intérieures des pays africains.

La Chine concrétise son aide par des prêts à taux 0 pour permettre aux gouvernements africains d'investir dans les infrastructures. En 2007, les Chinois avaient investi 12 milliards de dollars en Afrique. Les partenariats consistent souvent en la livraison clef en main (formation de personnels comprise) d'infrastructures comme des hôpitaux ou des dispensaires.
b. La diaspora chinoise, élément de la puissance
La Chine reconnaît trois types de population qui relèvent de l'identité chinoise : les « continentaux » (les habitants de la Chine continentale), les « compatriotes » (les Chinois de Hong-Kong et de Macao), les « Chinois d'Outre-Mer » qui forment la diaspora chinoise.

La diaspora chinoise est constituée de plusieurs dizaines de millions de Chinois qui sont autant de relais d'opinion et d'acteurs économiques propres à favoriser l'intégration politique et économique de leur pays d'origine dans la mondialisation. La puissance de cette diaspora est telle qu'elle permet à la Chine de se projeter en dehors de son espace territorial et qu'elle constitue ce qu'on appelle un « monde chinois » avec un territoire de référence, des quartiers chinois dans les grandes villes du monde et des communautés dispersées sur les 5 continents.

 
Doc. 2. Vue du quartier de Chinatown à New York  Doc. 3. Nouvel an chinois, danse du dragon, São Paulo

L'essentiel
Humiliée au 19e siècle par les Traités inégaux qui octroyaient aux puissances occidentales des privilèges exorbitants sur son sol, la Chine a progressivement repoussé l'influence étrangère de son territoire pour devenir une nation souveraine. Contrariée dans son rapport au monde, la Chine est longtemps restée en retrait sur la scène internationale à cause de la fermeture de son économie et de sa société à l'influence mondiale au cours des 30 premières années de la République Populaire de Chine. Mais elle a consolidé durant cette période son indépendance et s'est doté des attributs de la puissance.

Au cours des 20 dernières années, la Chine a ajouté à sa puissance démographique des puissances économique et politique qui font potentiellement de ce pays la superpuissance du 21e siècle. Ce chemin vers la puissance s'est fait par une ouverture à un monde dont la Chine ne respecte pas toujours les règles (notamment sur le plan commercial et monétaire) mais dont elle comprend la nécessité pour elle. Entre méfiance, défi et affirmation, la Chine s'est intégrée à un monde que sa puissance et ses principes contribueront sans doute à modifier à son tour.
Références
- Jacques Gernet, « Le Monde chinois »,  L'Époque contemporaine, T3, Essai (poche), Presses Pocket, 2006.
- Thierry Sanjuan (Dir.), Les Mutations accélérées, Atlas Monde, Éditions Autrement, septembre 2007.
- Carine Pina-Guerassimoff, « La Chine dans le monde : panorama d'une ascension », Relations internationales de 1949 à nos jours, Ellipses-Édition, 2011.

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