Disparités et inégalités socio-spatiales : l'action de l'Union européenne - Maxicours

Disparités et inégalités socio-spatiales : l'action de l'Union européenne

Objectif
  • Connaître les disparités et inégalités socio-spatiales à différentes échelles au sein de l’Union européenne.
  • Connaître les différentes actions menées par la communauté européenne et leurs limites.
Points clés
  • La puissance économique de l’UE masque de réelles disparités de développement. La dorsale européenne constitue le centre moteur de cet espace.
  • Au-delà de cet ensemble dynamique se distinguent des périphéries plus ou moins bien reliées et intégrées. Pour remédier aux problèmes de développement qui se posent à toutes les échelles, l’UE engage des politiques de soutien et cherche à corriger les disparités.
  • Les résultats inégaux et la multiplication des obstacles à l’intégration européenne rendent cet objectif de rayonnement de l’ensemble de l’union difficile à atteindre.

L'Union européenne (UE) constitue l'un des trois pôles majeurs d'impulsion de l'économie mondiale : la communauté des 27 est la 2e puissance économique mondiale.

Cependant, tous les espaces ne participent pas de la même manière à la puissance de ce pôle. De fortes disparités socio-spatiales existent entre les territoires à différentes échelles : l'UE cherche donc à remédier à ces disparités en aidant les régions qui connaissent des difficultés ou des retards de développement.

1. La diversité des territoires de l’Union européenne : des espaces marqués par des inégalités de développement
a. Des espaces centraux au cœur de l’économie européenne

La dorsale européenne constitue le cœur dynamique de l'UE, qui se caractérise par une forte concentration de population, de richesses et de pouvoir.

Au cœur de cette dorsale, on trouve la mégalopole européenne, qui s'étend de Londres à Francfort et forme une vaste conurbation de grandes métropoles. Elle constitue un pôle de puissance majeur.

Dorsale européenne : Zone de concentration du peuplement et de l’économie qui s’étend de Londres à Milan, au nord de l’Italie.
Métropole : Ensemble urbain qui concentre des fonctions de commandement, économiques et culturelles. Elle exerce son influence sur un vaste territoire.

Ces métropoles, organisées en réseau, sont des centres d’impulsion de la mondialisation. En effet, la mégalopole concentre les activités économiques liées à l’économie de service – grandes banques, compagnies d'assurances, sièges sociaux de FTN – et des centres de décision politique avec en particulier, à Bruxelles, le siège des institutions de l'UE. Ainsi, les régions où l’indice de compétitivité est le plus élevé sont majoritairement situées dans cette dorsale. 

Indice de compétitivité : Indicateur qui permet de mesurer le niveau de productivité d'une région et sa capacité à offrir à ses habitants des revenus élevés et en hausse, ainsi qu'une bonne qualité de vie. Les valeurs sont échelonnées de 0 à 100. Plusieurs indicateurs sont utilisés pour le calculer : le niveau de développement de la région, l'espérance de vie, la perception de la santé et l'égalité hommes-femmes.
b. Des périphéries inégalement intégrées

La notion de périphérie est liée à deux idées :

  • l’éloignement – en termes de distance kilométrique – des lieux de commandement ;
  • le développement économique et social plus faible.

Ainsi, les dynamiques territoriales de l’Union européenne permettent de distinguer différents espaces périphériques inégalement intégrés dans la mondialisation.

Les périphéries intégrées

Une périphérie intégrée se situe à proximité de la dorsale européenne et bénéficie de son influence directe. La densité des réseaux de communication et leurs liens avec la dorsale favorisent le dynamisme des activités. Elle comprend une grande partie de la France et de l’Espagne, le Danemark, les parties méridionales de la Suède et de la Finlande, les länder d’Allemagne de l’est et l'Autriche. Dans cette périphérie se distinguent des centres isolés où le développement économique et le niveau de vie des habitants sont encore plus remarquables.

Exemple
L'Île-de-France, le centre madrilène ou encore la région de Vienne sont des aires urbaines où l'indice de compétitivité approche des valeurs relevées dans la dorsale.
Les périphéries intégrées en cours d’intégration

On distingue une deuxième périphérie, en cours d'intégration mais au dynamisme inégal. Elle se compose en premier lieu de régions méditerranéennes anciennement intégrées à l'UE mais au développement plus difficile : le Portugal, les parties méridionales de l'Espagne et de l'Italie, la Grèce et les espaces méditerranéens insulaires. L'indice de compétitivité est compris entre moins de 30 et 50 en moyenne. Ces régions, plus éloignées des espaces moteurs, conservent un caractère plus rural. Les infrastructures de communication sont moins développées. Certaines régions, comme l'Andalousie en Espagne, connaissent néanmoins un développement économique plus sensible et une croissance économique plus soutenue.

Les périphéries marginalisées

Enfin, les périphéries marginalisées sont les régions européennes qui se trouvent le plus à l’écart de la dorsale européenne. Elles comprennent les États-membres de l’Est, marqués par leur passé communiste, qui ont adhéré plus tardivement à l'Union européenne, entre 2004 et 2007, et les régions ultra-périphériques (RUP). Les pays de l'ancien bloc de l'Est enregistrent un retard de développement important par rapport aux États membres occidentaux. Celui-ci est en cours de rattrapage mais les écarts de richesses sont encore marqués.

Exemple
La Lettonie enregistre un retard de développement relativement important par rapport à la France et à l’Allemagne. Malgré une croissance annuelle de son PIB s’élevant à 4,5 % (en 2017), le PIB par habitant s’élève à 21 700 euros. L’Allemagne et la France n’enregistrent pas de croissance similaire. En revanche, leur PIB par habitant est nettement supérieur puisqu’il s’élève respectivement à 38 100 euros et 32 100 euros. Les régions ultra-périphériques correspondent aux territoires ultramarins de l'UE. La distance et la situation insulaire sont à l'origine de nombreux retards de développement.
c. Des inégalités socio-spatiales à toutes les échelles : l’exemple de la France

Quel que soit l'ensemble géographique observé, les inégalités socio-spatiales sont présentes à toutes les échelles : nationale, régionale et également locale. La France est la 7e puissance économique mondiale et l’un des six pays fondateurs de la Communauté européenne du charbon et de l’acier. Si l’Ile-de-France constitue un centre isolé, la majorité du territoire est considérée comme une périphérie intégrée. Par conséquent, la France enregistre d’importantes inégalités socio-spatiales.

À l’échelle nationale, la macrocéphalie de la région Ile-de-France témoigne de ces inégalités territoriales. Elle concentre à elle seule un peu plus de 12 millions d’habitants, soit 18 % de la population nationale, et produit 31 % du PIB national. À titre comparatif, la région des Hauts-de-France, 3e région la plus peuplée du territoire et 4e PIB régional, produit uniquement 7,3 % du PIB national.

À l’échelle régionale, la région Ile-de-France est celle qui enregistre les plus fortes inégalités territoriales : elle concentre 22 % de cadres, mais le taux de pauvreté s’y élève à 15,9 % et le taux de chômage à 8,8 %. Ces indicateurs sont supérieurs à la moyenne nationale. La répartition de la population dans la région témoigne de ces disparités.

À l’échelle locale, il existe d’importantes inégalités de développement entre les différents arrondissements de la ville de Paris. Les ménages les plus riches résident essentiellement dans les VIIe, VIIIe et XVIe arrondissements, tandis que les ménages les moins aisés résident essentiellement dans les XVIIIe, XIXe et XXe arrondissements. Des politiques territoriales – telle que la Politique de la Ville – sont instaurées afin de renforcer la cohésion territoriale de la ville en contribuant au développement des quartiers dits prioritaires.

2. La politique de cohésion : une action européenne aux effets limités
a. Les objectifs définis par la politique de cohésion

Le renforcement de l'Union européenne passe par la réduction des inégalités de développement entre les territoires. Cette politique a été mise en place dès 1975 et est placée au cœur des objectifs de l'UE depuis le traité de Lisbonne de 2007.

On la nomme politique de cohésion, car elle vise :

  • à renforcer la cohésion économique et sociale du territoire européen ;
  • à atténuer les inégalités de développement qui se sont accentuées avec les élargissements successifs.

Pour la période 2014-2020, cette politique a bénéficié d’un budget de 352 milliards d’euros – soit le tiers du budget de l’Union européenne – afin de remplir cinq objectifs :

  • réduire le chômage (75 % de la population, dont l’âge est compris entre 20 et 64 ans, doit posséder un emploi) ;
  • renforcer la recherche, le développement technologique et l’innovation afin que les territoires gagnent en compétitivité et attirent les grandes firmes transnationales. (Ce secteur doit représenter 3 % du PIB de l’Union européenne) ;
  • s’adapter au changement climatique et protéger l’environnement grâce à une réduction des émissions de gaz à effet de serre et à l’essor des énergies renouvelables ; renforcer l’éducation (Le taux d’abandon scolaire doit rester inférieur à 10 % afin de disposer d’une main d'œuvre qualifiée) ;
  • réduire la pauvreté afin de favoriser l’inclusion sociale. Pour mener à bien cette politique, l'UE met en avant le principe de solidarité entre les États adhérents. Chaque pays verse, en fonction de sa richesse, des sommes qui alimentent des fonds structurels d'intervention.

Parmi ceux-ci, on peut signaler le FEDER, le FSE et le fonds de cohésion.

Fonds structurels : Ensemble d’aides financières qui contribuent à réduire les disparités de développement entre les régions européennes tout en respectant le principe de compétitivité des territoires.
Remarque
La définition de chaque fonds est disponible sur la fiche « La politique de cohésion économique, sociale et territoriale : un facteur de cohésion à différentes échelles  ».

Elle repose sur le cofinancement de millions de projets dont l’ampleur, les types d’acteurs – citoyens, petites et moyennes entreprises, organismes publics, etc. – et l’impact sont variables. Ils répondent tous à des objectifs précis en respectant les enjeux de durabilité, de compétitivité et de cohésion sur un territoire donné.

b. Des résultats contrastés

La politique de soutien de l’Union européenne aux espaces en difficulté a permis le développement accéléré de certains pays d’Europe de l’Est. Elle a donc contribué à une convergence économique entre les pays de l’Union européenne.

Toutefois, cette politique est régulièrement repensée, car ses résultats sont jugés trop partielles en fonction des régions.

Par ailleurs, les contrastes de développement à l'échelle des États demeurent très marqués dans certains cas. L'Union européenne représente un puissant levier pour le développement économique des États les plus en retard.

Ainsi, pour la période 2014-2020, la spécialisation des territoires est promue au détriment de leur cohésion. De nouvelles réformes sont également prévues pour la période 2021-2027 : les critères de cofinancement sont modifiés et le rôle de collectivités territoriales renforcé.

c. De nouveaux défis à relever

Malgré les réformes engagées au sein des politiques communes européennes, la lutte contre les disparités territoriales européennes est complexe et s’inscrit sur le temps long.

En effet, le budget de l’Union européenne est relativement faible : il ne représente qu’1 % du PIB annuel produit par les États-membres.

Remarque
Chaque État-membre reverse à l’Union européenne une contribution calculée en fonction de son poids économique. Cette contribution commune correspond en moyenne aux deux tiers, voire même aux trois quarts, du budget de l’Union européenne.

Par ailleurs, si les disparités socio-spatiales affaiblissent la communauté sur le plan économique, de nouveaux défis entravent l’intégration européenne.

Depuis le 31 janvier 2020, l’Union européenne ne regroupe plus que 26 États-membres puisque le Royaume-Uni a officiellement quitté la communauté. Le Brexit témoigne des difficultés idéologiques et politiques rencontrées au sein de l’Union européenne. Il est difficile d’assurer une gouvernance supranationale qui soit en adéquation avec les positions politiques, économiques et idéologiques des 26 États-membres.

La crise migratoire a cristallisé les divergences politiques et idéologiques entre les États-membres : ils adoptent des politiques différentes et manquent de solidarité entre eux. De plus, les pays d’Europe de l’ouest sont plus attractifs que ceux d’Europe de l’est.

Face à ces flux d’immigration d’est en ouest, certains pays ont fait le choix de rétablir des contrôles à leurs frontières et d’ériger des murs, et ce malgré leur adhésion à l’espace Schengen.

Le régime d’asile européen (RAEC) et le règlement Dublin III tendent à uniformiser la gestion des demandes d’asile au sein de la communauté.

Exemple
L’Allemagne, premier pays d’immigration, a accueilli un million de migrants en 2015. En revanche, la Hongrie a érigé une clôture de barbelés anti-migrant le long de la frontière partagée avec la Serbie.

Cette crise et le Brexit témoignent de la montée de l’euroscepticisme et d’une volonté de retour au souverainisme exprimés par certains États.

Souverainisme : Volonté des États de conserver leurs prérogatives au détriment d’une gouvernance supranationale.

Enfin, la politique économique libérale menée par l’Union européenne fait l’objet de critiques croissantes. Les altermondialistes et écologistes dénoncent les conséquences sociales, environnementales et sanitaires du libre-échange. Ils souhaitent que soit privilégiée une consommation locale qui repose sur des circuits courts et le respect de l’environnement.

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