Disparités et inégalités socio-spatiales : l'action de l'Union Européenne sur les territoires - Cours de Géographie avec Maxicours

01 49 08 38 00 - appel gratuit de 9h à 18h (hors week-end)

Disparités et inégalités socio-spatiales : l'action de l'Union Européenne sur les territoires

L'Union européenne (UE) constitue l'un des trois pôles majeurs d'impulsion de l'économie mondiale. Cependant tous les espaces ne participent pas de la même manière à la puissance de ce centre. De fortes disparités socio-spatiales existent entre les territoires à différentes échelles. L'UE cherche donc à remédier à ces disparités en aidant les régions qui connaissent des difficultés ou des retards de développement.
1. Des contrastes spatiaux de développement
a. Les espaces centraux
La dorsale européenne qui va de Londres à l'Italie du nord constitue le cœur dynamique de l'UE, le centre historique couvre l'espace incluant le Grand Londres, la région rhénane jusqu'aux villes italiennes de Milan et Turin. Il se caractérise par une forte concentration de population, de richesses et de pouvoir. Au cœur de cette dorsale, la mégalopole européenne, qui s'étend de Londres à Francfort, forme une vaste conurbation de grandes métropoles et constitue un pôle de puissance majeur.

Doc. 1. La population et les villes en Europes


Ces métropoles organisées en réseau sont des centres économiques internationaux. La place financière de Londres, la City, compte parmi les trois plus grandes places boursières au monde. La mégalopole concentre également de grandes banques et compagnies d'assurances, des sièges sociaux de FMN (firmes multinationales). Elle rassemble aussi des centres de décision politique avec en particulier, à Bruxelles, le siège des institutions de l'UE. Ces villes sont enfin des foyers culturels anciens qui offrent un patrimoine exceptionnel. Ce sont donc sans surprise de hauts lieux du tourisme international.

La concentration des richesses dans cet espace de la dorsale est la plus forte de toute l'UE. L'indice de compétitivité illustre le poids considérable de cet ensemble spatial. L'indice de compétitivité mesure le niveau de productivité d'une région et sa capacité à offrir à ses habitants des revenus élevés et en hausse ainsi qu'une bonne qualité de vie. Plusieurs indicateurs sont utilisés pour le calculer : le niveau de développement de la région, l'espérance de vie, la perception de la santé et l'égalité hommes-femmes. Les valeurs sont échelonnées de 0 à 100 (compétitivité la plus élevée). Les régions où cet indice est le plus fort, plus de 70, sont majoritairement situées dans cette dorsale.
b. Des périphéries inégalement intégrées
À proximité de cet espace central, on peut distinguer une première périphérie parfaitement reliée et intégrée, qui bénéficie de son influence directe. Cet ensemble englobe la France, une grande partie de l'Espagne, des îles britanniques, le Danemark, les parties méridionales de la Suède et de la Finlande, l'Allemagne et l'Autriche. La densité des réseaux de communication, leurs liens avec la dorsale favorisent le dynamisme des activités. Dans cette périphérie se distinguent des cœurs isolés où le développement économique, le niveau de vie des habitants sont encore plus remarquables : l'Ile de France, le centre madrilène ou encore la région de Vienne sont quelques exemples de ces régions où l'indice de compétitivité approche des valeurs relevées dans la dorsale.

Au-delà de cette première périphérie les écarts de développement et de niveau de vie sont plus tangibles. On distingue une deuxième périphérie, en cours d'intégration, mais au dynamisme inégal. Elle se compose en premier lieu de régions méditerranéennes, anciennement intégrées à l'UE mais au développement plus difficile : le Portugal, les parties méridionales de l'Espagne et de l'Italie, la Grèce et les espaces méditerranéens insulaires. L'indice de compétitivité est compris entre moins de 30 et 50 en moyenne. Ces régions, plus éloignées des espaces moteurs, conservent un caractère plus rural. Les infrastructures de communication sont moins développées. Certaines régions comme l'Andalousie en Espagne connaissent néanmoins un développement économique plus sensible et une croissance économique plus soutenue.

Les régions situées à l'est de la dorsale sont marquées par leur passé communiste et ont adhéré plus tardivement à l'UE, entre 2004 et 2007. L'élargissement à douze nouveaux pays de l'ancien bloc de l'est conduit, à ces deux dates, à un fort contraste de richesses entre l'ouest et l'est. Celui-ci est en cours de rattrapage mais les écarts de richesses sont encore marqués : ainsi les PIB (Produit intérieurs bruts) des États baltes comme la Lituanie ou la Lettonie sont respectivement de 32 et 23 milliards d'euros contre 2496 milliards pour l'Allemagne ou 1950 milliards pour la France. Les difficultés sont identiques pour les pays de l'ex-Yougoslavie qui sont en attente d'adhésion à l'UE (seule la Slovénie a intégrée l'UE en 2004).
Doc. 2. Les grands axes européens

Une dernière catégorie d'espaces, les moins intégrés, peut être signalée : elle rassemble les territoires ultramarins de l'UE (Cf chapitre suivant sur Les territoires ultramarins de l'Union européenne). La distance, la situation insulaire sont à l'origine de nombreux retards de développement.
c. De forts contrastes à l'échelle infra-régionale
Quel que soit l'ensemble géographique observé, les inégalités socio-spatiales peuvent apparaître à plus ou moins grande échelle : elles existent à l'échelle d'un État, d'une région et également d'une ville. L'exemple de la Grèce, dans la périphérie méditerranéenne en est une illustration. Depuis son entrée dans l'UE en 1981, cet État a connu un développement rapide : son PIB a été multiplié par six, passant de 40,5 milliards d'euros à 243 milliards en 2010. La mortalité infantile a considérablement chuté : elle était de près de 18‰ en 1981 pour 3,5‰ en 2010, preuve de l'amélioration de la qualité des soins, de l'hygiène de vie et des infrastructures de santé publique.

Cependant les contrastes régionaux sont forts et opposent des régions riches et développées à des régions qui demeurent marquées par la pauvreté. Ainsi la région de l'Attique avec Athènes dispose d’un PIB par habitant supérieur à 30 000 € alors que pour l’est de la macédoine, la Thrace ou encore la Grèce occidentale il n’est que de 16 000 €. Ces contrastes sont enfin sensibles à l'échelle même d'une ville comme Athènes. Cette métropole de quatre millions d'habitants a accéléré son développement grâce à la réception des Jeux Olympiques en 2004. Les quartiers centraux de la ville témoignent de difficultés après les départs des classes moyennes et aisées pour les banlieues proches. Le centre demeure touristique mais il est gangréné par la formation de ghettos, d'habitats dégradés occupés par des immigrants illégaux.
2. L'action de l'Union européenne pour remédier aux déséquilibres
a. Quels sont les objectifs définis ?
Le renforcement de l'UE passe par la réduction des inégalités de développement entre les territoires. Cette politique a été mise en place dès 1975 et depuis le traité de Lisbonne de 2007, elle est placée au cœur des objectifs de l'UE. On la nomme politique de cohésion car elle vise à renforcer la cohésion économique et sociale du territoire européen, à atténuer les inégalités de développement qui se sont accentuées avec les élargissements successifs.

Trois objectifs prioritaires structurent cette politique définie pour la période 2007-2013. Elle bénéficie pour cela d'un budget global de 347 milliards d'euros. Le premier objectif est un objectif de convergence. Il s'agit de promouvoir la croissance des espaces en retard de développement. Cet objectif prioritaire bénéficie de 81,5% des crédits. Le deuxième objectif concerne la compétitivité régionale et l'emploi. Il vise à renforcer la compétitivité et l'attractivité des espaces concernés et bénéficie de 16% des crédits alloués. Enfin, un troisième objectif concerne la coopération territoriale européenne. L'UE cherche à favoriser la formation d'eurorégions c'est-à-dire à soutenir la coopération transfrontalière. Il regroupe 2,5% des crédits.

Pour mener à bien cette politique, l'UE met en avant le principe de solidarité entre les États adhérents. Chaque pays verse, en fonction de sa richesse, des sommes qui vont alimenter des fonds d'intervention. Parmi ceux-ci, on peut signaler le FEDER, fonds européen de développement régional, créé en 1957 qui finance la construction d'infrastructures, des programmes d'innovation et tous les projets de développement locaux. Le FSE, fonds structurels européens, soutient la formation professionnel, les programmes d'aide et de création à l'emploi. Enfin, le fonds de cohésion, concerne les 15 États les plus en retard et finance des projets d'infrastructures de transport et le développement des énergies renouvelables.
b. Les échelles de l'intervention
La politique européenne de cohésion est menée à échelle nationale et régionale. Les régions bénéficiant des aides spécifiques sont celles des périphéries en retard de développement : Portugal, Espagne et Italie méridionales, Grèce, Pays d'Europe centrale et orientale (PECO) ainsi que certains territoires ultramarins (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Mayotte, Réunion et Açores). Elle est menée également à l'échelle locale : il s'agit d'aides à des espaces ruraux en difficultés, ou des projets de rénovation urbaine. C'est ainsi le cas des villes du Havre où les quartiers sud de la ville touchés, par les mutations de l'industrie portuaire, ont bénéficié du programme « UrbanII » visant à améliorer la situation des habitants par la valorisation des quartiers concernés. Le projet doit remédier à leur enclavement, faciliter la rénovation du bâti mais aussi remédier aux problèmes de chômage, de manque de qualification des populations.
c. Des résultats inégaux
La politique de soutien de l'UE aux espaces en difficultés a permis le développement accéléré de certains pays comme l'Irlande, l'Espagne ou la Grèce. Le PIB de l'Espagne a ainsi été multiplié par quatre depuis son adhésion en 1986. La situation est assez semblable pour certains PECO comme la Pologne et la Hongrie. Mais la réussite de certains de ces pays est fragile et dépendante du soutien de l'UE. Les difficultés financières de l'Irlande, de la Grèce ou de l'Espagne témoignent de ces fragilités. Par ailleurs, les contrastes de développement à l'échelle des États demeurent très marqués dans certains cas.
L'essentiel
La puissance de l’UE masque de réelles disparités de développement. La dorsale européenne constitue le centre moteur de cet espace. Au-delà de cet ensemble dynamique se distinguent des périphéries plus ou moins bien reliées et intégrées. Pour remédier aux problèmes de développement qui se posent à toutes les échelles, l’UE engage des politiques de soutien et cherche à corriger les disparités. En dépit de résultats inégaux, l’objectif reste d’assurer le rayonnement de l’ensemble de l’union.

Comment as-tu trouvé ce cours ?

Évalue ce cours !

 

Découvrez
Maxicours

Des profs en ligne

Géographie

Aidez votre enfant à réussir en SVT grâce à Maxicours

Des profs en ligne

  • 6j/7 de 17h à 20h
  • Par chat, audio, vidéo
  • Sur les 10 matières principales

Des ressources riches

  • Fiches, vidéos de cours
  • Exercices & corrigés
  • Modules de révisions Bac et Brevet

Des outils ludiques

  • Coach virtuel
  • Quiz interactifs
  • Planning de révision

Des tableaux de bord

  • Suivi de la progression
  • Score d’assiduité
  • Une interface Parents