Des cartes pour illustrer le monde complexe tissé par la mondialisation - Maxicours

Des cartes pour illustrer le monde complexe tissé par la mondialisation

Le monde connaît de profondes mutations et devient de plus en plus complexe à déchiffrer. Les cartes constituent un outil d’analyse qui permet d’essayer de le comprendre.

Pour saisir, par les cartes, les dynamiques du monde actuel, il faudrait recourir à l’analyse et au croisement de plusieurs grilles de lecture : géopolitique, géoéconomique, géoculturelle et géoenvironnementale. Il s'agira d'exploiter ici la grille géoéconomique.
1. Rappels méthodologiques
La mondialisation n’est pas un phénomène nouveau. Cela fait des siècles que des échanges de toutes sortes ont lieu entre les différents continents. Cependant, depuis les années 60, elle s’est très nettement accélérée. Et cette accélération sans précédent, favorisée par une révolution des transports, a engendré l’émergence d’un monde différent, de plus en plus complexe.
a. But de l'exercice
L’analyse de planisphères doit permettre de mettre en évidence certains aspects du système de relations complexes instaurées par l’accélération de la mondialisation.
Il s'agira également de vérifier que le vocabulaire spécifique à la géographie est acquis et employé à bon escient.
b. Méthodologie
Sur chacun des planisphères, le travail d’analyse se fait en trois étapes :

► L’analyse de la carte
  • Dans un premier temps, il faut analyser chaque carte une à une et relever le but ou ce qu'elle constate, ainsi que les points importants. La question centrale est « Qu'est-ce que cette carte cherche à montrer de l’organisation de l’espace mondial ? »
  • Les connaissances d'un sujet peuvent être utilisées pour développer l'analyse du contenu de la carte.
Exemple : carte de l’IDH (Indicateur de développement humain) dans le monde
  1. Expliquer la notion d’IDH.
  2. Démontrer le but / constat de la carte. Il est nécessaire d’argumenter avec des exemples tirés de la carte : Les conditions de vie à la surface du globe sont très inégales, parce que... / comme le montre…
  3. Montrer les autres points importants. Il existe des inégalités entre les pays / continents mais également à l’intérieur de chacun des pays (développés, émergents ou sous-développés).
  4. Point de cours : notion de « Nord » (États développés) et de « Sud » (États en voie de développement).
  5. Conclusion / Hypothèsela notion de « pays du Nord » et « pays du Sud » est sans doute moins pertinente en 2014 que 50 ans plus tôt. On peut employer aujourd’hui l’expression : « des Suds » et « des Nords ».

► La comparaison entre les différentes cartes
  • Lorsqu’il y a plusieurs cartes, effectuer une comparaison entre elles. Il s’agit de mettre en évidence d’autres grilles de lecture du sujet, d’autres perspectives d’analyse. L’organisation des territoires et leurs dynamiques sont le produit de phénomènes de natures diverses dont les effets se combinent et s’entremêlent.

Exemples : carte sur le PIB (Produit intérieur brut) et carte sur la répartition des IDE (Investissements directs à l’étranger).
  1. Croiser les informations des deux cartes : les États dont le niveau de richesse est élevé (un PIB fort) sont ceux qui reçoivent et émettent le plus d’IDE.
  2. Argumenter avec des exemples, des chiffres de la carte.
  3. Explication / développement : expliquer pourquoi des pays riches peuvent se permettre d’investir à l’étranger (et en quoi cela contribue à les enrichir davantage) et pourquoi d’autres pays souhaitent investir chez eux en priorité. 

Il est toujours intéressant de donner le point de vue inverse → pourquoi certains États n’émettent que très peu d’IDE et n’en reçoivent pas ou rarement.

 L’analyse critique
  • Il faut porter un regard critique sur chaque carte. En effet, une carte montre le point de vue de son auteur sur le monde. Et de ce fait, ce n’est pas un objet neutre. Un autre auteur l’aurait sans doute créée différemment.
  • Donner les apports et les limites de la ou des cartes. Par limites, on peut entendre les manques, les imprécisions, le point de vue trop marqué de l’auteur, etc.
2. Mise en situation
À partir des cartes choisies ci-dessous, nous allons effectuer une analyse cartographique en s’appuyant sur la méthodologie présentée ci-dessus. Trois exemples seront développés : les inégalités de développement, la répartition des échanges mondiaux, la montée en puissance des pays émergents.



 
Doc.1. Le développement humain dans le monde (IDH)

 Doc.2. L'urbanisation dans le monde

Doc.3. Les densités de population dans le monde

Doc.4. Les échanges mondiaux

Doc.5. Les IDE dans le monde


 
Doc.6. Le PIB dans le monde
a. Les inégalités de développement
Cet exemple s’appuiera sur deux cartes : celle sur le PIB et celle sur l’IDH.

 Définition
  • Le développement se mesure avec des indicateurs chiffrés. Le plus utilisé est le PIB qui sert à quantifier la richesse produite par un pays en une année. Le PIB par habitant est obtenu en divisant le PIB par le nombre d’habitants du pays choisi.
  • On emploie également l’IDH (Indice de développement humain). Ce dernier est calculé à partir de plusieurs indicateurs : le PIB, l’espérance de vie à la naissance et le niveau d’alphabétisation des adultes. Il va de 0 à 1. Les pays les plus pauvres sont proches de 0 et les plus développés se situent au-dessus de 0,9.

► Analyse de la carte
Carte sur le PIB
  • Les pays développés ont un PIB élevé. Les États-Unis ont le PIB le plus important, suivi de la Chine, du Japon, de l’Allemagne et de la France (donner des chiffres) ;
  • Les PMA ont des PIB très faibles (donner une définition et des exemples de PMA) ;
  • Les pays émergents sont en forte progression : le Brésil, l’Inde, le Mexique, l’Indonésie… (donner des chiffres).

Carte IDH
  • Il existe une inégalité de l’IDH entre les pays et à l’intérieur des pays ;
  • La domination des pays développés ;
  • La situation difficile des pays en développement et des PMA ;
  • Des progrès plus ou moins nets dans les pays émergents.

► Comparaison des cartes
  • Si, dans les pays émergents le niveau de richesse du pays augmente très nettement, celui de l’IDH est en croissance nettement moins rapide. Les progrès dans ce domaine varient véritablement en fonction des pays ;
  • Certains pays ont un PIB relativement élevé (pays considérés comme riches) mais présentent un IDH assez moyen (la Russie par exemple).
→ Il existe donc une corrélation entre le PIB et l’IDH. Les États les plus riches sont généralement ceux qui investissent dans le développement humain. Mais cette affirmation est à nuancer : la Chine ou certains États pétroliers, par exemple, continuent à avoir un IDH moyen malgré un PIB élevé. Leurs choix se fondent davantage sur un développement économique que social.

Critique des cartes
Carte sur le PIB
  • Elle masque le fait qu’au sein même des ensembles régionaux (comme l’Union européenne), des écarts de richesse et de développement peuvent être importants. Il y a actuellement d’importantes disparités entre l’Europe du Nord et l’Europe du Sud (effets de la crise économique et de la dette).
Carte sur l’IDH
  • Afin de compléter et de préciser les données fournies par l’IDH, il aurait été intéressant d’avoir une carte de l’IPH dans le monde. L’IPH est l’indicateur de la pauvreté humaine, un indice dont le but est de mesurer le niveau de pauvreté d’un pays. Il se mesure avec des indicateurs différents selon si le pays est considéré comme développé ou non. L’IPH est exprimé en pourcentage : de ce fait, plus il est élevé et plus le pays a des retards de développement.
Pour les pays en voie de développement (PED), trois indicateurs sont pris en compte : la longévité (nombre de décès avant 40 ans en pourcentage), l’instruction (taux d’analphabétisme chez les adultes) et les conditions de vie (accès à l’eau potable, aux services de santé, enfants de moins de 5 ans souffrant d’insuffisance pondérale).

Pour les États dits « développés », quatre indicateurs sont pris en compte : la longévité (nombre de décès avant 60 ans en pourcentage), l’instruction (taux d’illettrisme chez les adultes), l’exclusion (taux de chômeurs depuis plus de douze mois) et les conditions de vie.
b. La répartition des échanges mondiaux
Cet exemple s’appuiera sur la carte des échanges mondiaux.

→ Le monde est devenu interdépendant.
→ Les échanges mondiaux sont largement dominés par la TRIADE (L’Amérique du Nord, l’Union européenne, le Japon et l’Asie orientale). Ces quatre pôles concentrent en effet la majorité des flux, ils échangent essentiellement entre eux. Cela est dû au fait qu’ils échangent des biens de consommation coûteux, qui ne peuvent être achetés que par des consommateurs qui ont les moyens de se les offrir. « Essentiellement » ne signifie cependant pas exclusivement : ils exportent et achètent également dans le reste du monde.
→ Ces flux d’échanges sont très importants en Chine, au Brésil et en Inde, trois pays émergents (développer et donner des exemples concrets). En revanche, les flux sont faibles, voire inexistants, dans les pays en développement et les PMA (développer avec des exemples concrets).
c. La montée en puissance des pays émergents
Cet exemple s’appuiera sur les cartes portant sur le PIB, les densités de population, l’urbanisation, l’IDE et les échanges mondiaux.

 Analyse des cartes
  • Carte PIB : de nouveaux États profitent de la mondialisation pour s’enrichir.
  • Carte sur les densités de population : les pays émergents ont une population nombreuse (leur main-d’œuvre est moins chère que dans les pays des Nords et peu exigeante).
  • Carte sur les IDE : les pays émergents attirent les IDE et les délocalisations d’usines. Les FTN occidentales et asiatiques s’y installent pour y faire assembler ou fabriquer des biens de consommation à forte valeur ajoutée, avant de les faire transférer par porte-conteneurs sous forme de produits finis dans le monde entier.
  • Carte sur l'urbanisation : on constate une urbanisation en forte croissance. Il faut alors développer en montrant les difficultés que cela engendre (exode rural, bidonvilles…) ; une situation similaire dans les pays développés et les PMA, à nuancer néanmoins.

 Comparaison des cartes
La forte croissance économique des pays émergents, ainsi que leur main-d’œuvre nombreuse, peu exigeante et peu coûteuse attirent les FTN des pays développés, qui y investissent par le biais d’IDE ou avec les délocalisations de leur production.
L'essentiel
L’étude d’une carte se fait en trois étape :

• L’analyse de la carte
→ Définir les termes géographiques.
→ Montrer le but de la carte et les points importants.
→ L’analyse doit être appuyée de chiffres et d’exemples tirés de la carte.
→ L’analyse devra être enrichie des connaissances de cours.

• La comparaison entre les différentes cartes
→ Croiser les informations pour compléter l’analyse ;
→ Faire apparaître d’autres perspectives, d’autres grilles de lecture (économique, sociale, culturelle, politique, historique, etc.).

• La critique
→ Montrer les apports positifs de la carte et ses limites (manques, imprécisions, etc.).

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