André Malraux - Cours de Français Seconde avec Maxicours - Lycée

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André Malraux

Objectif : connaître les principes fondateurs ainsi que les auteurs majeurs de quelques grands courants littéraires du XXe siècle.
1. Sa vie
André Malraux est né à Paris en 1901. A 17 ans, il quitte l'école avant d'avoir passé son baccalauréat. C'est donc en autodidacte qu'il devient un homme brillant par sa culture et par l'aisance de sa parole, fréquentant les milieux artistiques et littéraires de l'avant-garde parisienne des « Années folles ». Il rencontre ainsi des peintres cubistes tels que Démétrios Galanis, Georges Braque ou Pablo Picasso, collabore à des revues littéraires et côtoie des écrivains de renom.

En 1921, il publie sa première œuvre, Lunes en papier. Sa passion pour l'art khmer ainsi qu'un urgent besoin d'argent l'amènent à entreprendre une expédition archéologique en Indochine en 1923. Sensibilisé par les problèmes de colonisation, il prend part à la lutte au Cambodge en 1925. Il reste en Extrême-Orient jusqu'en 1926, où il participe à des mouvements révolutionnaires sous le drapeau du Kuomintang. Il s'oriente ainsi vers l'engagement politique.

De retour à Paris, il se lie avec André Gide qui le fait entrer chez Gallimard, en tant que directeur artistique. Malraux écrit quatre œuvres inspirées de son expérience en Asie : un essai, La Tentation de l'Occident (1926), et trois romans, Les Conquérants (1928), La Voie royale (1930) et La Condition humaine qui lui vaut le prix Goncourt en 1933.

La prise de pouvoir par Hitler, la même année, le conduit à se rapprocher des communistes afin de lutter contre la montée du nazisme et du fascisme ; il publie alors Le Temps du mépris (1935).
Puis, il s'engage dans la guerre civile espagnole en 1936, aux côtés des républicains contre Franco. Cette expérience lui inspire un vaste roman épique, L'Espoir (1937), dont il réalise une adaptation cinématographique en 1939 : Sierra de Teruel. Mais la victoire de Franco et la signature du pacte germano-soviétique lui apportent une grande déception et l'amènent à rompre avec les communistes.
Engagé volontaire dès 1940, blessé, puis fait prisonnier à plusieurs reprises, il s'engage dans la Résistance en 1943 et prend le commandement de la brigade Alsace-Lorraine. C'est pendant cette période qu'il écrit Les Noyers de l'Altenburg (1943).

Un homme va alors changer sa vie : le général de Gaulle. Il devient ministre de l'Information en novembre 1945, puis délégué à la propagande du RPF de 1947 à 1953. Il écrit alors l'essentiel de ses grands ouvrages sur l'art. Lorsque de Gaulle revient au pouvoir en 1958, il appartient de nouveau au gouvernement comme ministre d'Etat chargé des Affaires culturelles jusqu'en 1969, période durant laquelle il mène une politique de démocratisation de la culture (création des maisons des jeunes et de la culture).
Retiré des affaires politiques, il passe la fin de sa vie à méditer sur la mort et sur la conscience de soi et publie divers tomes du Miroir des limbes (1976). Il s'éteint en 1976 alors qu'il était en train d'écrire sa dernière œuvre : L'Homme précaire et la littérature (posth., 1977).

2. Les écrits de jeunesse
Au milieu des « Années folles », Malraux est marqué par l'esthétique cubiste des peintres et des poètes comme Max Jacob. Le cubisme est pour lui un moyen de faire violence à son lecteur en le privant de la référence commune qui lui permettrait de comprendre l'œuvre qu'il a sous les yeux et de s'y reconnaître lui-même. C'est dans cette veine qu'il écrit Lunes en papier (1921) et Royaume-Farfelu (1928). Son style porte également la marque d'une certaine espièglerie, désinvolture et auto-ironie. C'est pourquoi on le qualifie volontiers de « farfelu ».
3. Sur la voie du roman
Son expérience en Extrême-Orient et ses lectures des romans d'André Gide vont amener Malraux sur la voie du roman.
Ses œuvres ne sont pas véritablement une chronique romancée d'événements dont il a pu être le témoin. Même s'il les présente dans leur immédiateté, comme dans un reportage, c'est toujours avec le refus du réalisme documentaire, informatif, qu'il aborde tous les grands problèmes du XXe siècle (colonialisme, communisme, fascisme, guerre mondiale). Si ses romans sont riches d'aventures et de guerres, mêlant inextricablement l'actualité transposée et la fiction, ils sont souvent difficilement lisibles pour ceux qui ne connaissent pas les situations et les événements auxquels l'écrivain se réfère.

Pour Malraux, le roman ne se réduit pas aux péripéties et il s'agit avant tout d'exprimer le tragique de l'homme : c'est pourquoi il étudie les différentes passions qui animent ses héros dans leur lutte pour un idéal.
Il atteint même alors au lyrisme lorsqu'il évoque la violence qui possède, obsède ou fascine ses personnages. Devenu poète lyrique, évinçant en quelque sorte ses personnages et le récit de leurs aventures, le romancier est en mesure d'évoquer, hors de toute fiction, les forces révolutionnaires qui travaillent à la métamorphose des formes anciennes du monde. Progressivement apparaît alors soit la protestation contre la condition humaine, soit la promesse de son amélioration par les vertus de la fraternité.

4. L'essayiste et le mémorialiste
Sa rencontre avec le général de Gaulle à la fin de la guerre va marquer un tournant dans la carrière politique et littéraire de Malraux. Délaissant le roman, il se tourne vers la critique d'art, se consacrant notamment à ce qu'il appelle « le musée imaginaire » pour désigner la multitude des œuvres rendues accessibles par leurs reproductions photographiques. Ainsi, la méditation sur l'art, esquissée dans ses premiers articles et ses romans, se développe considérablement.

En 1951, il publie Les Voix du silence, ouvrage qui regroupe quatre textes sur l'art. On lui doit aussi Saturne, essai sur Goya (1950) et La Métamorphose des dieux (1957). Ce sont non seulement des essais sur des questions esthétiques, mais aussi et surtout des poèmes, chants épiques sur la création artistique, expliquant la nature profonde de l'art moderne et éclairant la signification du geste créateur.

Malraux distingue ainsi deux grands types d'art et de style : ceux qui acceptent de représenter le réel, même en l'embellissant, et inversement ceux qui stylisent le réel, le métamorphosent parce qu'ils sont déçus par la réalité ou parce qu'ils créent au nom de quelque chose qui les dépasse. C'est ce dernier style que défend Malraux : style tragique ou religieux qui détruit le réel pour en faire jaillir le sacré. A la fin de sa vie, Malraux s'oriente vers un genre nouveau : l'autobiographie. C'est ainsi qu'il compose une véritable épopée du siècle, formant un curieux pot-pourri de choses vues et de choses imaginées, qu'il intitule Le Miroir des limbes (1976), comprenant notamment les Antimémoires (1967).

L'essentiel

André Malraux (1901-1976) est un écrivain français, à la vie aventureuse et engagée. Ses expériences en Extrême-Orient, puis celles de la guerre civile espagnole vont lui inspirer cinq grandes œuvres (La Tentation de l'Occident, Les Conquérants, La Voie royale, La Condition humaine et L'Espoir) qui vont marquer la scène littéraire par la distance qu'elles prennent face au roman d'aventures traditionnel : péripéties et personnages sont délaissés au profit de vastes tableaux épiques et de discours métaphysiques et esthétiques.
Dans la deuxième partie de sa vie, engagé auprès de de Gaulle, il oriente son œuvre vers l'essai sur l'art (Les Voix du silence) et l'autobiographie (Le Miroir des limbes).

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