André Malraux
En 1921, il publie sa première œuvre, Lunes en papier. Sa passion pour l'art khmer ainsi qu'un urgent besoin d'argent l'amènent à entreprendre une expédition archéologique en Indochine en 1923. Sensibilisé par les problèmes de colonisation, il prend part à la lutte au Cambodge en 1925. Il reste en Extrême-Orient jusqu'en 1926, où il participe à des mouvements révolutionnaires sous le drapeau du Kuomintang. Il s'oriente ainsi vers l'engagement politique.
De retour à Paris, il se lie avec André Gide qui le fait entrer chez Gallimard, en tant que directeur artistique. Malraux écrit quatre œuvres inspirées de son expérience en Asie : un essai, La Tentation de l'Occident (1926), et trois romans, Les Conquérants (1928), La Voie royale (1930) et La Condition humaine qui lui vaut le prix Goncourt en 1933.
La prise de pouvoir par Hitler, la même année, le
conduit à se rapprocher des communistes afin de
lutter contre la montée du nazisme et du fascisme ;
il publie alors Le Temps
du mépris (1935).
Puis, il s'engage dans la guerre civile espagnole en 1936,
aux côtés des républicains contre
Franco. Cette expérience lui inspire un vaste roman
épique, L'Espoir
(1937), dont il réalise une adaptation
cinématographique en 1939 : Sierra
de Teruel. Mais la victoire de Franco et la
signature du pacte germano-soviétique lui apportent une
grande déception et l'amènent à rompre
avec les communistes.
Engagé volontaire dès 1940,
blessé, puis fait prisonnier à plusieurs
reprises, il s'engage dans la Résistance en 1943
et prend le commandement de la brigade Alsace-Lorraine. C'est
pendant cette période qu'il écrit Les Noyers de l'Altenburg (1943).
Un homme va alors changer sa vie : le
général de Gaulle. Il devient
ministre de l'Information en novembre 1945, puis
délégué à la propagande du RPF
de 1947 à 1953. Il écrit alors
l'essentiel de ses grands ouvrages sur l'art. Lorsque de
Gaulle revient au pouvoir en 1958, il appartient de nouveau au
gouvernement comme ministre d'Etat chargé des Affaires
culturelles jusqu'en 1969, période durant laquelle
il mène une politique de démocratisation de la
culture (création des maisons des jeunes et de la
culture).
Retiré des affaires politiques, il passe la fin de sa
vie à méditer sur la mort et sur la conscience de
soi et publie divers tomes du Miroir
des limbes (1976). Il s'éteint en 1976
alors qu'il était en train d'écrire sa
dernière œuvre : L'Homme précaire
et la littérature
(posth., 1977).
Ses œuvres ne sont pas véritablement une chronique romancée d'événements dont il a pu être le témoin. Même s'il les présente dans leur immédiateté, comme dans un reportage, c'est toujours avec le refus du réalisme documentaire, informatif, qu'il aborde tous les grands problèmes du XXe siècle (colonialisme, communisme, fascisme, guerre mondiale). Si ses romans sont riches d'aventures et de guerres, mêlant inextricablement l'actualité transposée et la fiction, ils sont souvent difficilement lisibles pour ceux qui ne connaissent pas les situations et les événements auxquels l'écrivain se réfère.
Pour Malraux, le roman ne se réduit pas aux
péripéties et il s'agit avant tout d'exprimer le
tragique de l'homme : c'est pourquoi il étudie les
différentes passions qui animent ses héros dans
leur lutte pour un idéal.
Il atteint même alors au lyrisme lorsqu'il évoque
la violence qui possède, obsède ou fascine ses
personnages. Devenu poète lyrique,
évinçant en quelque sorte ses personnages et le
récit de leurs aventures, le romancier est en mesure
d'évoquer, hors de toute fiction, les forces
révolutionnaires qui travaillent à la
métamorphose des formes anciennes du monde.
Progressivement apparaît alors soit la protestation
contre la condition humaine, soit la promesse de son
amélioration par les vertus de la
fraternité.
En 1951, il publie Les Voix du silence, ouvrage qui regroupe quatre textes sur l'art. On lui doit aussi Saturne, essai sur Goya (1950) et La Métamorphose des dieux (1957). Ce sont non seulement des essais sur des questions esthétiques, mais aussi et surtout des poèmes, chants épiques sur la création artistique, expliquant la nature profonde de l'art moderne et éclairant la signification du geste créateur.
Malraux distingue ainsi deux grands types d'art et de style : ceux qui acceptent de représenter le réel, même en l'embellissant, et inversement ceux qui stylisent le réel, le métamorphosent parce qu'ils sont déçus par la réalité ou parce qu'ils créent au nom de quelque chose qui les dépasse. C'est ce dernier style que défend Malraux : style tragique ou religieux qui détruit le réel pour en faire jaillir le sacré. A la fin de sa vie, Malraux s'oriente vers un genre nouveau : l'autobiographie. C'est ainsi qu'il compose une véritable épopée du siècle, formant un curieux pot-pourri de choses vues et de choses imaginées, qu'il intitule Le Miroir des limbes (1976), comprenant notamment les Antimémoires (1967).
André Malraux (1901-1976) est un écrivain
français, à la vie aventureuse et
engagée. Ses expériences en
Extrême-Orient, puis celles de la guerre civile
espagnole vont lui inspirer cinq grandes œuvres
(La Tentation de l'Occident,
Les Conquérants, La Voie royale,
La Condition humaine et L'Espoir) qui vont
marquer la scène littéraire par la distance
qu'elles prennent face au roman d'aventures traditionnel :
péripéties et personnages sont
délaissés au profit de vastes tableaux
épiques et de discours métaphysiques et
esthétiques.
Dans la deuxième partie de sa vie, engagé
auprès de de Gaulle, il oriente son œuvre
vers l'essai sur l'art (Les Voix
du silence) et l'autobiographie
(Le Miroir des limbes).

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