Eugène Ionesco - Cours de Français Seconde avec Maxicours - Lycée

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Eugène Ionesco

Objectif : connaître les principes fondateurs ainsi que les auteurs majeurs de quelques grands courants littéraires du XXe siècle.
1. Sa vie
De père roumain et de mère française, Eugène Ionesco est né en Roumanie en 1909 ou 1912. Après une jeunesse passée à Paris, c'est en 1925 qu'il retourne dans son pays natal où il devient professeur de français et où il lutte contre la montée du nazisme et du fascisme.
En 1938, il revient à Paris pour préparer une thèse sur « le péché et la mort dans la poésie française depuis Baudelaire », tout en travaillant comme correcteur dans une maison d'édition. Très vite, il se consacre entièrement au théâtre.

En 1950, sa première pièce, La Cantatrice chauve, est montée au théâtre des Noctambules par Nicolas Bataille, mais elle ne rencontre pas le succès. L'année suivante, La Leçon obtient un succès de scandale. Ionesco enrichit son répertoire d'effets insolites dans Les Chaises (1952), son chef-d'œuvre.
Ionesco doit attendre une dizaine d'années avant de triompher en France avec Rhinocéros en 1959, mis en scène par Jean-Louis Barrault, puis avec Le roi se meurt, mis en scène par Jacques Mauclair en 1962. Dès lors, il s'impose comme le symbole du nouveau théâtre. En 1970, Eugène Ionesco est élu à l'Académie française. Il meurt en 1994.

2. Le nouveau théâtre : l'antithéâtre
Dans les ruines de l'après-guerre qui voit se développer un violent sentiment de l'absurdité de la condition humaine, naît un théâtre d'avant-garde qui veut balayer les codes du réalisme, de la vraisemblance, de la psychologie, en utilisant de nouvelles formes de langage et de gestes afin de renouveler le plaisir du spectateur.

C'est dans cette mouvance, avec Arthur Adamov et Samuel Beckett, que Ionesco va révéler le chaos du monde d'après-guerre jusque dans la parole et le jeu des acteurs, associant la dérision de l'époque à une dérision du langage et de la scène : absence de personnages au sens classique du terme, absence de psychologie, de caractères, d'intrigues.
Contre les principes de la logique et de la vraisemblance, le langage devient absurde et saugrenu, fait de lieux communs, désarticulé par des coq-à-l'âne, obscurci par des ellipses. Ainsi le langage dramatique devient-il le moyen d'exprimer l'absurde.
Si les personnages de Ionesco donnent l'image d'un échec de la communication, le dramaturge, lui, parvient parfaitement à faire passer ce qu'il veut par une recherche précise de formules, de répliques, de gestes, si bien que sa réussite lui vient de l'échec de communication de ses personnages.

3. Un spectacle total : l'illusion théâtrale dévoilée
Pour Eugène Ionesco, le théâtre doit se faire spectacle total en touchant tous les sens du spectateur, et non seulement l'intelligence ; pour cela, il va mettre à profit les techniques modernes des décors, de l'éclairage, des trucages, de la musique. Mais, loin de dissimuler ces artifices, il va rompre, au contraire, avec les principes de l'illusion théâtrale en révélant ses ficelles, qu'il associe volontiers à celles du théâtre de Guignol. De ce fait, il met en évidence le caractère stéréotypé des personnages, la vacuité de l'intrigue, les clichés de langage, l'absurdité de la conversation.
L'absurde devient alors un moyen de produire de l'inattendu et de reconstruire de la surprise que les excès du réalisme et de la logique avaient étouffée.

Par ailleurs, il pratique le mélange des registres, allant du plus noble à la farce la plus grotesque. Il aime, en particulier, jouer sur la surprise du langage pour provoquer le rire et ainsi, par ces effets de rupture, stimuler notre réflexion ou dévoiler l'inconscient le plus intime des êtres.
Ionesco se fait du comique une conception proche de l'angoisse, comme il l'écrit dans Notes et Contre-Notes (1962) : « Le comique étant l'intuition de l'absurde, il me semble plus désespérant que le tragique. Le comique est tragique, et la tragédie de l'homme dérisoire. »

4. Un théâtre engagé
Les premières pièces de Ionesco, comme La Cantatrice chauve ou La Leçon, mettent en scène l'absurdité du monde et une partie du comique vient aussi de la satire sociale qui s'en dégage : critique de la mécanique sociale, de ce monde de bourgeois, d'affaires ; veine anticléricale de certains jeux de mots sur les prêtres ; satire de la pudibonderie et des hypocrisies de la IVe République.

C'est surtout à partir de 1962 que s'affirme son engagement et que son œuvre prend des dimensions nouvelles ; l'origine onirique des pièces s'affirme encore davantage, ce qui exclut tout réalisme. Avec un mélange de vraisemblance et de fantastique, les marionnettes du début deviennent des personnages synthétiques, des types sans complication psychologique. Son personnage Bérenger, qui figure dans Tueur sans gages (1958), Rhinocéros (1959), Le Piéton de l'air (1962), Le roi se meurt (1962), n'est en somme que l'homme universel menacé par la violence, la haine, la mort.

Le comique prend alors des couleurs tragiques donnant à l'œuvre une dimension universelle. Rhinocéros, en particulier, montre le cauchemar d'une société où tout le monde se métamorphose en l'animal de ce nom, allégorie du nazisme et de tout régime totalitaire où seule règne la loi du plus fort.
Dans Le roi se meurt, où se mêlent lyrisme tragique et pitreries, Ionesco met en scène la principale de ses obsessions, la mort.

L'essentiel

D'origine roumaine, Eugène Ionesco est un dramaturge français dont les premières comédies, La Cantatrice chauve (1950), La Leçon (1951), Les Chaises (1952), l'engagent sur les voies d'un nouveau théâtre, souvent qualifié d'« antithéâtre » ou de « théâtre de l'absurde », dévoilant le vide des idées que les mots prétendent signifier, l'absurdité de l'existence et des rapports sociaux.

S'érigeant contre les principes du réalisme et de la vraisemblance, il veut renouveler le plaisir du spectateur, s'appuyant pour cela sur de nouvelles formes de langage et de gestes. Avec Rhinocéros et Le roi se meurt, par exemple, le ton devient parfois plus grave et Ionesco y développe ses préoccupations concernant le libre arbitre, l'impossibilité d'atteindre l'absolu, le mal, la mort.

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