Aménager les campagnes pour produire davantage - Cours de Géographie Seconde avec Maxicours - Lycée

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Aménager les campagnes pour produire davantage

1. Les campagnes des pays développés produisent toujours plus
a. Les nouveaux paysages de la deuxième moitié du XXe siècle
La mécanisation a permis une hausse spectaculaire de la productivité et des rendements aussi bien dans les cultures que dans l'élevage, mais seules les exploitations les plus rentables peuvent, financièrement, adopter ces nouvelles techniques. Ces exploitations se spécialisent et sont dynamiques ; les paysages se transforment alors, les haies et le bocage disparaissent tandis que l'openfield (champs ouverts) s'étend.

Les espaces plats, plaines et plateaux des zones tempérées sont devenus des paysages de grandes cultures céréalières intensives en Europe dans le bassin de Londres, le bassin de Paris ou les plaines de l'Europe centrale.
Sur le continent américain, que ce soit au nord ou au sud, cette culture est extensive sur des champs en courbe de niveau pour faciliter le passage des machines. Ce sont les paysages du Middle West américain, de la prairie canadienne, de l'Australie ou de la pampa argentine.

Les zones plus humides se sont spécialisées dans l'élevage intensif destiné à l'industrie agroalimentaire : il s'agit du Nord-Est des Etats-Unis, de l'Ouest européen (Ouest français, Pays-Bas, Danemark).
On trouve aux Etats-Unis des feedlots, élevage géants comprenant 20 000 à 100 000 bêtes, dans lesquels les jeunes bovins sont parqués et engraissés en quelques semaines.

Dans ces régions, les élevage hors-sol permettent d'élever les animaux dans des bâtiments spécifiques et de les nourrir avec des aliments industriels.

Les plaines au climat plus chaud (de type méditerranéen) présentent des paysages de cultures irriguées de fruits et de légumes. Ce sont des paysages de huertas répandus un peu partout sur le globe, là où le climat le permet : Israël, Californie, Comtat venaissin et Roussillon en France, Afrique du Sud ou Australie du Sud-Est.

Le dernier paysage spécialisé est celui des vignobles qui présentent des terroirs très particuliers : une monoculture très rentable de la vigne. La France est le pays le plus réputé pour ses vignobles de qualité, mais ces paysages se trouvent aussi aux Etats-Unis, en Australie ou au Chili.

b. Les excès du modèle productiviste
Toutes ces techniques constituent un danger pour les sols et pour l'eau. Elles conduisent à l'utilisation de plus en plus massive d'engrais. Les nitrates provenant des engrais polluent sévèrement les cours d'eau, les nappes phréatiques et en aval les littoraux. L'eau devient donc impropre à la consommation. La surexploitation des nappes dans les régions d'irrigation fait baisser les niveaux, et les sols s'assèchent ; certains parlent de sols désertifiés.

Enfin, l'érosion est facilitée sur des champs exposés au vent et au ruissellement. Pour contrer cette évolution, les bocages réapparaissent dans quelques régions et des rideaux d'arbres sont plantés en Russie et en Asie centrale.

Les excès du productivisme mettent donc en péril la nature et la santé publique : la maladie de la « vache folle » a montré que l'alimentation du bétail avec des farines animales était dangereuse. La réponse à quelques-uns uns de ces fléaux est peut-être le développement de l'agriculture biologique mais les produits sont plus chers et les quantités insuffisantes.
2. Les voies du progrès agricole dans les pays en développement
a. La rénovation des agricultures traditionnelles
Dans les pays en voie de développement, l'agriculture reste l'activité économique majeure et les systèmes traditionnels peu performants doivent être aménagés : la pression démographique exige plus de productions. Les paysages agricoles évoluent car les cultures non rentables de l'agriculture itinérante sur brûlis qui épuisent
 les sols, sont remplacées par des cultures intensives qui s'étendent autour des villages . Les polycultures vivrières sont fondées sur les céréales (maïs, riz, sorgho ou mil), les tubercules (igname) ou les légumineuses (haricots).

Les agricultures irriguées sont de loin les plus performantes. Elles donnent des paysages d'oasis. Les oasis au Niger ou les plaines le long du Nil, du Tibre ou de l'Indus, superposent plusieurs étages de productions : arbres, arbustes, arbres fruitiers, légumes ou fruits au ras du sol.
Le riz, enfin, est situé hors de ses zones d'origine qui sont les deltas ou les grandes plaines alluviales de l'Asie des moussons et d'Extrême-Orient. Grâce à des paysages aménagés en terrasses, cette culture se rencontre dans des régions de collines en Chine du Sud ou même de montagnes dans l'île de Java.
Les cultures commerciales héritières des plantations coloniales d'autrefois se sont reconverties après l'indépendance des pays, sur l'initiative des Etats ou de manière privée avec la création d'exploitations familiales plus ou moins vastes. Sur ces dernières poussent des cultures d'exportation destinées au Nord, mais qui sont source de devises, comme le thé au Kenya ou les cultures florales dans les Andes.

b. L'amélioration des quantités produites
Pour améliorer les quantités produites, les pays en développement disposent des mêmes outils que le Nord, à savoir l'augmentation des surfaces cultivées et le fait d'assurer l'alimentation en eau nécessaire et d'accroître les rendements.
Pour augmenter les surfaces cultivées, les paysans n'ont d'autre choix que de défricher, voire de déforester de plus en plus loin des villages, cela au détriment des éleveurs qui voient leurs pâturages diminuer.

On peut aussi créer des fronts pionniers pour distribuer ces nouvelles terres à des paysans pauvres, par exemple en Amazonie, sur l'île de Bornéo, ou en Indonésie ; les rendements sont cependant peu élevés.
Maîtriser l'eau exige, en revanche, de grands aménagements hydrauliques pour irriguer les nouvelles zones, multiplier les récoltes et augmenter les rendements. Des projets de ce genre ont été menés à bien sur le Nil, le Tigre, l'Euphrate et aussi au Kazakhstan sur l'Amou Daria et le Syr Daria qui se jettent dans la mer d'Aral. Les conséquences pour l'environnement sont graves, car non seulement l'érosion est activée sur les rives mais les terres sont salinisées par la baisse du niveau des nappes phréatiques et les alluvions déposés diminuent. La mer d'Aral, elle, est en voie de disparition en raison de l'excès de pompage fait sur les deux fleuves qui s'y jettent. Les révolutions vertes sont un modèle de développement en Asie surtout, et ont permis de multiplier par 10 la production de blé en Inde depuis 1950 et par 3 la production de riz. Les techniques sont exigeantes en eau et en enrichissement des sols, mais elles ont permis à ces pays d'Asie d'arriver à l'autosuffisance. En Amérique latine et en Afrique, cependant, l'Etat s'est peu engagé et les mutations économiques n'ont pas pu avoir lieu, faute de capitaux (sauf au Mexique).
L'essentiel

Aménager les campagnes et produire davantage sont des impératifs et de véritables défis lancés à l'humanité étant donné la croissance démographique actuelle. S'il n'existe pas de modèle agricole pour nourrir le monde, la réalisation de progrès pour augmenter la production constitue un objectif commun. Les finalités des pays développés et celles des pays du Sud ne sont toutefois pas les mêmes.

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