Une paysannerie encore féodale - Maxicours

Une paysannerie encore féodale

Objectifs
  • Comprendre le système féodal.
  • Connaitre le cadre de vie des paysans à l'Époque moderne.
Points clés
  • Le cadre de vie des paysans à l’Époque moderne reste, comme au Moyen Âge, la paroisse et la seigneurie, les paysans doivent un ensemble de taxes et de redevances auxquelles s’ajoutent les impôts de l’État.
  • Les rendements agricoles restent longtemps limités et la population rurale dépendante du climat, ce qui nourrit de fortes tensions sociales.
  • Au XVIIIe siècle, la condition paysanne s’améliore lentement mais l’essor des campagnes ne profite vraiment qu’à une minorité de paysans riches.
1. Le cadre de vie : seigneurie et paroisse

Dans l’Europe de l’Époque moderne, les sociétés sont encore largement agraires. Généralement, l’agriculture reste de loin la 1re activité et plus de 80 % de la population est rurale.Les paysans restent encadrés, comme au Moyen Âge, par la seigneurie et la paroisse.

Seigneurie : territoire sous l’autorité d’un seigneur. Le seigneur est souvent un noble, mais peut être un bourgeois ou même une abbaye.
Paroisse : territoire sous l’autorité d’un curé, qui sert de base aux administrations de l’Église comme de l’État (environ 40 000 paroisses en France à la fin de l’époque moderne).

En France, le poids des impôts et des taxes pèse sur la paysannerie et de manière très inégale selon les seigneuries. Les paysans doivent à leur seigneur le cens, le champart, les banalités et un certain nombre de corvées. À cela s’ajoute la dîme due au clergé et les impôts dus au Roi, plus ou moins lourds en fonction des régions, puisque la fiscalité n’est pas du tout uniforme au sein du royaume.

Parmi les impôts les plus impopulaires, on peut noter la gabelle, impôt royal sur la consommation de sel.

Cens : impôt annuel dû par un habitant d’une seigneurie à son seigneur
Champart : littéralement la part du champ. Impôt en nature (une part de la récolte) dû au seigneur.
Banalités : droit issu du pouvoir du commandement du seigneur (le ban) qui impose à ses sujets le four, le pressoir, le moulin,... contre une redevance.
Corvée : journées de travail dues par les tenanciers à leur seigneur.
Dîme : somme variable due à l’Église, d’environ un dixième du produit des récoltes et de l’élevage. Impôt très impopulaire chez les paysans, car il n’alimente pas le budget des paroisses rurales.

 

2. Campagnes sous tensions

Les rendements agricoles sont limités : les techniques agricoles sont souvent rudimentaires et beaucoup de terres restent en jachère, selon la méthode de l’assolement triennal.

Assolement triennal : type de gestion des terres agricoles, fondée sur une rotation sur trois années (deux cultures différentes puis une année de jachère).
Jachère : période de repos d’une terre entre deux années de culture.

Les populations restent donc à la merci d’accidents climatiques (hiver trop froids, été trop pluvieux) et du prix des grains. Une flambée des prix débouche sur une crise de subsistance et peut provoquer une disette, voire une famine.

Les fléaux habituels de la guerre et des épidémies désorganisent les campagnes et provoquent ou aggravent les pics de mortalité. Dans ces conditions, les tensions sont fréquentes dans les campagnes.

Parfois des révoltes paysannes éclatent, comme celles des Va Nu-pieds normands (1639) ou des Bonnets Rouges bretons (1675). Elles sont durement réprimées par l’État.

Disette : pénurie de vivres.
Famine : manque quasi total de vivres dans une région, entraînant la mort de la population.
3. Un « Beau XVIIIe siècle » ?
a. La lente amélioration de la condition paysanne

La condition paysanne s’améliore lentement au XVIIIe siècle. Le climat est bien plus favorable et plusieurs petits progrès techniques s’accumulent pour accroître les rendements.

Exemple
La charrue, par exemple, permet de retourner la terre plus en profondeur, et donc de produire davantage.

Les défrichements reprennent et permettent la mise en culture de nouvelles terres. De nouvelles espèces, découvertes dans le Nouveau Monde, sont introduites (maïs, pomme de terre, etc.).

En faisant construire de nouvelles routes, l'État permet un meilleur approvisionnement des régions les plus fragiles.

Tous ces facteurs, combinés à la disparition des grandes épidémies de peste (la dernière a lieu en 1720 à Marseille) et à la fin des guerres au sein du royaume entraînent une hausse spectaculaire des rendements (+ 40 % au XVIIIe siècle) et donc de la population.

Mais même si on a pu parler d’un « Beau XVIIIe siècle », les crises de subsistance ne disparaissent pas pour autant, et la majorité de la population reste précaire.

b. Mais de fortes inégalités au sein des campagnes

L’essor des campagnes ne profite pas de la même manière à tous les paysans : de fortes inégalités sociales demeurent ou se creusent au sein des campagnes.

La hausse du prix des grains permet surtout l’enrichissement des laboureurs. Ils possèdent leur terre, leurs équipements et leurs animaux de traits (boeufs, chevaux percherons, etc.). Ils peuvent innover et augmenter leurs rendements. Ils louent terres et matériel aux ouvriers agricoles.

Les conditions de vie de ces derniers et du reste de la population paysanne restent difficiles, notamment à cause du poids des impôts.

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