Les villes en France au XVIIIe siècle - Maxicours

Les villes en France au XVIIIe siècle

Objectif
  • Comprendre comment les villes ont pris de l'importance et se sont développées en France, au XVIIIe siècle
Points clés
  • Au XVIIIe siècle, les villes françaises se développent, même si leur croissance est inégale et limitée, puisque la population reste encore très majoritairement rurale.
  • Centre économique, la ville s’enrichit et se transforme, même si les inégalités sociales s’y creusent au cours du siècle.
  • La ville jouit d’une nouvelle image, elle devient synonyme de progrès et de modernité et joue un rôle décisif dans la diffusion des idées des Lumières.
1. La croissance urbaine
a. Une croissance limitée et inégale

Le XVIIIe siècle est celui du début d’une forte augmentation de la population en Europe. La France entre de manière précoce dans sa transition démographique et sa population passe de 20 millions d’habitants sous Louis XIV à près de 30 millions à la veille de la Révolution française.

La population urbaine est encore minoritaire : 20 % de Français vivent en ville dans les années 1780. Moins de 8 % de la population vit dans une ville de plus de 20 000 habitants et 4 % dans une ville de plus de 50 000. Mais les villes ont connu une croissance certaine au cours du siècle, même si cette croissance a été inégale.

Paris, de loin la plus peuplée, passe de 510 000 à 604 000 habitants entre 1700 et la veille de la Révolution. Lyon, Marseille, Lille, Rouen, Bordeaux, connaissent elles aussi une forte croissance.

b. Une croissance nourrie par l’immigration

La croissance urbaine est en grand partie nourrie par l’immigration.

Même s’il faut attendre le XIXe siècle pour assister à un véritable exode rural. Les villes attirent des migrants, d’abord venus des campagnes environnantes. Elles attirent bien sûr des ambitieux venus chercher fortune dans le commerce, cependant la plupart des migrants cherchent un petit métier ou une place de domestique.

2. L’enrichissement de la ville
a. La puissance économique

Les grandes villes françaises sont donc de plus en plus peuplées et dynamiques. Elles s'affirment comme des moteurs de l’économie. Elles drainent les richesses du grand commerce, des mines, de l’industrie en plein essor.

Elles pèsent sur les campagnes environnante, de plus en plus dépendantes. Elles accumulent toujours plus de capital. Leurs nouvelles élites bourgeoises affirment leur puissance aux côtés des élites traditionnelles et aspirent à plus de confort, tant dans le cadre privé que dans le décor urbain.

b. Le nouvel urbanisme

Les villes se transforment parfois de manière spectaculaire. Jusque là encloses derrière leurs murs médiévaux, elles s’ouvrent : on détruit les remparts pour les transformer en promenades, en jardins.

Le nouvel urbanisme est imprégné de la philosophie des Lumières : la Raison doit permettre de réorganiser la ville, de l’aérer pour qu’elle soit plus saine, d’en améliorer la circulation.

Exemple
Le port atlantique de Bordeaux, en plein essor grâce au commerce triangulaire et au vin, est passé de 55 000 habitants au début du XVIIIe à 110 000 à la veille de la Révolution. Bordeaux est à la pointe du nouvel urbanisme. L’intendant Tourny réorganise la ville et fait percer de nouveaux axes, notamment les allées qui portent aujourd’hui son nom. Victor Louis réalise le Grand théâtre, le plus grand d’Europe à l’époque. Les riches négociants, mais aussi les propriétaires de vignobles, les officiers, les parlementaires affichent leur richesse en faisant construire des hôtels particuliers à la mode néo-classique. Tourny impose un plan d’alignement des nouvelles demeures construites face à la Garonne. doc. gravure de la façade du Grand Théâtre de Bordeaux au XVIIIe s. young-01.jpg
Néo-classicisme : courant artistique en vogue dans la 2de moitié du XVIIIe siècle, visant un retour à la pureté de l’art de l’Antiquité gréco-romaine et rejetant les formes de l’art baroque et rococo.
c. L’enrichissement urbain n’exclut pas les inégalités

L’enrichissement urbain n’empêche pas les inégalités. Au contraire, celles-ci se creusent au cours du siècle. Les pauvres sont innombrables et dans les villes les plus dynamiques, leurs rangs sont grossis par de continuelles vagues de migrants pauvres des campagnes environnantes.

Même si certains migrants s’insèrent dans la société urbaine, beaucoup basculent dans la délinquance ou la prostitution. Ainsi, 2/3 des 20 000 filles de joie parisiennes sont des migrantes. Et comme la mortalité baisse, les pauvres sont toujours plus nombreux.

La ville reste le lieu de multiples mouvements insurrectionnels tout au long du siècle, nés le plus souvent d’une montée du prix du grain, le pain étant la base de l’alimentation de la majorité de la population.

3. La ville et les Lumières

Le dynamisme urbain produit une nouvelle image de la ville, désormais symbole de modernité, de progrès, d’ouverture.

Les villes ont joué un rôle décisif dans la diffusion des idées des Lumières. C’est avant tout en ville qu’a lieu la vulgarisation des progrès scientifiques du XVIIe siècle et que se développe un nouvel état d’esprit, plus distant voire plus critique vis-à-vis des autorités traditionnelles et de la religion.

Beaucoup d’immigrés, loin de leur campagne, goûtent à plus de liberté. Dans les clubs, les cafés, les salons parisiens, mais aussi dans les villes de province, où s’ouvrent de multiples sociétés de pensée. L'opinion publique commence à se fabriquer.

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