Tristan et Iseut : les personnages - Cours de Français avec Maxicours - Lycée

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Tristan et Iseut : les personnages

1. Les amants : l’alliance de la bravoure et de la ruse

Tristan et Iseut sont des personnages complexes. Leur innocence n’est pas complète malgré la nature surnaturelle de l’amour qui les dévore. Ils n’hésitent pas à recourir à des demi-mensonges et des subterfuges pour se sortir d’affaire. C’est pourquoi la remontrance de l’ermite Ogrin à leur égard n’est pas totalement hors de propos.

Tristan est orphelin : comme tel, il ne dispose pas d’un fief et ne peut vivre qu’au service d’un autre seigneur. Ce statut un peu particulier fait de lui un personnage à part parmi les barons qui composent la cour du roi Marc.
C’est cette relative marginalité qui le prédispose aux aventures mythologiques (combat avec le Morholt puis avec le dragon) et qui lui permet de posséder des facultés étrangères au code de la chevalerie : il prend des déguisements (de lépreux, v. 3615), il a recours à la ruse (le saut de la chapelle, v. 950), ce qui n’est pas contradictoire avec la bravoure qu’il manifeste à de nombreuses reprises.

Iseut, davantage que Tristan, est placée sous le signe de la ruse, comme en témoigne l’épisode du serment. Mais plus généralement, elle manifeste tout au long du récit son intelligence et sa clairvoyance en déjouant habilement les pièges qui lui sont tendus (v. 1 ; v. 4450). Plus encore, sa capacité d’initiative en de multiples occasions fait d’elle un personnage féminin atypique dans la littérature chevaleresque. Par son intelligence et sa volonté, mais aussi par sa beauté et sa noblesse, elle exerce sur son entourage une fascination qui confine à l’envoûtement (v. 3900).

2. Un roi faible et inquiétant

A l’opposé d’Iseut, Marc est un personnage velléitaire. Il passe constamment d’un excès à un autre et ne sait pas prendre de décision. Tantôt aveugle devant l’adultère qui se déroule sous ses yeux, tantôt cruel et incapable de maîtriser sa colère, il a un défaut inexcusable pour un roi : il ne rend pas justice. Sa volonté d’exécuter les deux amants sans jugement (v. 885) est universellement réprouvée. Il n’est d’ailleurs pas anodin que le serment que prononce Iseut pour sa réhabilitation s’adresse plus au roi Arthur, archétype du roi juste, qu’à Marc dont l’autorité morale est très affaiblie (v. 4200).
Le comportement de Marc est donc inconstant. Il est sous la dépendance des barons félons et du nain Frocin. Affligé d’une difformité monstrueuse -les oreilles de cheval-, le roi Marc est une figure remarquable du mauvais roi.

3. Frocin et les barons félons ou la figure du mal

Béroul ne dresse pas de portrait psychologique des barons félons. Ils forment un groupe indistinct dont l’existence ne semble être justifiée que par les besoins du schéma narratif.
Leurs noms mêmes sont significatifs, à l’exemple de Ganelon qui, depuis La Chanson de Roland est devenu synonyme de traître. Mais en même temps, leur comportement n’est pas aberrant. Ils sont dans leur rôle en conseillant le roi, comme ils le lui rappellent lorsque celui-ci retourne sa colère contre eux (v. 3100), et ils ne font que lui dire la vérité.

Ce n’est pas le cas du nain Frocin. Sa difformité en fait un être doué de pouvoirs surnaturels (il est astrologue et magicien) et foncièrement mauvais. Non content de perdre les deux amants par sa ruse maléfique, il trahit le roi en révélant sa difformité (v. 1300-1350), ce qui lui vaut une mort ignominieuse sans autre forme de procès.

4. Gouvernal et Brangien : les compagnons fidèles

Tristan et Iseut sont accompagnés chacun d’un serviteur qui, tout à la fois, leur ressemble et manifeste envers eux une indéfectible loyauté.

A la fois écuyer et maître d’armes de Tristan, Gouvernal (étymologiquement le « guide », gubernator) n’est pas loin d’être aussi son mentor. Il est d’une aide précieuse pour les deux amants. Mais ce qui le caractérise avant tout est sa fidélité et sa loyauté. Il suit Tristan et Iseut dans leur exil au sein de la forêt du Morrois et partage leur dénuement, acceptant de se faire leur cuisinier (v. 1300).
En même temps, sa valeur au combat est peu commune. C’est de lui que Tristan tient son habileté à manier les armes. Comme lui, Gouvernal est d’ailleurs démuni de fief, ce qui en fait un personnage relativement marginal dans le monde de la chevalerie, au même titre que Tristan.

A bien des égards Brangien aussi ressemble à sa maîtresse : elle est rusée et sait jouer la comédie (v. 520). Personnage loyal, on retient cependant que c’est par sa faute que les deux amants ont bu le philtre fatal.

L’essentiel

Les trois personnages principaux du roman ont des traits psychologiques bien marqués : Tristan est à la fois courageux et rusé ; pas autant cependant qu’Iseut dont l’intelligence autant que la beauté fascinent son entourage. Marc est enfin un roi maudit, inconstant et sans jugement. Chacun d’eux s’appuie sur des personnages secondaires aux qualités similaires.

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