Roméo & Juliette : l'ère élisabéthaine, une Renaissance à double tranchant entre essor et crise - Cours de Français avec Maxicours - Lycée

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Roméo & Juliette : l'ère élisabéthaine, une Renaissance à double tranchant entre essor et crise

Objectif : comprendre les bouleversements que connaît l’Angleterre à l’époque élisabéthaine, et leur influence sur l’œuvre de Shakespeare.

1. La métaphysique des Tudor
Shakespeare a vécu sous les règnes d’Élisabeth Ire (1558-1603) et de Jacques Ier (1603-1625), à une époque où l’Angleterre connaît un formidable essor, tout en subissant de profonds changements.
La reine Élisabeth est la dernière représentante de la dynastie des Tudor, dont la doxa (ensemble d’opinions et de préjugés) se trouve, avec elle, partiellement remise en cause.

a. Un ordre universel
L’univers est un, stable et ordonné. Contre les dangers du chaos, le monde terrestre est régi par un ordre social et politique hiérarchisé, qui se veut le reflet de l’ordre universel.
En conséquence, toute atteinte à l’équilibre social constitue une atteinte à l’harmonie universelle, et inversement, tout dérèglement de la nature (manifestations climatiques, tempêtes…) est l’annonce, pour la société, de bouleversements à venir.

b. L’homme au cœur de l’univers
On nom des rapports qu’il existe entre microcosme (l’Homme est une représentation du monde en tout petit) et macrocosme (l’Homme reflète l’Univers), l’homme est à l’image de l’univers.

De même que le monde est composé de quatre éléments, le corps de l’homme est constitué de quatre humeurs. Lorsque ces quatre humeurs sont en justes proportions dans le corps, l’homme possède un tempérament équilibré, mais si l’une d’elles prédomine, elle en détermine le caractère.
Ainsi, à l’air chaud et humide correspond le sang, propre au sanguin ; au feu chaud et sec correspond la bile, propre au colérique ; à l’eau froide et humide le flegme, propre au flegmatique, et à la terre froide et sèche la bile noire (ou l’atrabile), propre au mélancolique.

Quant à l’âme humaine, elle obéit aux commandements de la raison, des sentiments et des appétits, respectivement dictés par le cerveau, le cœur et la rate.

Shakespeare exploite cette vision de l’homme pour rendre compte, dans son théâtre, des dérèglements humains, source de désordres plus grands.

2. Le renversement des certitudes
L’idée de stabilité universelle va se trouver remise en cause.

a. Trois types de découvertes
• La découverte du Nouveau Monde : l’Europe n’est plus le centre du monde.

• La redécouverte des textes de l’Antiquité : le monde actuel est usé ; il est la version dégradée du monde Antique, preuve de la supériorité des Anciens sur les Contemporains.

• La révolution copernicienne : passage du géocentrisme (conception du monde qui place la Terre en son centre) à l’héliocentrisme (conception du monde qui place le Soleil en son centre) ; l’homme n’est plus au centre de la Création.

b. Bouleversements religieux
Ce vent de découvertes s’accompagne de la critique par les Humanistes des pratiques religieuses héritées du Moyen Age. Ils prônent une réforme en profondeur (réformisme), et prétendent redonner à la Bible et aux Évangiles une place centrale (évangélisme).

C’est le roi Henry VIII qui est à l’origine de la Réforme en Angleterre : le monarque a ainsi prétendu se soustraire à l’autorité du pape, qui refusait son divorce avec Catherine d’Aragon. C’est le point de départ d’une grande instabilité religieuse : si Henry VIII retourne peu à peu à la doctrine catholique, son fils Édouard VI, opte pour le protestantisme, tandis que sa fille, Marie Tudor (bloody Mary), fille de Catherine d’Aragon et épouse de Philippe II d’Espagne, réinstaure avec force le catholicisme. Élisabeth Ire s’efforce ensuite de trouver un compromis, mais l’anglicanisme ne sera définitivement établi qu’au milieu du XVIIsiècle.

c. Redéfinition du politique
Machiavel (1469-1527) propose une nouvelle conception du pouvoir qui va se diffuser peu à peu : l’ordre social n’est plus le reflet d’un ordre universel mais une création humaine, et le monarque ne tient plus sa légitimité du droit divin. Mais si toute prise de pouvoir est nécessairement un acte de violence, l’ordre qu’il propose, à condition d’être juste pour pouvoir perdurer, est préférable à la guerre civile qui menace d’éclater sous le règne de Marie Tudor.

3. Mélancolie et dynamisme
L’ère élisabéthaine est l’époque de la fin des certitudes. Il s’agit d’une période faite de mutations, d’interrogations et de doutes. Les contemporains de Shakespeare, en prenant conscience de la vanité et de la relativité des choses, se trouvent plongés dans une profonde mélancolie.
Parallèlement, cette période de crise s’avère extrêmement stimulante. L’aiguillon du scepticisme, la méfiance à l’égard des apparences trompeuses, proposent une vision du monde riche et complexe :

« All the world’s a stage, / And all the men and women merely players. » (« Le monde est un théâtre, dont les hommes et les femmes ne sont que les comédiens »), Comme il vous plaira, (acte II, scène 7)

L’Angleterre, en abandonnant ses certitudes, gagne en dynamisme.

L’essentiel

Scellant la fin du règne des Tudor, l’époque élisabéthaine est partagée entre le renouveau et le bouleversement. Période de crise et de doute pour la conscience, moment de passage, intermédiaire entre le Moyen Age et l’époque Classique, elle opère comme un stimulant pour l’intelligence et la créativité ; l’œuvre de Shakespeare en témoigne.

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