Le Guépard : la dimension biographique et autobiographique - Cours de Français avec Maxicours - Lycée

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Le Guépard : la dimension biographique et autobiographique

Tous les numéros de pages font référence à l’édition « Points ».

1. Quelques définitions
L’écrivain autobiographique explore les rapports entre la vie d’une personne et le contexte historique dans lequel elle s’inscrit. Il témoigne de la difficulté à faire la part entre la réalité et la fiction, aussi bien dans le souci d’objectivité qui anime le biographe que dans la volonté de sincérité qui conduit l’autobiographie.

Il est important de rappeler que le genre biographique est très riche et comporte diverses formes dont nous rappellerons les principales :

- l’autobiographie est le récit rétrospectif que l’auteur fait de sa vie. Il s’engage à être sincère et fait du lecteur le témoin et le juge de son existence comme Rousseau dans Les Confessions (1782-1789).

- L’autobiographie romancée dans laquelle l’écrivain rapporte une partie de sa vie, en cédant au plaisir de l’écriture romanesque comme Romain Gary dans La Promesse de l’aube (1960).

- Les mémoires permettent à celui qui a été acteur ou témoin privilégié de l’Histoire de faire la chronique d’une époque, tout en y inscrivant son propre destin comme Saint-Simon dans Mémoires (1828). 

2. La dimension autobiographique dans Le Guépard de Lampedusa
Le roman possède une dimension autobiographique dans la mesure où l'auteur annonce clairement que son projet, son pacte de lecture, consiste à raconter la vie de son aïeul : « le prince de Salina est le prince de Lampedusa, Giulio Fabrizio, mon arrière-grand-père : tout est vrai : sa taille, les mathématiques... » (p. 322).

De plus, dans Les Lieux de ma première enfance, l’écrivain souligne l’importance d’une attention aiguisée aux sensations : il s’agit pour lui de retrouver les sensations qui ont traversé l’organisme.
Sa recherche du passé emprunte aussi bien à Proust qu’à Rousseau.

L’écriture de Lampedusa suit en effet un axe autobiographique  mais n’y aurait-il pas « ruse » de la part de l’auteur ? Il se livre en fait à un traitement particulier des « informations » sur sa classe sociale, l’aristocratie sicilienne. Lampedusa présente une classe vautrée dans l’inaction et dans la contemplation de son propre destin, ainsi dans le premier chapitre : « il contemplait la ruine de sa race et de son patrimoine sans faire preuve de la moindre activité et surtout sans rien entreprendre pour s’opposer aux événements. »

a. La lignée de l’écrivain
• La famille Lampedusa remonte au VIe siècle (après J.-C.). La famille Tomasi est liée à un général de l’empire bysantin, dont les enfants jumeaux, suite à des querelles dynastiques, se réfugient d’abord à Ancôme. À partir de là, l’arbre généalogique montre régulièrement la naissance de jumeaux. Cela constitue peut-être l’origine du thème de la gémellité qui traverse l’écriture de Lampedusa qui fait apparaître des figures couplées dans son œuvre.

• Le symbole héraldique (relatifs aux blasons et armoiries) de la famille était bien dès l’origine le léopard ; si le symbole du guépard est ironique, il se fonderait en fait sur l’appellation qu’en faisaient, peut-être par simple confusion, les domestiques au service de la famille.
Chapitre 1er : « Sur la fresque du plafond [...] les dieux d’importance [...] tous portaient sans rechigner l’écu d’azur du Guépard dansant. » (p. 10).

• L’histoire de la famille est marquée par une véritable politique matrimoniale, assurant notamment des liens très étroits avec l’Église. En cultivant au long des siècles une stratégie de mariages avec nièces et neveux de hauts personnages du monde ecclésiastique, la famille se constitue une fortune faite de terres de l’Église.
Sur le prénom « Fabrizio » : à mettre en relation avec Fabrice del Dongo mais aussi avec le consul romain Fabricius (en 278, il se montra incorruptible face à Pyrrhus et devint le symbole des vertus romaines).
Lampedusa est l’héritier de ces prestigieux ancêtres dont la gloire a été ébranlée par le Risorgimento (la Résurgence) et les évènements de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

Son œuvre témoigne d’un équilibre difficile entre le culte de la mémoire et l’attention aux mutations du monde contemporain ; si la contradiction semble insoluble, Lampedusa réussit néanmoins à l’exposer par l’écriture.

b. Les techniques narratives
- La temporalité : ralentissement ou accélération du rythme de la narration (exemple : emploi de l’imparfait pour ralentir le rythme). Le romancier est le padrone del tempo, c’est-à-dire « le maître du temps ».

- La focalisation interne : diminuer la distance avec le lecteur ; fusion auteur / personnage / lecteur (exemple : le monologue intérieur).

- Le cadre : évoquer mais non pas décrire minutieusement, comme Balzac. Rendre une atmosphère mais ne pas rechercher le réalisme à tout prix.

3. L’identification
Le lecteur est amené à s’identifier aux personnages grâce à la topographie concrète de Palerme et à la géographie de l’Ouest de la Sicile, même si certains lieux sont inventés, comme Donnafugata, ou les palais où vivent les protagonistes.

Ce jeu est voulu par l’auteur. Pour lui, l’identification est indispensable à la narration.
La villa Salina vient du Palais de la Via Lampedusa, détruit pendant la Seconde Guerre mondiale.
Donnafugata est le lieu d’origine des Lampedusa, dans la province de Ragusa.
Dès le début du roman, lien entre les protagonistes et le lieu de l’action : la salle rococo devient, à la fin du rosaire, un lieu de dévotion païenne, s’accordant ainsi à la personnalité du Guépard. Les lieux sont décrits en relation avec les états d’âme des protagonistes (cf. Stendhal).

L’espace du roman est principalement constitué des palais de l’aristocratie et de la nature sauvage, mais la terre « travaillée » n’est pas évoquée. Ainsi, les jardins du Palais sont un lieu central, mais non les champs cultivés. Les jardins, qui se trouvent « à l’intérieur », sont une annexe importante de l’habitation principale, un lieu de plaisirs délicieux, en accord parfait avec la sensualité de Don Fabrizio et de Tancredi.
La Sicile est vue comme un paysage immobile, ce qui correspond à son histoire « figée ».
Donnafugata : théâtre de l’histoire de la famille ; le Palais en est le point central.
Au palais Ponteleone, deux mondes se rencontrent : la bourgeoisie et l’aristocratie.
Contraste aussi entre l’aristocratie et le milieu modeste de l’oncle du Père Pirrone.
La mort du Guépard, loin de chez lui, dans une chambre d’hôtel : symbole de la fin d’un « système » qui est en train de s’effondrer.

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