Roméo et Juliette : William Shakespeare et ses œuvres - Cours de Français avec Maxicours - Lycée

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Roméo et Juliette : William Shakespeare et ses œuvres

Objectif : connaître l’un des monuments de la littérature nationale anglaise.

1. Une biographie en pointillés
a. Les jeunes années
Si l’on connaît avec certitude le jour du baptême de William Shakespeare, le 26 avril 1564, aucun document n’atteste celui de sa naissance. Par convention, on a retenu la date du 23 avril, qui correspond aussi à la Saint-Georges, saint patron de l’Angleterre.

Shakespeare grandit dans la petite ville de Stratford-upon-Avon, dans le comté du Warwickshire, au sein d’une famille aisée, de confession catholique : son père, John Shakespeare, gantier et marchand de laine, occupera par ailleurs la fonction de maire (bailiff) en 1568. Quant à sa mère, Mary Arden, elle est issue d’une grande famille de propriétaires terriens du village voisin.

Élève de la grammar school locale, le jeune garçon bénéficie d’un enseignement de qualité : il y étudie le grec ancien et le latin et acquiert une solide culture classique. En revanche, il ne fréquentera pas l’université, contrairement à ses contemporains lettrés.

À dix-huit ans, il épouse Anne Hathaway, de huit ans son aînée, dont il aura une fille, Susanne, en 1583, et des jumeaux, Hamnet et Judith, en 1585.

b. Sept ans de silence
De 1585 à 1592, les biographes perdent la trace de Shakespeare. Or cette période correspond probablement à l’éclosion de son génie dramatique et littéraire. Le mystère n’en est que plus piquant.

c. Le dramaturge gentilhomme
Lorsque le nom de Shakespeare réapparaît, à Londres, ce dernier est un comédien et un dramaturge reconnu. Écrivain prolixe (bavard), de 1593 à 1613, il réalise en moyenne deux pièces par an et, en 1594, il entre dans la troupe du Chambellan qui deviendra, à la mort d’Élisabeth Ire, sous Jacques Ier, la troupe du Roi.
Sa prospérité et son succès lui permettent d’obtenir, en 1596, le titre de gentilhomme. L’année suivante, à Stratford, il acquiert une demeure baptisée New Place où il s’installera définitivement en 1610.
Mais c’est en 1599 que l’homme de scène prend toute son envergure : sa troupe s’installe au théâtre du Globe qu’il administre.
Retiré à New Place, il décède le 23 avril 1616. Sept ans plus tard, un monument est élevé à sa mémoire, en même temps que paraît la première édition de son œuvre dramatique.

2. Une œuvre miroir de son temps
Shakespeare était dramaturge mais aussi poète. Son œuvre est à l’image de son époque : nouvelle et variée dans sa forme, elle met en scène les passions, les failles, les limites et la part obscure de l’homme, sources d’instabilité.

a. Poésie
Poésie narrative inspirée de l’Antiquité
Shakespeare a publié deux grands poèmes narratifs inspirés de l’Antiquité : Vénus et Adonis (1593) et Le Viol de Lucrèce (1594).
Le premier, qui reprend un épisode des Métamorphoses d’Ovide, contient 1 200 vers, et illustre les débordements de la passion charnelle (Vénus), par opposition à la raison chaste (Adonis) : Vénus aime le mortel Adonis qui, pour échapper à son emprise, s’élance dans une chasse au sanglier. Il y meurt mais du sang versé naît une anémone, symbole de son immortalité.
Le second poème, qui renferme 1 855 vers, reprend l’histoire légendaire de la Romaine Lucrèce qui, outragée par Sextus Tarquin, se donne la mort pour laver sa famille de la honte.

Scandaleux Sonnets
Dans son Canzoniere, recueil dédié à la blonde Laure, emblème de l’amour chaste, l’italien Pétrarque avait fixé la forme du sonnet à deux quatrains et deux tercets. Shakespeare, dans son recueil publié en 1609 mais réunissant des poèmes composés à une époque bien antérieure, s’affranchit totalement de ce modèle : ses Sonnets sont composés de trois quatrains et d’un distique (groupe de deux vers), et chantent les amours charnelles d’un trio constitué de deux hommes et d’une femme.

b. Théâtre
Outre les deux traditionnels sous-genres (comédie et tragédie), on rencontre chez Shakespeare un troisième type de pièces : celui des pièces historiques.

Les drames historiques
Il participe tantôt de la tragédie, tantôt de la comédie, et possède toujours une dimension épique, chargée de mettre en scène la destinée d’une nation, l’Angleterre.
Il témoigne du goût du public de l’époque pour l’histoire, à la fois pour son authenticité et pour son exemplarité.

Les pièces relatives à ce genre sont regroupées en deux tétralogies : la première rassemble Henry VI (1591-1592) en trois parties et Richard III (1592-1593) ; la seconde Richard II (1595), Henry IV (1596-1598) en deux parties et Henry V (1598-1599).
Ces tétralogies évoquent l’histoire anglaise du XVe siècle : notamment les luttes intestines qui fragilisent l’autorité royale, jusqu’à l’avènement d’Henry Tudor, lequel est à l’origine d’une nouvelle dynastie, de la paix civile et d’un nouvel âge d’or. Pour en rendre compte, Shakespeare a puisé dans les abondantes chroniques historiques qui voient le jour sous le règne d’Élisabeth Ire.

Ces pièces contribuent à légitimer le pouvoir en place (celui des Tudor, dont Élisabeth Ire est la dernière représentante), tout en délivrant un message politique, puisqu’elles constituent une critique du désordre et de la guerre civile.

Les tragédies
Shakespeare suit les principes énoncés dans la Poétique d’Aristote autant qu’il prend ses distances avec eux : ses héros sont de condition noble, ne sont au départ ni bons ni mauvais et, au nom de la fonction cathartique de l’œuvre, ils inspirent terreur et pitié au spectateur.
En revanche, Shakespeare subit également l’influence du théâtre médiéval, et ses pièces mêlent les types de personnages, les niveaux de langue et les registres – le comique alterne avec le pathétique. Quant aux unités de temps et de lieu, elles ne sont pas pratiquées.

Inspirées par l’histoire, et plus particulièrement par la royauté, les tragédies ont une dimension politique, mettant en scène les relations entre un prince et ses sujets. Le prince est le héros tragique par excellence, dans la mesure où il incarne une dualité nécessairement conflictuelle : il est à la fois un individu soumis à ses passions, et le représentant d’une collectivité – en tant que tel, il ne s’appartient plus, et s’il est affaibli, le corps social tout entier l’est avec lui.

Parmi les plus célèbres, on compte : Hamlet (vers 1600), qui se démarque des traditionnelles tragédies de la vengeance en proposant un vengeur freiné par ses doutes ; Othello (1603-1604), mettant en scène jalousie et passion amoureuse ; Macbeth (1606), qui traite des rapports de l’homme au mal ; Le Roi Lear (1610), où règne la folie.

Et parmi les tragédies antiques, nourries des Vies parallèles des hommes illustres de Plutarque, Jules César (1599) s’interroge sur le sens de l’assassinat de César, tandis qu’Antoine et Cléopâtre (1606) oppose les vertus militaires de l’Occident aux plaisirs de l’Orient.

Les comédies
La comédie est un genre mal défini sur le plan formel. Comme la tragédie, elle vise à délivrer un enseignement, tout en empruntant d’autres voies pour parvenir à cette fin. Mais ces voies ne sont pas uniformément celles du rire, et la comédie ne pratique pas nécessairement ni unanimement le comique.

Rien d’étonnant, dès lors, à ce que les comédies de Shakespeare soient caractérisées par leur diversité. Leurs sources sont variées : contes populaires anglais, romans de chevalerie, nouvelles italiennes… et elles évoluent au fil du temps du côté du sérieux.

Aux comédies de jeunesse qui expérimentent les différents procédés du comique succèdent les comédies romantiques, qui convoquent le merveilleux, le masque, la musique et la danse : Le Songe d’une nuit d’été (1595), Le Marchand de Venise (1596-1597) mais aussi Beaucoup de bruit pour rien (1598), proche de la comédie de mœurs, ou Comme il vous plaira (1599-1600), apparentée à la pastorale.

Viennent ensuite des comédies plus sombres, aux enjeux dramatiques et philosophiques plus graves, et au rire amer : Mesure pour mesure (1603) ou Tout est bien qui finit bien (1604-1605).

Enfin, les romances, empreintes de mélancolie, qui exploitent les ressources du merveilleux et pratiquent la mise en abîme, sont un véritable hommage au théâtre : Conte d’hiver (1609), Cymbeline (1610) et surtout La Tempête (1611), œuvre testament.
 
L'essentiel

Certains moments de la vie de Shakespeare sont mal connus, et font figure de vides biographiques.
Son œuvre n’en a que plus de relief. Marquée par la diversité (poétique, esthétique, thématique), celle-ci témoigne magnifiquement des bouleversements et du renouveau qui ont eu lieu à l’époque élisabéthaine, et dont Shakespeare reste le plus célèbre représentant.

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