Pseudolus, de Plaute - Cours de Français Terminale L avec Maxicours - Lycée

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Pseudolus, de Plaute

Objectifs
Connaître le théâtre de Plaute, représentatif de la comédie antique ; saisir le poids et l'influence de la tradition dans la comédie des siècles postérieurs.
1. Plaute et la tradition antique
Dramaturge du peuple, Plaute (255 - 184 avant J.C.) n'en est pas moins un fervent admirateur des auteurs grecs. Pour Pseudolus, on a supposé que Plaute s'était inspiré d'une pièce de Ménandre mais cette source n'est pas avérée. Le théâtre antique adoptait une intrigue très simple et très codifiée. Les personnages sont récurrents et relèvent du type : esclave, maître, jeune premier amoureux d'une jeune première inaccessible pour des raisons différentes (pas de la même condition, promise à un autre, achetée par un marchand d'esclave), le vieux barbon, le proxénète...

Le schéma fixe de l'intrigue est lié à la fixité du décor : une place publique avec d'un côté l'entrée d'une maison, d'un autre l'entrée d'une autre maison et au centre, une troisième maison ou un temple.

De manière caricaturale, l'enjeu de la pièce est qu'un jeune homme amoureux fasse passer celle qu'il aime d'une maison à l'autre. Ce passage ne se fera pas sans un certain nombre d'obstacles qui constituent les péripéties de la pièce. En général, celui qui résout les problèmes et aide le jeune homme à ramener chez lui celle qu'il aime est... l'esclave, rusé, menteur, malin.
2. Pseudolus ou le valet trompeur
Pseudolus ( « L'Imposteur ») est probablement la seule comédie où Plaute a utilisé le schéma de base à la lettre. Et ce schéma réserve clairement à l'esclave, Pseudolus, la part belle. Un jeune homme, Calidore, fils du vieux Simon, est épris d'une jeune femme, Phénicie. Mais celle-ci est l'esclave de Ballion qui fait commerce de filles et de jeunes garçons.
Phénicie a été vendue à un soldat macédonien qui a payé une avance sur l'acquisition de la jeune femme, mais a dû s'absenter afin d'aller chercher la somme restant due.
Il a donc convenu avec Ballion de lui faire parvenir la somme par un messager qui portera en signe de reconnaissance une empreinte du cachet porté par le soldat et qui représente son propre portrait.

Calidore a été prévenu par un message de Phénicie de cette situation. Il lui faut agir le jour même car la vente se conclura dans les heures qui viennent. Ballion ne changera d'avis que s'il a l'argent.

Pseudolus promet de tout faire pour le berner et donner Phénicie à Calidore. En esclave prétentieux et sûr de lui, il ne se contente pas de décider de triompher mais le clame à qui veut l'entendre, et même à son maître, Simon, qui a droit de vie et de mort sur lui.

Harpax, valet du soldat, vient chercher Phénicie. Il se fait berner par Pseudolus et lui remet le cachet supposé l'identifier. C'est ensuite un esclave envoyé par Pseudolus et nommé Simia (« singe » en latin) qui va voir Ballion et réussit à repartir avec Phénicie. Lorsque le vrai Harpax se présente à Ballion, il a beaucoup de peine à prouver son identité. Mais quand Ballion va comprendre qu'il a été dupé, il va s'effondrer. Pseudolus a réussi à extorquer l'argent nécessaire au rachat de la jeune fille, il a dupé de plus riches et plus âgés que lui. Il a réuni les deux amants. Le succès est parfait. Il le fête dans l'ivresse, la débauche et l'arrogance :

« Vraiment, par Pollux, j'ai une jolie cuite ; nous avons fait bonne chère, avec des élégances dignes des dieux, et on nous fêtés dans une maison en fête. Mais faut-il prendre tant de détours ? Voilà ce qui fait aimer la vie : c'est là que se trouvent tous les plaisirs, que se trouvent tous les charmes ; c'est ce qui nous rapproche, je crois, le plus des dieux. »

Avec Pseudolus, Plaute introduit la morale épicurienne dans la comédie, à un moment où celle-ci s'installe à Athènes. On pense que la pièce a été représentée en 191 avant J.-C.
3. Pérennité de Pseudolus ou la thématique du valet maître du jeu
Le valet a le rôle prédominant dans la comédie gréco-latine. La comédie est d'ailleurs conçue pour le mettre en valeur. Son rôle a même tendance à écraser les autres.
Dans Pseudolus, le valet a presque 50% des vers de la totalité de la pièce, et il est présent dans 15 scènes sur 21.

Le valet use de subterfuges qui compliquent sensiblement l'intrigue et montrent à quel point ses ruses sont grandes et efficaces.
Il apparaît très vite comme le représentant du dramaturge sur la scène : il tire les ficelles, il est maître du jeu. Il met en scène, manipule la parole et utilise les autres personnages pour parvenir à ses fins. Le valet devient en quelque sorte la métaphore de la création littéraire.

Pseudolus, à plusieurs reprises, dévoile les intentions de son créateur :
-- « Pseudolus, montrant les spectateurs : C'est pour eux que l'on joue cette pièce ; ils le savent, ils étaient là » (Acte II, scène 4) ;

-- « si cet individu est parti, je ne pourrai achever l'œuvre que je veux aujourd'hui » (Acte IV, scène 1ère ) ;

-- jusqu'à la dernière réplique de la pièce : « Mais, si vous voulez applaudir et féliciter cette troupe et cette pièce, demain je vous inviterai ».

On retrouve ces caractéristiques dans le personnage de l'Arlequin de la Commedia dell'arte. Le maître d'Arlequin n'a plus droit de vie ou de mort sur lui, mais le valet reçoit nombre de coups qui résonnent comme l'héritage antique de la servilité.
Il en est de même du valet chez Molière : Scapin, à ce sujet, est un excellent représentant du valet maître du jeu. Il reçoit beaucoup de coups mais n'en sort pas moins victorieux puisque son jeune maître a vu ses projets amoureux s'accomplir par la ruse de Scapin.

Mais l'héritage le plus patent du valet de comédie se retrouve chez le Figaro de Beaumarchais. La parenté entre le dramaturge et le valet est à peine camouflée si l'on en croit les commentateurs qui voient en Figaro l'équivalent de « fils-Caron » (Caron étant le vrai nom de Beaumarchais). Figaro n'est-il pas le digne descendant de Pseudolus, lui qui mène à la baguette le Comte Almaviva ? N'est-ce pas lui qui, par maints stratagèmes, des potions, des ruses, des déguisements, parvient à faire s'unir Rosine et Almaviva en dépit du barbon qui veille jalousement sur la jeune femme, dans Le Barbier de Séville ? N'est-ce pas lui encore qui déjoue les ruses déployées par le Comte pour lui prendre sa future épouse, Suzanne, dans Le Mariage de Figaro ?
L' essentiel
Pseudolus est une des pièces phares de Plaute, en ce qu'elle reprend parfaitement le canevas de la comédie gréco-latine traditionnelle (intrigue simple et personnages types) ; mais le dramaturge fait de son personnage éponyme un valet épicurien capable de renverser l'ordre social par sa seule intelligence.
Celui-ci connaît quelques descendants célèbres : Mascarille, Scapin, Arlequin, Truffaldin, Figaro sont bien dignes du modèle antique du valet maître du jeu campé par Plaute.

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