Les rythmes de la croissance - Cours d'Histoire Première pro avec Maxicours

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Les rythmes de la croissance

1. Une croissance importante mais irrégulière
a. Un accroissement global des richesses et de la production
La tendance générale de la croissance (trend) sur un siècle d'histoire économique est favorable : la richesse produite augmente régulièrement durant la période des deux révolutions industrielles.
Cette croissance est inégale selon les pays. Une puissance comme l'Angleterre qui a vécu une industrialisation rapide au cours de la première moitié du XIXe siècle connaît entre 1850 et 1939 des taux de croissance moins forts qu'auparavant : ses taux de croissance oscillent entre 2,6 et 1,9 % entre 1850 et 1920.

D'autres pays plus « neufs » économiquement comme l'Allemagne ou les Etats-Unis font preuve à la fin du XIXe siècle d'une insolente bonne santé économique face à un Royaume-Uni vieillissant.
On parle ainsi parfois de période de « décollage » économique (take off). Mais un mouvement plus diffus d'industrialisation se met aussi en place. En France par exemple, il ne se produit pas de vrai « décollage », mais une évolution lente vers la création d'un tissu industriel dense et d'un monde industriel et urbain.

b. La théorie des cycles économiques
Même si la croissance est globalement positive au cours du XIXe siècle, le détail de la conjoncture montre des alternances régulières de crises et de reprises, de phases de dépression et de phases de croissance.
Deux économistes ont analysé cette évolution et en ont tiré une théorie des cycles économiques.
Juglar s'est intéressé aux cycles courts : il a ainsi repéré des cycles de 6 à 12 ans composés d'une phase de crise, chute momentanée et localisée dans le temps de la production qui peut parfois devenir négative, puis d'une période de reprise de la production, une fois la situation assainie.

De manière plus générale, Kondratiev a étudié des périodes plus longues qui s'étaleraient sur environ 20 à 30 ans et verraient l'alternance de phases de dépression et de croissance.

2. L'enchaînement des cycles
a. Grande Dépression et Belle Epoque (1873-1914)
Entre 1850 et 1870, les pays développés connaissent une période de prospérité qui s'appuie sur les secteurs moteurs créés lors de la première révolution industrielle : textile (coton en particulier), métallurgie (fer, fonte puis acier après 1859 et l'invention du procédé Bessemer), chemins de fer et armement.
La Grande Dépression qui commence en 1873 correspond à deux phénomènes : le premier, conjoncturel, est le manque de moyens de paiement dû à l'épuisement de la production d'or dans un monde où la monnaie est quasi-exclusivement monométallique. Une crise bancaire (krach de Vienne de 1873) amorce alors la crise économique qui se transmet rapidement aux secteurs tirant la croissance et qui ont pour cela beaucoup investi. La crise bancaire et boursière entraîne alors une crise industrielle puis agricole et une chute des prix.

Le second phénomène est structurel : les secteurs déjà anciens de la première révolution connaissent un essoufflement. Des innovations nouvelles apparaissent alors ; elles forment le socle de la croissance dans la période suivante qui débute en 1895. Elles concernent la sidérurgie (métallurgie de l'acier), la chimie, l'électricité et les constructions électriques et l'automobile. Les entreprises doivent donc investir pour innover, et elles se transforment aussi : on voit se développer des « villes-usines » et des sociétés anonymes par action aux moyens financiers gigantesques, mieux armées face aux crises ponctuelles.
Les investissements européens, qui trouvent moins d'avantages à se déployer en Europe, s'exportent vers les pays neufs d'Amérique latine ou de Russie, vers l'Empire ottoman ou les Etats-Unis. La Dépression favorise donc aussi un rééquilibrage géographique des activités industrielles et le développement de pays nouveaux.

La Belle Epoque (1895-1914) ainsi nommée a posteriori, correspond à une phase de croissance rapide de la production et à l'affirmation des technologies et des structures mises en place lors la Dépression. De nouvelles méthodes de production apparaissent aussi comme le taylorisme. On entre dans l'ère de la production et de la consommation de masse. Après la parenthèse de la guerre, la seconde révolution industrielle continue à s'affirmer dans les années 1920, les « Années folles ».

b. La crise de 1929
La reprise des années 1920 s'appuyait sur des bases fragiles : désordre monétaire, inflation galopante (en particulier en Allemagne), surproduction agricole chronique et endettement.
Le 24 octobre 1929, lors du « Jeudi noir », les cours s'effondrent à Wall Street, entraînant une panique financière qui se transforme en krach boursier. Le système qui reposait sur la confiance se lézarde alors : la crise se transmet à l'industrie, à l'agriculture et au commerce.

Cette analyse conjoncturelle de la crise peut se doubler d'une analyse structurelle : le système économique qui accompagne la seconde révolution industrielle a grandi trop vite par rapport aux capacités d'absorption des sociétés d'alors, et se retrouve en surproduction dans l'industrie comme dans l'agriculture.
L'ensemble des pays est touché par cette phase de chute brutale de la croissance (sauf l'URSS), même des pays lointains comme le Japon.
Cette mondialisation de la crise peut s'expliquer de deux façons : une « exportation » de la crise américaine (retrait des avoirs américains dans les banques germaniques par exemple) ou bien des crises locales contiguës, les mêmes causes produisant les mêmes effets.
La plupart des pays se replient sur eux-mêmes, soit par politique d'autarcie (dictatures fasciste ou nazie) soit sur leur Empire (France, Grande-Bretagne). On voit également apparaître des formes nouvelles d'intervention de l'Etat dans l'économie, comme les grands travaux (New Deal de Roosevelt, président de 1932 à 1945, inspiré des théories de l'économiste Keynes) ou dans le cadre de la modernisation des Etats totalitaires (autoroutes en Allemagne nazie par exemple).
Il faut attendre les années 1940 et 1950, après la guerre puis la reconstruction, pour que la croissance reparte durablement.

L'essentiel

L'évolution économique du XIXe siècle se caractérise par une augmentation globale importante de la production et des richesses que l'on nomme croissance. Cependant, cette évolution se produit dans une alternance de crises, de périodes de ralentissement et de mutations (les dépressions) et de moments de prospérité et de reprise.
Des économistes comme Juglar et Kondratiev ont tenté de comprendre et de théoriser ces évolutions économiques en définissant des cycles.

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