Les mutations du monde urbain - Cours d'Histoire Première pro avec Maxicours

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Les mutations du monde urbain

1. « L'explosion urbaine »
a. Une croissance urbaine rapide
La population urbaine augmente de façon rapide dans les pays touchés par la révolution industrielle. En Grande-Bretagne, la population est urbaine à 70 % en 1870, et en Allemagne, alors que seuls 25 % de la population étaient urbanisés en 1850, la proportion passe à 50 % en 1870.
La cause principale de cette croissance est l'exode rural. A Paris en 1870 par exemple, 6 habitants sur 10 ne sont pas nés dans la capitale. Les causes de ce flux migratoire sont d'abord les transformations de l'agriculture : mécanisation des tâches, enclosures et mise en herbe des terres, moindre consommation de main-d'œuvre d'un monde rural devenu plus individualiste... Cette évolution pousse les agriculteurs aux moindres capacités financières ou moins innovants à partir. Le développement du rail accélère ce mouvement par la mise en concurrence des régions agricoles et le désenclavement des populations rurales.
Les besoins en main-d'œuvre des villes qui concentrent de plus en plus le rôle productif s'accroissent avec le développement industriel. La population des cités est aussi jeune et dynamique et les villes reçoivent dans les pays neufs les migrants venus d'Europe (côtes ouest américaine ou brésilienne par exemple).
b. Une urbanisation qui transforme la géographie des pays
Toutes les villes ne se développent pas de la même façon au cours du XIXe siècle et cette évolution inégale crée une nouvelle géographie.
Les capitales tout d'abord, centres des décisions politiques et économiques, et premier foyers industriels, connaissent une croissance rapide. La population londonienne est ainsi multipliée par 2 entre 1850 et 1880 (de 2 à 4 millions d'habitants) pour atteindre plus de 7 millions en 1910. Paris passe ainsi de 500 000 habitants en 1800 à 4 millions en 1910. Une partie de cette population se rend dans les banlieues proches du centre. A Paris par exemple, une première couronne de communes rurales se transforme en monde urbain et se rattache géographiquement au centre, comme Saint-Denis. Des banlieues ouvrières se créent ainsi, formant ce que l'on nomme dans les années 1930 la « ceinture rouge ».
La population des villes industrielles des pays noirs et des grandes villes portuaires croît également très vite. Le Creusot voit sa population multipliée par 4 entre 1841 et 1901 (4 000 à 16 000 habitants), suivant ainsi presque toutes les villes de l'Est et du Nord de la France. Saint-Nazaire passe de 2 300 habitants en 1841 à 30 000 en 1901.
Un déséquilibre se met alors en place, puisque les villes plus liées à l'activité rurale de l'Ouest connaissent une stagnation de leur population. En France, un déséquilibre humain s'installe entre un Nord-Est jeune et densément peuplé, et un Ouest rural et vieillissant qui connaît un exode rural rapide (Massif central, Bretagne).
2. Un nouveau visage urbain
a. Une croissance mal accompagnée
La croissance urbaine ne s'est pas accompagnée d'un plan d'urbanisme ou d'urbanisation. Les logements ouvriers sont d'abord souvent en hauteur, aux derniers étages de maisons où se mêlent toutes les classes sociales, ou dans les interstices du tissu urbain encore lâche à l'époque (terrains vagues aux constructions branlantes). Mais sous la pression démographique et les besoins économiques, les migrants s'installent dans les anciens quartiers d'artisans (Est de Paris, East-End londonien) où les loyers sont les moins élevés et proches des halles (Bercy) ou des fabriques. Cette urbanisation rapide touche donc inégalement les quartiers anciens au cœur des villes et les banlieues proches, les nouveaux urbains se regroupant à proximité des entreprises ou sur le trajet des moyens de communication modernes mis en place dans la seconde moitié du XIXe siècle : chemins de fer de banlieue, métropolitain.
Sous la pression d'une population qui croît rapidement et pour laquelle ils n'ont pas été construits, ces quartiers se dégradent. Le manque d'infrastructures de logement, de police, de tout-à-l'égout, d'hôpitaux ou de dispensaires font de ces zones des endroits insalubres, poches d'épidémies, d'alcoolisme et mal famés.
b. Le souci urbaniste
La volonté de trouver une solution aux problèmes des villes concerne avant tout les gouvernements. Dans la plupart des capitales européennes, les années 1860-1900 sont marquées par des travaux d'aménagement dont le but est esthétique, politique et hygiéniste. Au souci humaniste de lutter contre le risque épidémique et d'améliorer les conditions de logement se combine la volonté politique d'éviter les révoltes ouvrières qui s'appuient sur les ruelles et les maisons hautes de l'époque médiévale (barricades).

A Paris sous le Second Empire par exemple, le préfet de la Seine Haussmann initie le percement de vastes avenues (avenue de l'Opéra entre 1864 et 1876) bordées d'immeubles et de trottoirs, sous lesquelles courent des kilomètres d'égouts. L'approvisionnement de la capitale en eau potable est aussi assuré par des aqueducs et par la création de vastes réservoirs souterrains. Des monuments nouveaux embellissent la capitale, comme le palais de l'industrie, pour l'Exposition universelle de 1855. A Vienne, entre 1859 et 1872, est aménagé un « ring » qui ceinture la ville à la place des anciens remparts. Il mélange espaces verts, boulevard périphérique et monuments publics ou privés nouveaux (Opéra, université, musées).
Si les immeubles haussmanniens introduisent de nouvelles normes dans le logement de la bourgeoisie (couloirs courant entre les pièces, hauteur des plafonds...), il faut attendre les années 1920 et 1930 pour que l'Etat se dote d'un projet de création de logements à prix modérés (Loi Loucheur de 1935) destinés aux ouvriers. Des tentatives sont aussi faites entre les deux guerres pour améliorer ces logements (projet d'immeubles ouvriers du Bauhaus allemand ou dans la petite ceinture parisienne).

Les patrons sont aussi parfois à l'origine d'un urbanisme ouvrier particulier, celui des cités ouvrières. De grands industriels (Krupp, Schneider) ont créé par paternalisme à l'ombre de leurs usines des maisons destinées à leurs employés. Plus tard, des cités d'immeubles voient le jour.

L'essentiel

La croissance des villes suit les révolutions économiques du XIXe siècle. A la croissance industrielle rapide répond une croissance urbaine exponentielle. La morphologie des villes et des sociétés qui la composent se transforme alors brutalement, ce qui pose des problèmes. Les Etats tentent de reconquérir les villes et de contrôler les quartiers ouvriers du centre ou de la banlieue.

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