Les principaux mythes en littérature - Cours de Français Terminale L avec Maxicours - Lycée

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Les principaux mythes en littérature

1. Généralités
La littérature a toujours été le conservatoire et le réservoir des mythes et c'est essentiellement par elle que nous, occidentaux, connaissons ces récits extraordinaires. Les mythes sont souvent hérités des traditions religieuses (Satan, Caïn), ou de récits célébrant des héros légendaires (Prométhée, Narcisse, Orphée), ou sont quelquefois nés de la vie moderne.

La littérature s'aventure jusqu'à créer elle-même ses propres mythes (Les Titans de Hugo), en particulier des mythes politico-héroïques. De célèbres figures historiques comme Napoléon, Louis XIV et César sont devenues des héros mythiques, rivalisant avec les héros grecs.

Le passé historique est capable d'exercer sur nous une fascination égale à celle des mythes primitifs. C'est pourquoi l'étude du mythe est inséparable de celle de l'imagination et de l'imaginaire. Médée, Pénélope, Cassandre, Circée, Antigone, Le Minotaure, Ariane, Ulysse, Abel et Caïn, Œdipe... Tous ces noms sont bien connus du fait de multiples reprises et de réécritures dont ils ont fait l'objet. Lorsqu'on évoque ces quelques mythes, on a à l'esprit leur origine : ils proviennent de l'Antiquité gréco-latine.

Certains mythes émergent du monde biblique comme Abel et Caïn ou de l'Orient comme Médée. Mais les mythes, quelle que soit leur origine, nous racontent des exploits extraordinaires.

Depuis la nuit des temps et l'élaboration de nos croyances, les hommes inventent des figures qui sont excessives par leur perfection ou leur entêtement. La réserve des mythes se renouvelle au fur et à mesure que le monde s'ouvre à d'autres cultures et civilisations. Mais les mythes connaissent aussi bon nombre de fluctuations, apparaissant et disparaissant au gré des obsessions et des fixations des sociétés et des époques.
2. Le Supplément au Voyage de Bougainville, de Diderot
a. Le mythe de Robinson
Le 1er septembre 1651, Robinson Crusoé s'embarque pour près de 30 ans d'aventures en s'échouant sur une île déserte. Le roman de Daniel Defoe, paru en 1719, connaît un grand succès en Angleterre et sur le Continent.
Pour le 18e siècle, ce roman établit la croyance en un bonheur simple près de la nature, loin des artifices de la société.

Diderot s'inspire plus ou moins de cette histoire mythique, légendaire, lorsqu'il entreprend la rédaction du Supplément au voyage de Bougainville.
b. Le mythe de Tahiti
Diderot connaît nombre de récits de voyages et d'œuvres de fiction qui ont accordé une place de choix à Tahiti, évoquant l'île sous un angle paradisiaque et ce dès le 18e siècle.
Sous le charme de ce havre de paix, synonyme d'Eden où vivent les bons sauvages, Bougainville, imprégné d'Homère et de Virgile, a contribué à l'émergence du mythe. À l'inverse, Wallis et Cook qui ont visité l'île se montrent assez critiques quant aux mœurs des Tahitiens. Si l'île est devenue synonyme de paradis, elle le doit à Bougainville.

Quant à Diderot, il a valorisé l'image de Tahiti tout en critiquant les préjugés et les mœurs de l'Europe. Par le biais de la philosophie, le mythe de Tahiti a pénétré plus facilement l'esprit européen et ce grâce à Diderot. Tahiti est, comme l'a dit Mircea Eliade, « la nostalgie des origines » et représente une autre possibilité de la civilisation. Et il s'avère que cette représentation a perduré...
c. Le mythe du bon sauvage
La figure du Sauvage est une figure essentielle aux yeux de Diderot afin de contester le mythe du bon sauvage. Le philosophe prend soin de souligner les contradictions inquiétantes au sein de la société tahitienne et ne dresse pas un portrait idyllique de l'île. Le terme de « mythe » désigne ici la nostalgie, le rêve d'un état, d'un paradis perdu. Le mythe du bon sauvage décrit par conséquent un être innocent, vivant à l'état naturel dans la paix et l'harmonie comme à l'origine des temps, qui n'a pas été corrompu par la société.
Rousseau s'est emparé de ce mythe.

Dans le Supplément, Diderot marque ses distances par rapport aux thèses de Rousseau. Depuis la rupture des philosophes des Lumières et de Rousseau, Diderot s'est toujours montré opposé au mythe du bon sauvage.
Ainsi, les articles de l'Encyclopédie consacrés à l'ethnologie se refusent à étudier les merveilles de l'état de nature. Selon Diderot, le bon sauvage n'existe pas car l'indigène peut être cruel ou gentil selon les conditions naturelles dans lesquelles il vit.

Ainsi, la vision de Tahiti est contrebalancée par celle de l'île des Lanciers. Les événements sociaux et politiques résultent d'un effet naturel qui n'est pas toujours positif. La nature n'est pas une utopie mais une donnée réelle. Il n'y a pas de bons sauvages, mais seulement des sauvages qui sont en situation.
Par ailleurs, Diderot prend soin de souligner les contradictions inquiétantes au sein de la société tahitienne et ne dresse pas un portrait idyllique de l'île.
3. Nadja, de Breton
a. La figure mythique de Mélusine
La fée Mélusine hante continuellement Nadja. Autour des deux éléments eau et terre, Mélusine, qui figure sur trois dessins dans Nadja, est devenue sirène dans le roman d'André Breton alors que la tradition littéraire perpétue l'image d'une femme-serpent tellurique.

Dans son commentaire d'un des dessins de Nadja s'intitulant « Le Salut du Diable », André Breton s'attarde sur ses cornes : « Il y a lieu d'insister sur la présence de deux cornes d'animal, vers le bord supérieur droit, présence que Nadja elle-même ne s'expliquait pas car elles se présentaient à elle toujours ainsi, et comme si ce à quoi elles se rattachaient était de nature à masquer obstinément le visage de la sirène ».

La représentation de la fée Mélusine ainsi coiffée est assez répandue sur les chapiteaux et les voussures des églises romanes de la Saintonge et du Poitou. Au Moyen âge, la lutte que le christianisme a livrée aux cultes païens explique que le mythe de Mélusine ait été rangé dans l'ensemble des motifs diaboliques, les cornes évoquant celles de Satan. Cette apparence aquatique et terrestre investit les deux éléments-clés d'une fonction allégorique : l'eau représente le règne limpide de la Femme et de la Mère alors que la Terre est symbole de déréliction, comme le poids retenant le rêve du chat dans un autre dessin de Nadja.

Nadja est par conséquent une parabole éclairant le rapport tragique de l'homme avec l'Esprit, préfigurant l'échec d'Icare. Comment concilier l'Esprit et le réel ? Car c'est la Femme qu'il faudra aimer, et non la Chimère.
b. La figure mythique du Sphinx
Le Sphinx, monstre de la mythologie gréco-romaine que l'on peut ranger au nombre des divinités infernales, propose à Œdipe de résoudre l'énigme de l'animal qui a quatre pieds le matin, deux à midi et trois le soir.

André Breton s'inspire de cette légende, notamment quand il dresse le portrait de Nadja, personnage énigmatique et insaisissable qui fascine le poète car il sait peu de choses sur l'identité de cette jeune femme. Son sourire, d'abord incertain, devient « très mystérieux » ainsi que ses yeux.
Ses propos sont aussi énigmatiques.
Breton se demande alors : « Qui est la vraie Nadja ? ». Nadja est ainsi comparée à « un cryptogramme [à] déchiffrer ». 

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