Les nouvelles localisations industrielles - Cours de Géographie avec Maxicours

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Les nouvelles localisations industrielles

Objectif
La France est la quatrième puissance industrielle, derrière les États-Unis, le Japon et l’Allemagne. Aujourd’hui, sa modernisation, commencée il y a plus de vingt ans, n’est pas achevée, sans cesse confrontée à la mise en place de la mondialisation. Désindustrialisation des vieilles régions du Nord et de l’Est, reconversion sur la haute technologie, décentralisation et délocalisation des activités, fusions d’entreprises, tertiarisation de l’industrie, autant de bouleversements qui rendent éphémère toute réflexion sur ce sujet.
1. Les transformations de l’appareil productif
a. Les héritages
Dans les années 1960, une ligne imaginaire allant du Havre à Marseille, séparait la France industrialisée à l’Est et la France à dominante rurale à l’Ouest. Cette logique s’appuyait sur les gisements de matières premières et d’énergie qui accueillaient les bassins industriels ; charbon dans le Nord, minerai de fer en Lorraine. La grande industrie s’y développait au 19siècle : sidérurgie, carbochimie, textile.

Ces bassins, encore très dynamiques au milieu des années 1960, ont subi de plein fouet la crise des années 1970-1980. Ils ont connu le démantèlement de leurs industries traditionnelles et l’apparition des friches industrielles. L’emploi dans le secteur secondaire y est passé de 40 % en 1968 à 21 % de nos jours.

Dans la seconde phase d’industrialisation, le pétrole et l’électricité, facilement transportables, ont permis aux industries mécaniques, à l’automobile, aux industries électrométallurgiques de s’installer à proximité des gisements de main-d’œuvre et près des grandes villes (Paris, Lyon).
b. De nouvelles logiques industrielles
Face à cette désindustrialisation, l’État intervient massivement dans le redéploiement, selon 3 axes :

reconversion des vieilles régions industrielles en y injectant des industries de transformation à forte intensité de main-d’œuvre – automobile par exemple – pour créer de l’emploi, avec l’aide massive de l’État. Malgré ces efforts, le Nord et le Nord-Est de la France restent sous-industrialisés de nos jours ;

• glissement vers les littoraux des industries lourdes aux points d’arrivée des matières premières (charbon nord-américain, minerai de fer, pétrole) ; c’est la mise en place de « la sidérurgie sur l’eau » et de la pétrochimie dans des Zones Industrialo-Portuaires (ZIP) à Dunkerque et Fos en particulier ;

• décentralisation – à ne pas confondre avec la délocalisation – vers l’Ouest du territoire d’un certain nombre d’industries de main-d’œuvre à l’étroit dans la région parisienne et qui trouvaient, dans ce glissement, de l’espace à bas prix et une main-d’œuvre qualifiée, disponible, d’origine rurale, moins exigeante au point de vue salarial. Citroën s’installe en Bretagne, à Rennes-la-Janais en 1961 et Moulinex a implanté de nombreux sites de production autour de Caen, en Basse-Normandie, avec une main-d’œuvre exclusivement féminine. Ces sites sont aujourd’hui fermés ou en difficulté.
c. Un tissu industriel encore très diversifié
L’éventail des industries est très largement ouvert.

D’une part, quelques très grands groupes industriels dont les effectifs dépassent pour certains les 100 000 employés. Citons pour mémoire Renault ou PSA (automobile), Vivendi - 235 000 salariés- (eau, bâtiment et travaux publics), France Telecom (télécommunications), Bouygues, Alstom, l’Aérospatiale. Ces très grandes firmes couvrent la plupart des secteurs industriels, exceptés l’informatique et l’électronique grand public pour lesquels la France accuse un très important retard.

À côté de ces groupes existe une multitude d’entreprises petites ou moyennes. Beaucoup sont le moteur d’un nouvel âge industriel à travers le développement des hautes technologies, mais elles sont également actives en électrochimie, électrométallurgie, appareillage médical. Nombre de ces petites et moyennes entreprises travaillent en sous-traitance pour les grands groupes. Ainsi, autour de Toulouse foisonnent les petites établissements qui travaillent pour EADS et fabriquent l’une ou l’autre des milliers de pièces qui interviennent dans la fabrication des Airbus.

Enfin subsiste une micro-industrie, héritière du passé, dans de toutes petites structures, et dans des niches de production très spécialisées. Il en est ainsi de la coutellerie à Thiers, de la dentelle au Puy ou de la ganterie à Grenoble.
2. Les différents types d’espaces industriels
a. Des espaces nationaux
Le cœur industriel historique : c’est à la fois l’Ile-de-France, qui malgré la tertiarisation de son économie garde encore 25 % de l’emploi industriel, et la région lyonnaise avec de nombreuse industries de pointe et la métallurgie fine. Il faut lui associer le couloir rhodanien. À l’Est, l’ancienne région Alsace accueille des investissements étrangers grâce à sa position centrale dans l’Union européenne. 

Les vieilles régions : les anciennes régions Nord-Pas-de-Calais et Lorraine. Même si quelques réussites sont à mettre à leur actif comme la technopole lilloise ou l’installation de Toyota (Yaris) à Valenciennes, ces régions sont toujours en difficulté. La reconversion industrielle n’a que très partiellement réussi, les friches y sont encore nombreuses et elles se tournent maintenant vers des activités tertiaires, vente par correspondance (VPC) avec la Redoute à Roubaix, parcs d’attraction (le parc Walibi-Schtroumpf à Hagondange qui a bénéficié de financements de la Région, de l’État et de l’Europe), écomusées ou activités liées aux flux de circulation avec le tunnel sous la manche pour Calais. De nombreuses entreprises de transport se sont installées dans la région. 

L’arc des technopoles : c’est la France industrielle du 21e siècle qui se dessine là, de Rennes à Grenoble, en passant par Nantes, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Marseille et Nice. Toutes ces villes accueillent des parcs technologiques avec des activités de pointe (informatique, systèmes électroniques, communication, agrochimie, recherche et développement, matériel neurochirurgical, recherche pharmaceutique), avec des implantations sans pollutions, sans dégradation des paysages, favorisées par la proximité de nœuds autoroutiers, la présence d’aéroports mais aussi d’universités ou de grandes écoles.
De nombreux auteurs parlent à propos de cet arc d’une « Sun Belt à la française ». Ainsi, l’industrie se tertiarise de plus en plus et les limites entre recherche, conception, gestion et production deviennent de plus en plus difficiles à repérer.
b. Des espaces transnationaux européens
L’industrie française s’intègre de plus en plus à l’espace industriel européen. A l’échelle de l’Union européenne, les fusions et les délocalisations s’accélèrent. Renault fait construire son nouveau modèle en Slovénie et s’est associé à la marque roumaine Dacia pour produire la Logan, EADS (European Aeronautic Defense Space company) associe Aérospatiale Matra, Daimler Chrysler Aérospace, Airbus et Eurocopter. Le groupe Aventis (chimie) regroupe Rhône-Poulenc et l’allemand Hoechst.
c. Des espaces internationaux
La France est partie prenante du mouvement de mondialisation. Les grandes entreprises françaises exportent plus de 50 % de leur production et plus de 50 % de leur chiffre d’affaires est réalisé par des établissements implantés à l’étranger.

Les fusions internationales sont de plus en plus nombreuses. Renault s’est déjà associé à Nissan et bientôt peut-être à General Motors ; Peugeot construit des voitures en Chine. Dans l’aluminium, Pechiney a fusionné avec le canadien Alcan et le suisse Algroup.

En sens inverse, la France attire des capitaux étrangers : les États-Unis et le Japon investissent en France, attirés soit par une main-d’œuvre qualifiée et disponible telle qu’on la trouve dans le nord de la France, soit par la synergie qui existe dans les technopoles, soit encore par la possibilité d’être au centre d’un marché potentiel de 500 millions d’habitants.
L’essentiel
L’espace industriel français ne peut plus se concevoir à l’échelle nationale mais doit être analysé au niveau européen voire mondial. Ce processus de mondialisation, la disparition des vieilles industries, la montée en puissance des activités du 21e siècle ont accru le niveau de qualification et éliminé le travail ouvrier tel qu’il existait il y a 30 ou 40 ans. La classe ouvrière a disparu pour laisser la place à une immense classe moyenne, mais qui n’a pas de culture de classe.

Reste à la France à poursuivre une mutation permanente pour s’adapter en continu aux transformations technologiques, aux fusions et aux redéploiements. Elle est certes la quatrième puissance industrielle, mais reste loin derrière les trois premières et elle est suivie de très près par le Royaume-Uni et l’Italie.

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