Les métropoles, des territoires au coeur de la mondialisation - Maxicours

Les métropoles, des territoires au coeur de la mondialisation

Objectif
  • Comprendre et définir les notions de mondialisation et de métropole.
  • Savoir expliquer quelles relations de cause à effet s’établissent entre la mondialisation et la métropole.
Points clés
  • Les métropoles sont des territoires attractifs et dynamiques. Créatrices de richesse elles sont intégrées à diverses échelles et résultent de la mondialisation.
Pour bien comprendre

mondialisation, métropole, mégapole, lieu de commandement, échelles, polarisation, pôles secondaires, région urbaine

La mondialisation des échanges a largement contribué à accroître le rôle et le poids des villes, en développant un phénomène appelé la « métropolisation ». Aujourd'hui, on affirme que les métropoles sont au cœur même de la mondialisation et que ce sont elles qui organisent l'espace planétaire.

1. Les métropoles sont les centres d'impulsion de la mondialisation
a. De la ville à la métropole
Une métropole est une grande ville dont l’activité et le pouvoir de décision s’étendent sur un très large territoire. Elle s’affirme en raison de son dynamisme économique, politique, financier et culturel, et de sa capacité à s'insérer dans de multiples réseaux.

Aujourd'hui, les villes ne sont plus de simples lieux de regroupement de populations et d'activités. Certaines d'entre elles commandent de plus ou moins vastes territoires. En raison de leur taille, de leurs fonctions et de leurs équipements, elles occupent une fonction principale à la tête d'un réseau urbain.

Réseau urbain : expression qui désigne l’organisation des villes à l’échelle régionale et nationale. Elles entretiennent des relations entre elles (flux, échanges, projets d’aménagement) qui traduisent une hiérarchie, complémentarité et/ou concurrence entre les divers espaces urbains.

Les plus grandes métropoles disposent de bâtiments symboles du pouvoir.

Exemple
Bâtiments symboles du pouvoir politique : le Parlement européen à Bruxelles et le Capitole à Washington DC.
Bâtiments symboles du pouvoir économique économique : les bourses à Tokyo, Paris et Londres, le quartier de Wall Street à New York.
Bâtiments symboles de puissance en matière d'information et de télécommunication : les grandes tours de télécommunications à Toronto.

 

Wall Street, New York ǀ © iStock  adrian825

 

b. La métropolisation : une dynamique urbaine

En 1950, 83 agglomérations comptaient plus d'un million d'habitants. Il y en avait 500 en 2011, dont 55 dépassaient les 5 millions et 23 avaient franchi le seuil des 10 millions.

C'est le phénomène de la métropolisation, c'est-à-dire la concentration des activités et des hommes dans de grandes villes qui exercent de plus en plus de fonctions de commandement.

Ces fonctions de commandement peuvent être de plusieurs ordres : politique, stratégique, financier, commercial, culturel, universitaire, etc.

 

 

Remarque
Le terme de « métropolisation » ne s'emploie pas que pour les agglomérations de plus d'un million d'habitants. Il s'agit d'un processus mondial qui agit à plusieurs échelles : ce regroupement et cette extension des activités et des hommes peuvent s'exercer dans des villes de différentes envergures.
c. La métropole : une concentration des principaux flux et acteurs de la mondialisation
Les flux peuvent être matériels ou immatériels, mais ils concernent toujours des phénomènes de circulation (de personnes, de marchandises, de capitaux, d'informations, etc.).

Cette polarisation des flux en tous genres des métropoles est rendue possible par la densité et la modernité de leurs infrastructures de transport et de communication.

Exemple
Singapour est un pôle majeur de la mondialisation pour les flux de marchandises et de personnes. L’aéroport de Changi, en 2018, a accueilli plus de 65 millions de passagers (19e rang mondial en 2018) et le port de Singapour est le 2e port à conteneurs du monde en 2018.

En ce qui concerne les flux financiers, Francfort est, par exemple, en tant que siège de la Banque centrale, l'une des capitales financières européennes. À une autre échelle, la bourse de New York est la plus grande du monde. Elle effectue la moitié des transactions financières mondiales.

Les métropoles abritent les principaux acteurs de la mondialisation : les FTN (firmes transnationales) et leurs filiales réalisent 60 % des échanges internationaux.

Firme transnationale (FTN) : entreprises de très grande taille disposant de plusieurs filiales dans de nombreux États. Leur stratégie s’organise à l’échelle mondiale et leur chiffre d’affaires est supérieur à 500 millions de dollars par an avec un nombre de salariés qui dépasse les 75 millions d’employés.

Elles sont ainsi les actrices principales des flux mondiaux de produits manufacturés. Ces firmes ont des activités dans le monde entier, mais elles conservent un ancrage national par l'implantation de sièges sociaux dans les métropoles de leurs pays d'origine.

Exemple
Le siège social de Coca-Cola Company est situé dans la métropole d’Atlanta aux États-Unis.

 

2. Les métropoles sont des carrefours et des interfaces de la mondialisation
a. La littoralisation des métropoles

Les métropoles sont souvent situées sur des façades maritimes très actives, interfaces essentielles de la mondialisation, favorisant ainsi une « littoralisation » de l'économie mondiale. Les interfaces maritimes, sur lesquelles se trouvent d'importantes plates-formes portuaires (telles que Shanghai, Los Angeles ou Hambourg), sont des lieux qui concentrent les différents flux de la planète.

Exemple
En 2017, Shanghai est le 1er port à conteneurs au monde.

Les conteneurs peuvent transporter toutes sortes de produits et peuvent être réfrigérés ou pas. Les grands ports disposent aujourd’hui de terminaux de conteneurs. Les échanges mondiaux de marchandises ont été multipliés par 20 grâce à ce moyen de transport. 

 

Shanghai, premier port à conteneurs au monde ǀ © iStock – Sky_Blue

La véritable épine dorsale de la mondialisation étant le trafic par conteneurs et les réseaux maritimes qui lui sont associés (98 % des échanges intercontinentaux en volume), certains ports et métropoles littorales concentrent de nombreuses activités qui intègrent les régions concernées dans le mouvement des échanges liés à la mondialisation.

Exemple
La métropole Aix-Marseille-Provence construit sa politique urbaine autour du littoral. Marseille possède le 20e port à conteneurs européen en 2017. L’objectif est donc de renforcer le poids du port dans la mondialisation afin que la métropole gagne en attractivité économique.

 

 

 

b. Des métropoles interconnectées

Les métropoles constituent des nœuds de communications et forment entre elles un réseau, appelé « archipel métropolitain mondial » extrêmement bien relié. Elles commandent l'espace mondial par réseaux inter-connectés et sont reliées entre elles par des axes de communication performants.

Lorsque l'on évoque les réseaux, on parle des liaisons qui relient et connectent l'ensemble des territoires, qu'ils soient routiers, ferroviaires, maritimes, aériens ou numériques. Il existe des réseaux matériels, qui sont visibles et discontinus (autoroutes ou fibre optique), des réseaux de personnes et des réseaux immatériels (communication par satellite).

Ces métropoles fonctionnent en réseau et sont reliées entre elles par des flux permanents d'informations, de décisions, de capitaux, de marchandises et de personnes.

Exemple
La métropole d’Osaka est située au cœur du Japon. Elle dispose d’excellentes liaisons avec toutes les autres grandes villes du pays. Elle dispose également d’un accès rapide à toutes les grandes métropoles de la zone Asie-Pacifique.

Pour être intégrée à la mondialisation, une métropole doit être aisément accessible grâce à la présence d'un hub aéroportuaire ou d'un grand port et doit se trouver au cœur de réseaux terrestres, maritimes et de télécommunications performants.

Hub : aéroport international qui sert de plate-forme de correspondance et de redistribution entre les lignes longs courriers et les lignes intérieures
Exemple
L’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle, en France, est un hub et une plate-forme multimodale. Il est le second aéroport européen et a accueilli 69 millions de passagers en 2017.
c. Des inégalités socio-spatiales

Les métropoles sont à la fois complémentaires et concurrentes. Les métropoles des pays riches des Nords jouent un rôle de redistribution de flux vers des métropoles de seconde importance qui émergent dans les pays des Suds (comme São Paulo ou Bombay, par exemple). Que ce soit dans les unes ou dans les autres, des disparités socio-spatiales marquent le territoire urbain.

Les métropoles des Nords ne sont toutefois pas épargnées par la montée des inégalités socio-spatiales. Les banlieues des grandes villes européennes concentrent les exclus et les petits revenus.

Aux États-Unis, c'est au contraire dans les quartiers centraux des grandes villes que l'on trouve les ghettos, espaces défavorisés depuis plusieurs dizaines d'années.

Exemple
À New-York, le quartier du Bronx concentre les familles issues des classes les plus populaires. La criminalité y est plus élevée que dans le reste de la ville et les bâtiments du quartier sont délabrés car les résidents ne disposent pas des revenus suffisants pour les entretenir.

Enfin, les disparités socio-spatiales sont bien plus importantes dans les métropoles des Suds. L'exemple de Mexico est significatif. Cette ville de 21,6 millions d'habitants en 2018 est l'une des plus grandes métropoles de la planète. Elle concentre à la fois les Hommes, mais également une grande partie des activités du pays. Capitale économique, politique et financière, elle assume les fonctions d'une grande métropole.

Cependant, elle subit une très forte pression démographique avec des populations qui arrivent de tout le Mexique. De ce fait, les disparités sociales et spatiales y sont fortes car la ville ne parvient pas à fournir du travail et des logements à tout le monde. Les bidonvilles côtoient les quartiers résidentiels.

Les CBD des métropoles des pays émergents (Brésil, Inde, Chine, etc.) participent aux échanges de la mondialisation. En revanche, les bidonvilles, pourtant localisés au sein de la même métropole, n'y sont pas intégrés.

3. Des métropoles hiérarchisées en fonction de leur rôle dans la mondialisation

Certaines villes, bien implantées au centre de multiples réseaux, sont parvenues à attirer à elles les plus grands centres de commandement politique, économique, financier, culturel et universitaire. Ce sont des villes qui exercent un véritable magnétisme et qui comptent dans l'organisation du monde. Les métropoles ne disposent donc pas toutes du même statut.

a. Les mégalopoles

Lorsque les banlieues de très grandes agglomérations multimillionnaires se rejoignent, on parle de mégalopoles.

Dans cet ensemble, des hiérarchies se renforcent : dans le monde, trois mégalopoles (régions très vastes, fortement urbanisées) regroupent des métropoles dont l'influence financière, économique et culturelle – et diplomatique – s'exerce à l'échelle mondiale. Centres d'impulsion du monde, elles influent sur la politique mondiale.

Exemple
La mégalopole américaine (de Boston à Washington), la mégalopole japonaise (de Tokyo à Fukuoka) et la mégalopole européenne (de Londres à Milan) sont à la tête de la hiérarchie urbaine mondiale. Les mégalopoles polarisent les activités : 90 % des opérations financières de la planète s'effectuent entre les trois mégalopoles et 80 % des connaissances scientifiques s'y concentrent.

Ce sont des espaces parcourus par des axes qui réalisent une partie majeure de la production mondiale.

Il existe également trois mégalopoles en formation :

  • sur la côte Ouest des États-Unis (plus précisément la zone urbaine qui va de San Francisco à San Diego en passant par Los Angeles) ;
  • sur la côte Est de l'Amérique du Sud (une zone littorale comprise entre Rio de Janeiro et Buenos Aires) ;
  • en Asie de l'Est (qui va de Séoul à Hong Kong).
b. Les villes mondiales (ou villes globales)

En 1991, la sociologue et économiste Saskia Sassen définit dans son ouvrage The Global City ce qu'est une ville mondiale.

Elle estime que l'économie de la planète a évolué et continue d'évoluer de la manière suivante : concentration des activités de coordination et de commandement dans un nombre limité de métropoles mais, en revanche, dispersion planétaire des activités de production.

En fonction des critères qu'elle avait retenus, trois métropoles pouvaient être considérées comme des villes mondiales : New York, Londres et Tokyo. Quelques années plus tard, en réévaluant certains critères, Paris fut ajouté à la liste.

New York, Tokyo, Londres, Shanghai et Paris sont les principaux centres d'impulsion de la mondialisation.

c. L'archipel mégalopolitain mondial

La mondialisation a donné forme à l'organisation d'un système de villes appelé « archipel mégalopolitain mondial ». Ce dernier est formé de l'ensemble des agglomérations qui dirigent le monde, c'est-à-dire une trentaine de villes. Les quatre premières sont les quatre premières villes mondiales : New York, Londres, Paris et Tokyo.

 

 

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